Le recours aux images TV fait débat depuis des années en football. La FIFA a utilisé la technologie de ligne lors de la dernière Coupe du Monde mais refuse pour l'instant de recourir aux caméras pour d'autres situations discutables. Ce débat est passé de mode dans pas mal de sports, comme en NBA. Depuis la saison 2002-2003, les arbitres peuvent consulter les images pour vérifier si un joueur n'a pas tiré après la fin d'un match. Depuis, l'usage de la TV a été étendu à quinze instant replaytriggers : les fautes flagrantes, les bagarres entre joueurs, la discussion sur un double ou un triple point, l'identité de celui qui a ...

Le recours aux images TV fait débat depuis des années en football. La FIFA a utilisé la technologie de ligne lors de la dernière Coupe du Monde mais refuse pour l'instant de recourir aux caméras pour d'autres situations discutables. Ce débat est passé de mode dans pas mal de sports, comme en NBA. Depuis la saison 2002-2003, les arbitres peuvent consulter les images pour vérifier si un joueur n'a pas tiré après la fin d'un match. Depuis, l'usage de la TV a été étendu à quinze instant replaytriggers : les fautes flagrantes, les bagarres entre joueurs, la discussion sur un double ou un triple point, l'identité de celui qui a touché le ballon en dernier, la place d'un joueur... En cas de doute, les juges revoient la phase sur une TV placée sur la touche, en accord avec le régisseur. Chercher le bon emplacement d'une caméra a souvent pris du temps, surtout avec l'augmentation des replaytriggers (1,4 par match la saison passée). La communication avec le régisseur n'a pas toujours été idéale, surtout quand il ne sentait pas bien le jeu. La NBA a donc investi 12 millions d'euros dans un Replay Center, sis à Secaucus, dans le New Jersey. Il est équipé de 94 écrans TV haute définition qui permettent de voir toutes les caméras de tous les matches sur un écran mosaïque avec zoom comprenant neuf angles différents. Ces images sont envoyées en temps réel de chacune des 29 arènes de la NBA, par une connexion internet. En cas de signaltrigger des arbitres, un opérateur du centre sélectionne les images le plus vite possible et les renvoie. Les juges disposent d'un maximum de deux minutes pour revoir la séquence et prendre une décision. La saison passée, la NBA a testé le système durant quinze matches de championnat régulier et pendant la finale. Elle a perfectionné le système durant la préparation à la saison en cours. Les résultats sont très positifs : les images, claires et rapides, raccourcissent le temps de décision des juges : en moyenne 49 secondes et seulement dix pour une phase simple -un pied qui a franchi la ligne ou pas. La NBA a également pensé aux spectateurs car elle montre l'image décisive en direct dans l'émission et via Twitter. Ensuite, les supporters peuvent étudier eux-mêmes toutes les phases de replay sur le site http://official.nba.com/replay/archive/. L'amélioration est considérable mais aussi sophistiqué soit-il, le Replay Center ne peut pas toujours fournir d'avis concluant, par exemple sur un goaltending (le blocage du ballon qui redescend, lors d'un tir au panier) ou en cas de discussion sur la position d'un joueur sur la ligne des trois points. La NBA veut donc aller plus loin encore dans ses innovations technologiques : elle pense à un système hawk-eye qui mesure la pression sur la ligne en question, grâce à des senseurs, et qui est capable de reproduire minutieusement la trajectoire d'un ballon. Tout cela afin de permettre aux arbitres de commettre le moins d'erreurs possible. Le président de la FIFA, Sepp Blatter, aurait donc tout intérêt à passer un coup de fil à Adam Silver, le NBA-commissioner. PAR JONAS CRÉTEURLe nouveau Replay Center est équipé de 94 écrans TV haute définition.