Pär Zetterberg (35 ans) estime que penser à la prochaine affiche du championnat, contre le Club Bruges, n'a guère de sens. Avant cela, il y a Liverpool. Pourtant, le Suédois, qui dispute sa dernière saison, rêve du sacre national. Il aimerait tant effectuer ses adieux sur un titre... S'il n'y parvient pas, il ne reviendra pas pour autant sur sa décision : il raccroche à la fin de cette saison.
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Pär Zetterberg (35 ans) estime que penser à la prochaine affiche du championnat, contre le Club Bruges, n'a guère de sens. Avant cela, il y a Liverpool. Pourtant, le Suédois, qui dispute sa dernière saison, rêve du sacre national. Il aimerait tant effectuer ses adieux sur un titre... S'il n'y parvient pas, il ne reviendra pas pour autant sur sa décision : il raccroche à la fin de cette saison. Pär Zetterberg : Les matches les plus importants restent ceux contre les petites équipes. Nous les avons tous gagnés pendant l'année de mon retour de Grèce alors que nous avons perdu les affiches mais nous avons été champions. L'année dernière, nous ne nous sommes inclinés qu'une fois contre un grand, le Standard, mais nous n'avons pas été sacrés. Non. Si nous battons le Club, nous agrandissons le fossé. Nous jouerons plus à l'aise. Indépendamment de l'enjeu à terme, ça reste un match de prestige entre les deux meilleurs clubs du pays. Lors de ce choc, chacun veut montrer qu'il est le plus fort. Pendant cinq ans, avec Trond Sollied, le Club a eu le même style de jeu. Chaque joueur savait précisément ce qu'on attendait de lui, le jeu de position était établi. Il était très fort sur les phases arrêtées, sur lesquelles il était difficile de le contrer. La principale différence, c'est que la saison passée, nous étions les chasseurs et il est plus agréable d'être chassé. Le poursuivant sait qu'il ne peut pas perdre sous peine d'agrandir le gouffre. Et un nul ne réduit pas l'écart non plus. Mais en tête, un match nul peut suffire, même si gagner est mieux. C'est ce qu'on dit de Chelsea aussi. Elle a le même système de jeu depuis un an et demi mais reste quasi invincible. Elle bénéficie de l'assurance que confère le succès. Le Club n'a pas toujours été brillant la saison passée mais a continué à gagner. Depuis que Frankie est entraîneur principal, nous sommes plus techniques, nous jouons plus en un temps. Bruges reste une équipe plus puissante, elle a de plus grands gabarits et procède plus par longs ballons dans le rectangle. Le Standard est un mélange des deux. Oui et non. Oui dans la mesure où il a pris une fameuse gifle en passant juste à côté de la Coupe d'Europe puis en perdant Milan Rapaic pendant la préparation ; mais au lieu d'avoir des problèmes internes, il a pris un brillant départ. Non sur base des qualités de l'équipe et du soutien massif des supporters, par contre, cela ne m'étonne pas. Nous pouvons encore faire mieux. Le début a été bon mais nous jouons moins bien depuis quelques semaines. Nous sommes dans le creux sans que cela nous coûte trop de points en championnat. L'année dernière, nous aurions perdu ces matches à coup sûr. L'ambiance est bonne, tout le monde tire à la même corde, nous voulons être champions à tout prix. Il est difficile de freiner une équipe qui a une telle faim. L'année dernière, cette envie était moins grande. Nous étions champions en titre, nous étions moins affûtés et il nous a été difficile de rattraper notre mauvais début de championnat. Nous n'étions pas en mesure de rééditer les prestations de la saison précédente, sauf dans les derniers mois. C'était un problème mental car nous avions une équipe talentueuse sur papier. Cela ne marchait pas, nous n'avons pas bien joué et perdu trop de plumes dans les matches faciles. Ce n'est pas une excuse avec la rotation pratiquée. Notre noyau est suffisamment large. En principe, chacun doit être frais au coup d'envoi. La différence entre les deux compétitions est énorme. Contre le Betis, au repos, nous aurions très bien pu être menés 0-3. Nous sommes dans un groupe bien plus difficile que l'année dernière et j'avais prévenu que l'adversaire le plus coriace serait le Betis Séville. Il est trop fort techniquement et se qualifiera sûrement pour le tour suivant. Si c'est le cas, je me promène voilé ! Ce serait un scandale. Mais pour prendre des points, il faut concrétiser une des rares occasions qu'on reçoit et préserver son but. Cela