Même si elle n'a sans doute pas ravi les pontes un tantinet psychorigides de la FIA, l'image de Fernando Alonso descendu de sa monoplace pour communier durant un long moment avec ses fans massés dans la tribune de Valence marquera la saison 2012. Trop souvent dominée par une technologie omniprésente, la F1 a retrouvé une dimension humaine, tout simplement. Et la ferveur qui s'est emparée du public espagnol durant la chevauchée de son héros a rappelé que la discipline peut redevenir un sport à part entière où les champions font la différence.

A priori, les chances du pilote espagnol semblaient pourtant minces après des qualifications ratées qui l'avaient rejeté à la 11e place de la grille. Mais avec la hargne qui fait sa marque de fabrique, il s'est lancé dans une folle remontée ponctuée par une 29e victoire et un solide leadership au championnat. Certes, le leader de la Scuderia Ferrari a été bien aidé par la malchance de Sebastian Vettel qui semblait inabordable, puis de Romain Grosjean qui constituait une vraie menace. N'empêche : Alonso a mené une course exempte de toute erreur et tactiquement parfaite, rassurant une équipe qui redoutait de revivre le cauchemar de Montréal où les derniers tours avaient pris l'allure d'un long chemin de croix tant les pneus de la monoplace rouge étaient à bout.

Même si tirer des plans sur la comète apparaît très risqué alors que huit courses seulement ont été disputées, il semble évident que cette victoire dans le port de Valence pèsera lourd au décompte final. En effet, les adversaires directs du pilote Ferrari ont fait chou blanc, ou presque. On l'a dit, Vettel a été trahi par sa mécanique tandis que Lewis Hamilton a perdu gros en tentant à tout prix de résister à Pastor Maldonado malgré des pneumatiques à l'agonie. Sans doute le Vénézuélien porte-t-il une lourde part de responsabilité dans l'incident ; mais on comprend mal que l'Anglais ait pris autant de risques à ce stade du GP, perdant 12 points garantis. Seul Mark Webber a sauvé la mise, signant lui aussi un réel exploit en grimpant de la 19e à la 4e position, une remontée qui figurera aussi dans les annales 2012.

Si le show du vainqueur fera date, on en dira autant du podium de cette épreuve un peu folle. La présence de Michael Schumacher ne pouvait que combler les vrais amoureux de ce sport auquel il a tant apporté. Venant après la pole de Monaco, sa 3e place constitue une preuve éclatante que Schumi n'a aucune raison de se précipiter vers la retraite. Peut-il rêver d'une victoire ? Pourquoi pas, même si sa Mercedes évolue toujours un petit cran en dessous de ses rivales ? Pour Kimi Raikkönen, l'échéance semble plus proche car sa Lotus compte parmi les monoplaces les plus affûtées du plateau. Iceman pourrait bien être - avec son équipier Grosjean - l'un des principaux arbitres dans la lutte pour le titre qui opposera Alonso, Vettel et Hamilton, voire même Webber s'il arrête de souffler le chaud et le froid d'une course à l'autre.

ÉRIC FAURE

Même si elle n'a sans doute pas ravi les pontes un tantinet psychorigides de la FIA, l'image de Fernando Alonso descendu de sa monoplace pour communier durant un long moment avec ses fans massés dans la tribune de Valence marquera la saison 2012. Trop souvent dominée par une technologie omniprésente, la F1 a retrouvé une dimension humaine, tout simplement. Et la ferveur qui s'est emparée du public espagnol durant la chevauchée de son héros a rappelé que la discipline peut redevenir un sport à part entière où les champions font la différence. A priori, les chances du pilote espagnol semblaient pourtant minces après des qualifications ratées qui l'avaient rejeté à la 11e place de la grille. Mais avec la hargne qui fait sa marque de fabrique, il s'est lancé dans une folle remontée ponctuée par une 29e victoire et un solide leadership au championnat. Certes, le leader de la Scuderia Ferrari a été bien aidé par la malchance de Sebastian Vettel qui semblait inabordable, puis de Romain Grosjean qui constituait une vraie menace. N'empêche : Alonso a mené une course exempte de toute erreur et tactiquement parfaite, rassurant une équipe qui redoutait de revivre le cauchemar de Montréal où les derniers tours avaient pris l'allure d'un long chemin de croix tant les pneus de la monoplace rouge étaient à bout. Même si tirer des plans sur la comète apparaît très risqué alors que huit courses seulement ont été disputées, il semble évident que cette victoire dans le port de Valence pèsera lourd au décompte final. En effet, les adversaires directs du pilote Ferrari ont fait chou blanc, ou presque. On l'a dit, Vettel a été trahi par sa mécanique tandis que Lewis Hamilton a perdu gros en tentant à tout prix de résister à Pastor Maldonado malgré des pneumatiques à l'agonie. Sans doute le Vénézuélien porte-t-il une lourde part de responsabilité dans l'incident ; mais on comprend mal que l'Anglais ait pris autant de risques à ce stade du GP, perdant 12 points garantis. Seul Mark Webber a sauvé la mise, signant lui aussi un réel exploit en grimpant de la 19e à la 4e position, une remontée qui figurera aussi dans les annales 2012. Si le show du vainqueur fera date, on en dira autant du podium de cette épreuve un peu folle. La présence de Michael Schumacher ne pouvait que combler les vrais amoureux de ce sport auquel il a tant apporté. Venant après la pole de Monaco, sa 3e place constitue une preuve éclatante que Schumi n'a aucune raison de se précipiter vers la retraite. Peut-il rêver d'une victoire ? Pourquoi pas, même si sa Mercedes évolue toujours un petit cran en dessous de ses rivales ? Pour Kimi Raikkönen, l'échéance semble plus proche car sa Lotus compte parmi les monoplaces les plus affûtées du plateau. Iceman pourrait bien être - avec son équipier Grosjean - l'un des principaux arbitres dans la lutte pour le titre qui opposera Alonso, Vettel et Hamilton, voire même Webber s'il arrête de souffler le chaud et le froid d'une course à l'autre. ÉRIC FAURE