Le 0-0 ! Partir de ça pour arriver à ça. A rien. A une nullité dans les chiffres. Parfois vérifiée dans les faits mais pas toujours. On tourne en rond. Une révolution sans cartouche, sans tireur d'élite.
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Le 0-0 ! Partir de ça pour arriver à ça. A rien. A une nullité dans les chiffres. Parfois vérifiée dans les faits mais pas toujours. On tourne en rond. Une révolution sans cartouche, sans tireur d'élite. Tout ça pour ça. Heureusement, il y a ceux qui préfèrent le voyage à la destination sinon le tourisme émotionnel du foot serait en faillite depuis longtemps. Le zéro, un chiffre symbole qui exprime la position du vide. Le zéro, un nombre permettant d'exprimer une absence. Effectivement, il y a beaucoup d'absence et de vide chez ceux qui vous sortent à longueur d'analyse : " Il n'y a que les chiffres qui comptent ". Les chiffres ne mentent pas. Non, mais ils trahissent parfois la vérité. Ils n'expriment pas l'essentiel. C'est la froideur des apparences sans la chaleur de ce qu'ils peuvent contenir. Devinez d'où vient le zéro ? Eh oui, évidemment d'Italie, pays du catenaccio, pays du réalisme tendance cynisme. Dérivé de l'arabe Sifr, devenu zefiro et puis zero. Une évidence en forme de chiffre et d'histoire. Mais l'évidence du présent est tout autre. Ce n'est plus en Italie qu'il y a le plus de " dzèro " a " dzèro " La France fait pire. Presque 10 % des matchs de Ligue 1 se terminent sans but. L'Italie suit et puis surprise, le plus beau championnat du monde, le plus spectaculaire. La Premier League, 8 % de partages vierges. " Nil-nil " comme ils disent. Draw est aussi employé pour tombola. Eh oui, là aussi on ne peut pas toujours gagner. Et puis La Liga avec 7 % de " cero-cero ". Arrive ensuite la merveilleuse Bundesliga. La soi-disant rigueur allemande balayée par la froideur des chiffres qui fait chaud au coeur. Les Allemands, c'est toujours vers l'avant, tout droit et le plus vite possible. C'est efficace. C'est là qu'il y a le moins de " null zu null ". L'efficacité, ils la veulent offensive avant défensive. Ces stats couvrent les cinq grands championnats européens depuis cinq ans. Cela dit, les chiffres c'est bien, les faits c'est mieux. Personne n'a encore trouvé l'équation parfaite qui permet la victoire parfaite. La perfection des hommes, laissons-la aux chercheurs, à ceux qui sauvent des vies. Revenons au foot et ses bizarreries. Les arrêts de jeu. Belle expression : " Jouer les arrêts de jeu. ". Mais si t'as été souvent à l'arrêt, pourquoi t'es souvent cramé en fin de match ? Ce moment révèle les hommes. Instants fragiles et dramatiques. Avancer encore plus loin à coups de moral mais où, parfois, la morale est bafouée. Un espace-temps où le mental prend la place de la mise en place. Où les tricheurs de la semaine ou les " nightclubbers " de la nuit d'avant payent leur manque de loyauté envers leur club. On appelle ça aussi : le temps additionnel. Le sursis quoi ! Un couloir où un condamné peut devenir un innocent le temps d'un argument contre la défense adverse. Où tu prends " perpette " en cas de casse du siècle. Comme KunAguero. 95e minute du dernier match de la saison, il marque. Man City est champion. Il y est héros et Messie à vie. Et puis y a encore, éventuellement, les prolongations. Quel sport bizarre le foot. Prolonger la nullité. Quoique parfois c'est le partage qu'on prolonge. Je vous rappelle qu'un nul c'est seulement 0-0. Dès qu'il y a eu des buts, c'est un partage. Et dans ce cas le partage mérite d'être prolongé. Et puis peut y avoir les tirs aux buts. Pas les pénaltys. Ça, c'est pendant le match. Les tirs au but, c'est après. La nuance n'est pas que dialectique, elle est aussi dans les règles qui régissent ce même exercice qui devient différent selon le moment. Après un tir au but si le gardien ou le cadre du but repousse, interdit de reprendre le ballon. C'est dedans ou t'es dehors. Une chance, pas deux. Un peu comme était le but en or. On l'avait déjà oublié celui-là. Tant mieux. Mais on se souvient que même à ce jeu-là, les Allemands étaient les plus forts. Eh oui Louis, bizarre comme c'est bizarre. Marguerite avait raison, ce sport est démoniaque et divin. " Les arrêts de jeu, c'est l'espace-temps où les nightclubbers paient leur manque de loyauté envers leur club. "