Le héros de la Chine ne se donne pas trop d'importance: "Je mesure que c'est une aubaine pour moi mais cette qualification constitue un bonheur collectif, pas un exploit individuel", dit Yu Genwei. "Je ne revendique rien pour moi. Nous avons tous bien géré cette campagne de qualification. La Coupe du Monde se dispute en Asie et il était important pour nous de prendre part avec fierté à cette première. Rien ne sera aisé mais nous détenons aussi des atouts qui surprendront peut-être l'un et l'autre".
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Le héros de la Chine ne se donne pas trop d'importance: "Je mesure que c'est une aubaine pour moi mais cette qualification constitue un bonheur collectif, pas un exploit individuel", dit Yu Genwei. "Je ne revendique rien pour moi. Nous avons tous bien géré cette campagne de qualification. La Coupe du Monde se dispute en Asie et il était important pour nous de prendre part avec fierté à cette première. Rien ne sera aisé mais nous détenons aussi des atouts qui surprendront peut-être l'un et l'autre".Yu Genwei estime que son pays, et l'Asie en général, peuvent imiter l'exemple africain avec des nuances différentes: "Il y a 2O ans, on n'imaginait pas trop que le continent africain deviendrait une puissance du foot mondial. Tout le monde souligne désormais son importance. L'exemple africain doit inspirer la Chine". Même si les Etats-Unis sont à nouveau qualifiés pour la Coupe du Monde, le football pro s'y implante bien plus difficilement que les vignes dans la Napa Valley en Californie. Les Chinois sont plus mordus de foot que les Américains. En Asie, ils présentent un style de jeu différent de celui prôné par les Japonais.La Chine espère franchir le premier tour"Nous avons une équipe assez complète", affirme Genwei. "La Chine a de l'engagement, de la taille, de la discipline et une bonne organisation générale. Techniquement, mon pays a du répondant mais je crois que c'est notre sérieux qui fera la différence. Tout est soigné jusque dans les derniers détails. Nous savons tout de nos adversaires de la Coupe du Monde. Par contre, ils sont peut-être un peu dans le doute à notre propos. La Chine espère franchir le premier tour". Elle a pris part à sa première campagne de qualification en 1982. Il aura fallu 20 ans et six phases finales, pour arriver à ses fins: être présente au Mondial.Yu Genwei est professionnel à Tianjin, une ville de neuf millions d'habitants située à 200 kilomètres de Pékin. Le football y avait été importé, via Shanghai et Macao, par les commerçants anglais et portugais. Au fil de son histoire, le football chinois misa sur des colorations proches de l'ancienne Europe orientale. Les tendances sont désormais assez différentes avec l'apport de joueurs étrangers. Il y a une dizaine d'années, des agents européens recrutaient souvent des canassons présentés en Chine comme des stars. Un joueur croate nous affirma même à cette époque: "Je connais des managers qui ne peuvent plus y mettre les pieds. Ils se sont remplis les poches mais les Chinois ont très vite compris que certains profitaient d'eux. Moi, en Chine, j'ai été payé rubis sur l'ongle, logé et nourri comme un roi dans des palaces. J'ai apprécié l'enthousiasme chinois, leur bonheur d'assister à un match. La Chine ira loin, elle s'ouvre au monde et les grandes multinationales s'investissent das le football".Yu Genwei est un des fruits de ce changement. Il ne vit que pour et par le football. Les salaires qu'on offre aux joueurs en Belgique le font sourire. La Chine jongle apparemment avec des chiffres beaucoup plus alléchants: 500.000 dollars par an, c'est pas grand-chose à Pékin ou à Canton. La Chine exporte désormais ses joueurs. C'est un début: Sun Jihai porte le maillot de Manchester City, Fan Zhiyi joue à Dundee, Yang Chen à Francfort, Xie Hui à Offenbach. Yu Genwei ne refuserait probablement pas une offre étrangère. Bora, l'homme du miracle chinois"Ces expériences à l'étranger apportent pas mal de choses au football chinois. Mais l'homme du miracle chinois, c'est d'abord Bora Milutinovic", dit-il. "Un homme étonnant doté d'un charisme à nul autre pareil. Il préfère ne plus entraîner de club et a opté pour les équipes nationales. Avec grand succès. Il a dirigé le Mexique, le Costa Rica, les Etats-Unis et le Nigeria en phase finale d'une Coupe du Monde avant de remettre le couvert avec la Chine. Entre deux missions, durant lesquelles il se donne à fond, le coach serbe vit, se détend, pense à autre chose qu'au ballon rond, se consacre à sa famille". La Chine s'est défaite de l'Ouzbékistan, des Emirats Arabes Unis, du Qatar et d'Oman sur la route de la Coupe du Monde. Sa qualification est un exploit mais son programme sera forcément bien plus corsé dans le Groupe C de la phase finale.Même si la Chine aura le gros avantage de jouer en Corée, où on annonce l'arrivée de milliers de supporters, rien ne sera facile face au Costa Rica, à la Turquie et au Brésil. "Bora Milutinovic nous a apporté son métier, son habitude de vivre de grands moments", lance Yu Genwei. "Il a une grande connaissance du football mondial. Il la transmet au groupe qui a confiance en lui. Milutinovic a entraîné le Costa Rica et il sait comment tourne cette équipe nationale. La Turquie a réalisé pas mal de progrès. Nos scouts l'ont régulièrement suivie. Quand on découvre la Coupe du Monde pour la première fois, la notion d'honneur est importante. Ce sera encore plus le cas lors du match contre les Brésiliens. J'admire leur style de jeu. C'est celui que je préfère et jouer contre eux, ce sera la réalisation d'un rêve. En Chine, le foot a beaucoup de succès à la télévision. Nous pouvons suivre tous les grands championnats étrangers. Les Chinois n'ignorent rien de tout ce qui se passe en Angleterre, principalement, mais aussi en Italie, en Espagne et en France. La Ligue des Champions a beaucoup de succès aussi. Le foot progresse sans cesse. C'est pour ça que cette première présence en phase finale d'une Coupe du Monde est importante. Nous devons continuer sur cette lancée. Une présence en huitièmes de finale de la Coupe du Monde serait la bienvenue dans ce contexte".Impressionné par WalemLa Chine pourrait alors être opposée à la Belgique. Venu se faire soigner à Liège, Yu Genwei en a profité afin de suivre un match du Standard. Un joueur principautaire l'a impressionné: Johan Walem. "J'ai été séduit par sa grande facilité technique, son sens de la distribution du jeu et surtout la précision de ses passes en profondeur", souligne Yu Genwei. Une façon comme une autre de prendre rendez-vous en huitièmes de finale? ohotonews, ,Dia 1ohotonews, ,"L'exemple africain doit inspirer la Chine"