On a dit et écrit beaucoup de choses sur la défaite de Justine Henin dès le deuxième tour de Roland Garros. Parmi tout ce qui a été entendu ou lu, on retiendra principalement les propos de Carlos Rodriguez qui, fidèle à son habitude, n'a pas cherché d'excuses à sa joueuse, avançant le simple fait que cette dernière s'était montrée par trop stressée. Il est en effet faux d'affirmer que Henin n'était pas prête physiquement. Elle n'était certes pas à 100 % mais on sait que les meilleures joueuses mondiales n'abordent jamais un Grand Chelem au top de leur condition puisqu'elles savent que les gros travaux commencent généralement en deuxième semaine.
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On a dit et écrit beaucoup de choses sur la défaite de Justine Henin dès le deuxième tour de Roland Garros. Parmi tout ce qui a été entendu ou lu, on retiendra principalement les propos de Carlos Rodriguez qui, fidèle à son habitude, n'a pas cherché d'excuses à sa joueuse, avançant le simple fait que cette dernière s'était montrée par trop stressée. Il est en effet faux d'affirmer que Henin n'était pas prête physiquement. Elle n'était certes pas à 100 % mais on sait que les meilleures joueuses mondiales n'abordent jamais un Grand Chelem au top de leur condition puisqu'elles savent que les gros travaux commencent généralement en deuxième semaine. Si Justine a perdu, c'est évidemment parce qu'elle manquait de compétition mais, surtout, parce qu'elle a fait un très mauvais choix tactique. Sachant qu'elle n'était pas encore au top, elle aurait dû accepter de ne pas imposer son jeu pour se contenter de contrer Garbin. Au lieu de choisir cette option, la première joueuse mondiale a voulu montrer qu'elle pouvait dépasser son adversaire. Dont coût : chaque fois que sa première balle ne passait pas (ce qui est arrivé très souvent), elle s'est engluée dans un échange qui manquait de rigueur et qu'elle finissait par laisser filer. Dans ce genre de situation, il aurait fallu que Henin soit moins volontariste et accepte le défi de fond de terrain où elle est nettement plus forte que l'Italienne. Cela lui aurait permis d'une part de faire durer le match û et donc d'avoir davantage de temps pour trouver ses sensations û d'autre part de ne pas commettre autant de fautes directes et, donc, de faire douter son adversaire. Hélas !, souvent, lorsque l'on est aussi fébrile que ne l'était notre compatriote, on manque de lucidité et on commet, en plus des fautes tennistiques, des fautes stratégiques qui paraissent impardonnables. Reste à poser cette question : quel impact aura cette défaite sur le futur ? 1. Elle va démontrer aux autres joueuses que Justine n'est pas la championne invincible qu'elle semblait être depuis Roland Garros 2003. Ce qui aura pour effet de libérer quelque peu les rivales de la Rochefortoise. 2. Elle risque de faire douter la meilleure joueuse de la planète. 3. Elle démontre que Justine Henin ne parvient pas encore à assumer son statut de Number One. Comme le disait très justement Mats Wilander dans L'Equipe, il est temps que la Belge accepte le fait qu'elle est arrivée à son apogée et qu'elle ne doit plus progresser mais simplement utiliser son niveau actuel pour engranger les tournois, dont les rendez-vous du Grand Chelem. A force de répéter sans cesse qu'elle n'est pas encore à son meilleur niveau et de travailler des parties de son jeu, elle risque en effet de perdre la confiance qu'elle a dans ses armes principales. Reste aussi à voir pourquoi l'épouse de Pierre-Yves a été cueillie par un virus il y a six semaines. Son organisme a-t-il été usé par un programme chargé ? Son mental est-il meurtri par un stress tel qu'il en fragilise son corps ? Ou bien, pire, Justine a-t-elle brûlé toute son énergie au cours des 18 derniers mois ? On ne pourra répondre à ces questions que dans quelques semaines. Une chose est certaine : cette défaite face à Garbin n'a rien de dramatique. Il n'empêche que, aujourd'hui, les s£urs Williams et Amélie Mauresmo savent que la leader planétaire est dans une période un peu plus creuse et qu'elles vont certainement en profiter pour augmenter leur capital points et confiance. Le spectacle du tennis féminin n'en sera que meilleur. par Laurent Gérard et Bernard Ashed