Il est évidemment difficile d'effectuer ce tour d'horizon sans évoquer la mort tragique de Marc-Vivien Foé, décédé dans le feu de l'action à l'occasion du match Cameroun-Colombie lors de la Coupe des Confédérations ?

Georges Heylens : Devant ce drame, il est permis de se demander si, dans le monde du football actuel, on n'en fait pas trop, tout simplement. Je dirais même plus : est-ce un hasard si un joueur africain a, une nouvelle fois, succombé sur un terrain de football ? A la fin des années 80, je me souviens que le milieu nigérian Sammy Okwaraji avait été terrassé par un malaise cardiaque, en plein été, à l'occasion d'un match contre l'Angola avec les Super Eagles à Lagos. A ce moment-là, déjà, on avait pointé un doigt accusateur vers l'extrême lourdeur du calendrier, entendu que les éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations se passent tous les deux ans et non, comme c'est le cas en Europe, en alternance...

Georges Heylens : Devant ce drame, il est permis de se demander si, dans le monde du football actuel, on n'en fait pas trop, tout simplement. Je dirais même plus : est-ce un hasard si un joueur africain a, une nouvelle fois, succombé sur un terrain de football ? A la fin des années 80, je me souviens que le milieu nigérian Sammy Okwaraji avait été terrassé par un malaise cardiaque, en plein été, à l'occasion d'un match contre l'Angola avec les Super Eagles à Lagos. A ce moment-là, déjà, on avait pointé un doigt accusateur vers l'extrême lourdeur du calendrier, entendu que les éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations se passent tous les deux ans et non, comme c'est le cas en Europe, en alternance avec la Coupe du Monde. Dès lors, quand un footballeur africain dispute un championnat majeur et qu'il est abondamment sollicité, de surcroît, par sa fédération, il n'est pas étonnant qu'un drame survienne de temps à autre. J'ai cru comprendre que pas mal de joueurs africains allaient reprendre le collier en Belgique, ces jours-ci, sans avoir pu bénéficier d'un seul jour de repos, entendu que des équipes comme le Maroc et la Côte-d'Ivoire, pour ne citer qu'elles, étaient appelées à disputer des matches éliminatoires en vue de la CAN 2004 tout au long du mois de juin. Dans ces conditions-là, qu'en est-il des plages de repos ? Et doit-on s'étonner qu'un corps humain dise stop dans ces conditions ? Personnellement, j'estime que la FIFA, qui n'est jamais à court d'idées dès qu'il s'agit de mettre sur pied une compétition, qu'il s'agisse d'un Mundialito des clubs ou, à présent, cette Coupe des Confédérations, serait bien inspirée en décrétant une période sans match au cours de l'année. Au mois de juillet, par exemple, afin que les footeux puissent souffler au bout d'une longue saison, ponctuée ou non par une participation à une épreuve majeure comme la Coupe du Monde ou le Championnat d'Europe des Nations. Par là même, les joueurs pourraient reprendre le collier en août et entamer le championnat en septembre, comme c'est le cas déjà en Espagne ou en Italie. Pour moi, c'est le modèle à suivre. Mais on est loin du compte, puisque nous sommes à peine au début juillet et que le Lierse a déjà un tour derrière lui en Coupe Intertoto. Quant à Anderlecht, il jouera déjà pour ainsi dire sa saison européenne face au Rapid Bucarest à la fin de ce mois. Tout cela est-il raisonnable, je me le demande parfois ? A priori, son association avec Sambegou Bangoura me paraît une bonne chose. Le Guinéen a effectivement prouvé, à Lokeren, qu'il pesait sur une défense et était habile des pieds. Quant à l'autre, c'est un renard des surfaces qui excelle, en outre, dans le jeu de tête. Toutes ces qualités étaient cependant déjà réunies auparavant chez un seul et même joueur à Sclessin : Ole-Martin Aarst. Je ne sais trop quel avenir lui sera réservé mais une chose est sûre : à 28 ans, il serait réellement regrettable qu'un garçon de sa classe retourne d'ores et déjà à Tromsö, comme il en est pourtant question. Le Norvégien a ses plus belles années devant lui. Quelle idée, dans ces conditions, de vouloir s'enterrer dans le grand nord de son pays ! C'est dommage que la vox populi l'ait emporté car ce garçon aurait vraiment été susceptible d'apporter un plus au club liégeois par son extraordinaire c£ur à l'ouvrage. Et n'était-ce pas là, précisément, que le bât blessait chez les Rouches la saison passée ? Tant pis pour eux et tant mieux pour La Louvière qui, avec Rachid Belabed et Daniel Camus, ne devrait réellement pas éprouver de peine à compenser les départs de deux autres médians à vocation défensive : Alan Haydock et Didier Ernst.