La Major League Soccer américaine vit actuellement sa sixième saison. Si le championnat s'est désormais solidement implanté dans le paysage footballistique international, ses décideurs semblent encore à la recherche du style le plus approprié. Il faut savoir qu'aux Etats-Unis, c'est la ligue qui engage des joueurs étrangers et les place ensuite dans les clubs. En 1996, le vice-président Sunil Gulati avait un faible pour les joueurs latins à la technique affûtée. Certains d'entre eux évoluent toujours en MLS actuellement. Mais l'attitude dic...

La Major League Soccer américaine vit actuellement sa sixième saison. Si le championnat s'est désormais solidement implanté dans le paysage footballistique international, ses décideurs semblent encore à la recherche du style le plus approprié. Il faut savoir qu'aux Etats-Unis, c'est la ligue qui engage des joueurs étrangers et les place ensuite dans les clubs. En 1996, le vice-président Sunil Gulati avait un faible pour les joueurs latins à la technique affûtée. Certains d'entre eux évoluent toujours en MLS actuellement. Mais l'attitude dictatoriale de Sunil Gulati eut tôt fait d'exaspérer les entraîneurs, qui exigèrent d'être plus régulièrement consultés et qui penchèrent plutôt pour l'engagement de défenseurs européens. En 1998, les transferts furent moins nombreux. La ligue a voulu offrir une meilleure chance à des jeunes prometteurs. Il faut dire que la moyenne d'âge des joueurs étrangers était de 28,5 ans. En 1999, on n'a pas vu davantage de grands noms atterrir aux Etats-Unis. Au contraire, on assista à un exode des jeunes Américains vers l'Europe. Tony Sanneh et Frankie Hejduk, par exemple, cherchèrent leur bonheur en Allemagne. Des adolescents encore plus jeunes, comme Steve Cherundolo et Landon Donovan tout frais émoulus de l'université, choisirent même de faire l'impasse sur la MLS afin de tenter directement l'aventure de la Bundesliga, eux aussi. L'an passé, la MLS a repris sa politique d'engagement de grandes vedettes sur le retour, mais elle fut marquée du sceau de l'échec. Le plus gros transfert de l'histoire de la MLS, l'Allemand Lothar Matthäus, n'a pas répondu à l'attente chez les New York Metro Stars. Ses hésitations étaient peut-être prémonitoires: il reporta son départ du Bayern Munich, qu'il quitta en milieu de saison, mais avait encore à coeur de disputer l'EURO 2000. L'engagement de la star mexicaine Luis Hernandez n'a pas davantage produit l'effet escompté. Engagé pour la somme record de 180 millions de francs, il était censé attirer des spectateurs mexicains aux matches des Los Angeles Galaxy. Mais les chiffres d'assistance n'ont pas grimpé en Californie, au contraire. La MLS a tiré les leçons de ces échecs et n'a plus attiré de grands noms cette saison-ci. Par ailleurs, le jeune Landon Donovan est revenu au pays désabusé après son aventure au Bayer Leverkusen. D'autres joueurs ont également éprouvé de grosses difficultés à s'imposer en Europe, comme Eddie Lewis (Fulham), Joe-Max Moore (Everton), Gregg Berhalter (Crystal Palace), Frankie Hejduk (Bayer Leverkusen), Steve Cherundolo (Arminia Bielefeld) et Jovan Kirovski (Boavista). Ces difficultés ont fait réfléchir les footballeurs américains, qui hésitent désormais à franchir l'Atlantique. Paradoxalement, l'équipe nationale apparaît en gros progrès. Elle a entamé les qualifications pour la Coupe du Monde 2002 sur les chapeaux de roues.