Quelques moments passés avec Karim Belhocine face à un micro suffisent à comprendre que le nouveau T1 des Zèbres n'est pas du genre à tirer la couverture à soi. Au bout d'une victoire arrachée dans les derniers instants contre l'Antwerp, deux semaines après avoir gratté un point au forceps face aux Buffalos, le Franco-Algérien est évidemment interrogé sur la perpétuation du fameux " Felice Time ", labélisé par la presse du nom de l'ancien coach des Carolos. Belhocine refuse de s'approprier l'héritage : " Je pense qu'on peut simplement dire qu'il y a un Charleroi Time. "
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Quelques moments passés avec Karim Belhocine face à un micro suffisent à comprendre que le nouveau T1 des Zèbres n'est pas du genre à tirer la couverture à soi. Au bout d'une victoire arrachée dans les derniers instants contre l'Antwerp, deux semaines après avoir gratté un point au forceps face aux Buffalos, le Franco-Algérien est évidemment interrogé sur la perpétuation du fameux " Felice Time ", labélisé par la presse du nom de l'ancien coach des Carolos. Belhocine refuse de s'approprier l'héritage : " Je pense qu'on peut simplement dire qu'il y a un Charleroi Time. " Mehdi Bayat caracole avec le sourire quelques mètres plus bas. Tout heureux de voir que son mercato patient n'a pas eu les mêmes ravages au classement que douze mois plus tôt, et de constater que son nouvel entraîneur est parvenu à contaminer le groupe avec sa grinta, l'une des caractéristiques majeures du portrait de Karim Belhocine dressé par l'administrateur-délégué à l'heure de présenter son T1. Les doutes accumulés au début de la préparation, entre la longue incertitude sur l'identité du nouveau leader du projet sportif, le mercato très calme et les sorties parfois poussives contre des adversaires modestes, semblent s'être dissipés quand le coup d'envoi de la saison a été donné. La victoire face à un Antwerp émoussé entre deux prestations européennes reste un gros coup, inattendu au coeur d'un calendrier dantesque. Le retour aux affaires de Marco Ilaimaharitra, absent lors de la préparation alors qu'il récupérait d'une CAN historique avec Madagascar mais titulaire dès la première journée au détriment de Gaëtan Hendrickx, semble avoir stabilisé le jeu zébré. Quand vient le moment de déstabiliser l'adversaire, c'est Massimo Bruno qui prend les choses en mains. Pour son retour au bercail l'an dernier, vivement acclamé par le public dès sa première apparition face à Mouscron (qui coïncidait avec le premier succès à domicile de la saison), l'ancien ailier d'Anderlecht n'avait pas complètement répondu aux attentes. Au sein du club, certains n'hésitaient pas à le classer aux côtés d' Adama Niane dans la colonne des déceptions, à cause d'un rendement bien inférieur à l'investissement consenti pour les parer de noir et blanc. Au bout d'une saison à 4 buts et 10 passes décisives (dont 6 en play-offs 2), Bruno ne pouvait pas cacher qu'il espérait mieux de son retour à la maison. Quelques semaines plus tard, il est apparu bien plus en forme, ayant visiblement laissé derrière lui les soucis de pubalgie qui ont freiné ses dernières saisons. En outre, les méthodes de préparation physique à la dure prônées par Karim Belhocine n'étaient pas inconnues pour Bruno, qui a travaillé avec Hein Vanhaezebrouck, mentor de son nouveau coach, lors de sa dernière période mauve. La digestion des séances a peut-être été facilitée, et le doublé contre Troyes lors du match de gala précédant le coup d'envoi de la saison a terminé de gonfler la confiance du nouveau key-player des Zèbres. Moins époumoné que la saison dernière, en étant mieux préparé physiquement parce qu'il a pu faire l'intégralité de la préparation à Charleroi, alors qu'il était arrivé en août l'an dernier, Bruno est épargné de certaines longues courses défensives qui étaient indispensables dans le système de Mazzù. De quoi étaler ses qualités offensives, et passer sous silence le début de saison difficile de Ryota Morioka. Appelé à devenir le leader du football