ne nous réussit pas. Une seule fois, nous avons mené. C'était l'année dernière contre Brême. Cela n'a duré que cinq minutes. Dans les autres matches, nous avons été menés. Il n'est pas simple de pourchasser des adversaires de ce calibre qui évoluent dans des championnats plus relevés. Le Betis, Liverpool, Brême affrontent chaque semaine une grande équipe. Leur championnat vit tous les week-ends alors qu'ici, nous n'avons de telles affiches que contre le Club, Genk et le Standard. A leur façon, ils jouent bien. Ils nous neutralisent et nous nous laissons piéger en délaissant notre propre football et en tentant de marquer avec précipitation. C'est exact. Mais nous avons été critiqués alors que le Lierse et le Brussels ont été loués pour leur tactique face à nous. Si nous jouons contre Chelsea comme en championnat, celui-ci plonge dans les espaces que nous laissons derrière. Mais mener une fois nous ferait un bien fou mentalement. Vous verriez une équipe très différente. Nous restons sous le coup de cette longue série de revers. Plus on perd, plus vous passez tout près de la première victoire, plus cela pèse mentalement. Quand on encaisse un but, on sait que c'est fichu. Si nous avions glané quelques points la saison passée, les matches ne seraient pas plus faciles mais au moins, nous ne traînerions pas ce boulet supplémentaire. Absolument car il aurait un meilleur niveau semaine après semaine. La différence entre des phalanges telles que Roulers ou St-Trond et le Betis est telle qu'il faut un temps d'adaptation pour élever son rythme. Si tout le monde n'est pas à 100 % en même temps, on peut oublier... J'en suis partisan à condition d'avoir beaucoup de joueurs du même niveau. J'ai vécu ça à l'Olympiacos. C'est un inconvénient pour les joueurs qui ont besoin de plusieurs matches pour trouver leur rythme mais le système me convient. Peut-être parce qu'à l'époque, il y avait quelques refrains dans les journaux, style Baseggio ou moi. Cela provoquait des frictions. Ces discussions n'existent plus. Frankie a annoncé d'emblée qu'il pratiquerait la rotation et nul n'a protesté. Il parle beaucoup avec moi et me demande comment je me sens. Je suis honnête, il tient compte de ce que je dis. C'est pour ça que je ne râle pas quand je suis sur le banc de temps en temps. Sans doute pas. Avec l'âge, on voit les choses autrement. Je récupère moins vite après un match difficile. Cela m'était déjà arrivé quelques fois la saison passée mais pas auparavant. Je viens d'avoir 35 ans et je veux à tout prix arrêter en beauté, à mon sommet. Je ne veux pas devenir l'objet de moqueries dans deux ou trois ans parce que je serais trop vieux. Je ne m'accrocherai pas. Je sens que je récupère moins facilement après un match et que ma vitesse s'émousse : pourquoi devrais-je rester sourd aux signaux que m'envoie mon corps ? Je veux aider mes coéquipiers en faisant de mon mieux sur le terrain et en contribuant à créer une bonne ambiance dans le vestiaire. En veillant à ce que chacun réagisse positivement, que le groupe reste soudé. Car la plupart des problèmes naissent dans le vestiaire. Jusqu'à présent, il n'y a pas eu une seule discussion, ni dans les journaux, ni dans le vestiaire. Serhat a réagi une fois mais nous avons discuté avec lui et lui avons fait comprendre qu'il ne pouvait pas se comporter ainsi. L'année dernière à la même époque, plusieurs guéguerres avaient déjà été lancées au sein du club via la presse. Cela a duré jusqu'à ce que Frankie reprenne l'équipe. Depuis, le groupe est soudé et l'équipe est meilleure sur le terrain. Anderlecht a toujours été l'équipe des caractères difficiles. Plus maintenant. Nous avons un des plus chouettes groupes que j'ai jamais connus. Par moments, nous sommes trop gentils. On a parfois besoin de quelques joueurs qui tapent du poing sur la table Le vestiaire est vraiment très calme. Or, Frankie aime que les joueurs donnent leur avis et il tente de susciter le dialogue. Cela commence à prendre. L'entraîneur veut que nous maîtrisions plusieurs systèmes. Nous avons massivement travaillé cet aspect pendant la préparation, afin que chacun sache ce qu'on attend de lui, y compris quand on modifie la tactique en cours de match. Parce que chacun convoite le titre, que nous marquons facilement et que nous gagnons, en championnat, même quand nous ne jouons pas bien. GEERT FOUTRÉ " Anderlecht n'est plus le club des caractÈres difficiles "