Lewis Hamilton n'est pas seulement triple champion du monde de Formule 1 , c'est aussi un musicien enthousiaste. Le Britannique de 31 ans joue de la guitare, de la batterie et du clavier. En hommage à sa passion, il a fait tatouer des notes de musique sur son bras droit. PharrellWilliams, dont le tube 'Happy' est mondialement célèbre, figure parmi ses amis. Ils se côtoient souvent dans un studio d'enregistrement, où le pilote de Mercedes compose régulièrement des chansons. Il apprécie aussi de parler, de temps en temps, d'autre chose que de la Formule 1.
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Lewis Hamilton n'est pas seulement triple champion du monde de Formule 1 , c'est aussi un musicien enthousiaste. Le Britannique de 31 ans joue de la guitare, de la batterie et du clavier. En hommage à sa passion, il a fait tatouer des notes de musique sur son bras droit. PharrellWilliams, dont le tube 'Happy' est mondialement célèbre, figure parmi ses amis. Ils se côtoient souvent dans un studio d'enregistrement, où le pilote de Mercedes compose régulièrement des chansons. Il apprécie aussi de parler, de temps en temps, d'autre chose que de la Formule 1. LEWIS HAMILTON: La musique, c'est la clé de l'âme. C'est un langage universel, que l'on comprend partout dans le monde. La musique, c'est peut-être la seule chose qui peut réunir les gens, quelle que soit leur origine, leur race ou leur religion. A ce niveau-là, on ne peut comparer la musique à rien d'autre. La musique c'est la vie, la musique c'est l'amour. HAMILTON : De l'enfance. Lorsque je rentrais de l'école, je passais devant un magasin de guitares. J'y faisais irruption quasiment tous les jours et je jouais aussi longtemps que je le pouvais. J'étais fasciné par ce monde-là. Mon père faisait partie d'un groupe, je me souviens encore très bien de sa musique. Il jouait beaucoup de morceaux de James Brown, de Jimi Hendrix, de SamCooke, des Jackson Five... Lorsque j'y pense : il y avait continuellement de la musique. Lorsque l'autoradio diffusait une chanson, il battait le rythme avec ses doigts. HAMILTON : Oui, je voulais absolument l'avoir. Depuis lors, j'ai au moins un millier de guitares. C'est la guitare acoustique que je préfère. Je peux en jouer à tout moment et le son du bois est incomparable. HAMILTON : Surtout 'Backseat Freestyle' de KendrickLamar, une chanson avec des terribles superlatifs. Et 'Roar' de KatyPerry, c'est un peu mon 'Eye of the Tiger' à moi. Cela parle du développement de la conscience. Bien sûr, aussi : 'We are the Champions' de Queen. Et 'Changes' de 2Pac, qui parle de la discrimination des Noirs et de leur lutte pour le changement. HAMILTON : Oui, absolument. Vous savez, la Formule 1 est entièrement dictée par des petites règles. C'est un sport qui n'autorise pas la personnalité de l'athlète à s'exprimer. On sort de la voiture et on a directement un micro sous le nez. Votre coeur bat, vous êtes rempli d'émotions et vous ne trouvez pas les mots pour vous exprimer... Mais les gens interprètent directement toutes vos paroles et en déduisent plein de choses... La musique fonctionne différemment. Je peux exprimer ma pensée sans devoir obligatoirement répondre à une question. Et du coup, je redeviens moi-même. HAMILTON : J'ai d'abord besoin d'une idée, je dois savoir de quoi je veux parler. Ensuite, je commence avec le rythme, et l'un de mes amis joue l'air sur son clavier. Le texte arrive par la suite. Il y a des jours où j'écris trois chansons, mais parfois il me faut quatre semaines pour en écrire une seule. Il y a aussi eu une chanson que j'avais commencé à écrire en janvier et qui, trois mois plus tard, n'était toujours pas terminée. HAMILTON : La vie. Il y a tellement de belles choses autour de nous. Il faut les voir, tout simplement. Nous vivons tellement de choses et nous devons y réfléchir dans le temps qui nous est imparti. J'écris donc sur ma relation avec mon père, ma mère, mon frère. Ou sur une fille que je n'ai pas encore rencontrée, ou que j'ai déjà rencontrée... HAMILTON : Pffft, 100... Peut-être 140 ou 150. Mais ma musique a évolué. D'abord de la pop, puis des ballades, enfin du r&b et du hiphop. Ma voix a aussi mûri. Ma mère me dit que je suis capable d'émouvoir des gens avec ma voix. Même des gens que je ne connais pas personnellement. HAMILTON : Non. La musique est la seule chose qui me va droit au coeur. C'est pour cela que j'en fais. Je n'ai pas l'intention de gagner de l'argent avec elle. Je voudrais simplement partager ma musique avec mes fans. HAMILTON : C'était formidable ! Vraiment formidable. C'était même comparable avec le sentiment que j'éprouve au volant d'une voiture. Le plaisir est le même, à cette différence près que les gens réagissent directement. Dans une voiture de course, on est seul. On voit les spectateurs, mais sur le podium, on a vraiment un lien avec eux. HAMILTON : Chacun d'entre nous parle différemment, réagit différemment et pilote différemment. Cela fait partie de la personnalité. On constate la passion et l'audace d'un pilote, mais d'autres sentiments comme la peur, la chance ou le chagrin, restent cachés sous le casque. HAMILTON : Je n'ai pas l'impression d'être une star de la pop. Ma vie est simplement différente des autres. Une vie trépidante. Mais tous ces voyages sont fatigants. Dernièrement, je me suis encore rendu à Washington, pour une réunion à laquelle le président assistait. Le lendemain, je me suis envolé pour le Canada, où j'ai fait de la musique et où je me suis entraîné. Puis, ce fut au tour de Los Angeles, de l'Allemagne, de Monaco, de Londres, et enfin du Colorado, avec un arrêt à New York pour saluer quelques amis. Du rock'n'roll... HAMILTON : Ce qui est positif, c'est que j'aime cette vie. Et cette année encore plus que les années précédentes. Toutes ces activités ne m'ont pas empêché de remporter quasiment toutes les courses et de devenir champion du monde pour la troisième fois. HAMILTON : Oui. Tout ce que je fais est important pour moi. J'en tire de l'énergie et de la motivation pour réaliser d'autres choses, pour le sport. Et je me sens parfaitement bien. HAMILTON : Je dirais 'Happy', mais hélas, Pharrell Williams l'a déjà écrite. (il rit) Une chanson fantastique ! HAMILTON : Cela dépend. Souvent les Beatles ou MichaelJackson. Souvent aussi, j'aime écouter un nouvel artiste que je découvre. Mais je n'ai pas nécessairement besoin d'avoir de la musique à fond pour me motiver. Je suis capable d'écouter tous les styles à tout moment. PAR MICHAEL WITTERSHAGEN - PHOTOS BELGAIMAGE