zébré, le Japonais semble toujours à la recherche des sensations qui avaient fait de lui l'une des révélations du championnat à sa période beverenoise. Les choses pourraient rapidement changer, car un nouvel allié potentiel est dans la salle d'attente pour une place dans le onze de base. Fraîchement débarqué de Domzale, en Slovénie, après des négociations allongées par l'irruption de Monaco (via le Cercle) dans le dossier et la surenchère qui a suivi, Shamar Nicholson présente le profil idéal de l'attaquant qui brille sur le sol noir-jaune-rouge. Une sorte de version caribéenne de Wesley Moraes, mix de vitesse et de puissance qui pourrait bien faire des ravages. Capable d'évoluer en pivot grâce à son grand gabarit - un profil souhaité par Karim Belhocine - le Jamaïcain pourrait rappeler à Morioka ses prestations XXL au Freethiel, quand Zinho Gano puis Isaac Kiese Thelin évoluaient devant lui dans le 4-2-3-1 de Philippe Clement. Là, Morioka pouvait profiter de l'espace créé par son attaquant déménageur afin de faire parler ses pieds parfois lents, mais souvent précis. Surtout, le Japonais était capable de se faire oublier à l'ombre de son associé avant de jaillir dans la surface avec un timing parfait pour couper la trajectoire d'un centre et envoyer le ballon au fond des filets. Comme pour Bruno, sorti de sa saison d'adaptation à son nouvel environnement, Morioka est considéré comme un transfert par Mehdi Bayat, désireux de ne pas se jeter sur le marché pour chercher des profils mettant des bâtons dans les roues de joueurs appelés à devenir des cadres quand ils seront définitivement intégrés au football carolo. S'il fait parler les chiffres comme lors de sa période waeslandienne (9 buts et 11 passes décisives en 27 matches), le Japonais est un milieu offensif digne d'un candidat au top 6. Dans une course aux play-offs 1 mieux entamée que l'an dernier, les Zèbres semblent toutefois un peu légers face à une concurrence qui gonfle son noyau et ses ambitions. En défense, par exemple, le Sporting doit prier pour que les blessures ne frappent pas à la porte du vestiaire. Devenu capitaine et responsabilisé par la fonction, donnant de plus en plus de voix au sein du groupe, Dorian Dessoleil est aujourd'hui le patron d'une défense orpheline de Javier Martos et de Gabriele Angella, que le club espérait initialement rapatrier avant de se raviser face aux exigences financières de l'Udinese. Désormais associé à Modou Diagne, Dessoleil a plus que jamais pris le dessus sur son concurrent d'autrefois, Steeven Willems, aujourd'hui sur le départ et plutôt cité en D1B. Excellent voici encore trois saisons, au point d'être tenu à l'oeil par certaines grosses cylindrées du Royaume, le Français ne s'est jamais vraiment remis de sa blessure au genou survenue face à un Anderlecht sacré au Mambour. Comme Gjoko Zajkov n'est toujours ni convaincant, ni rassurant, l'arrivée d'un défenseur central supplémentaire reste un dossier chaud. Tout comme celle d'un arrière gauche, à un poste où Nurio est actuellement sans concurrence, vu que les tentatives d'installer l'Iranien Omid Noorafkan à ce poste n'ont jamais porté leurs fruits. Si elle semble légèrement tarie depuis le départ de Kaveh Rezaei pour Bruges, la filière iranienne de Mehdi Bayat pourrait bientôt revivre des jours meilleurs. Malmené par les blessures depuis plusieurs mois, Ali Gholizadeh aperçoit le bout du tunnel, et pourrait renforcer la concurrence sur les ailes, où le revenant Mamadou Fall fait mieux qu'assurer l'interim. Quant au jeune Younes Delfi, s'il est souvent écarté de la feuille de match en étant victime du nombre de Belges à installer parmi les dix-huit noms, ses prestations lors des rencontres amicales séduisent de plus en plus le staff. Malgré cette concurrence dans les couloirs, l'arrivée d'un ailier gaucher reste un sujet évoqué au sein du club. Si les points sont déjà plus nombreux que l'an dernier, où les Carolos avaient été pénalisés par leur départ raté, la fin du mercato pourrait tout de même être agitée au boulevard Zoé Drion.