L'avantage, quand on travaille sur VOOSportWorld, c'est qu'on voyage à travers le World. Bon OK, le World en Europe. Mais c'est souvent là où ça se passe. Comme à Chelsea-Tottenham, pour la résurrection de notre Eden. Un but au bout d'une action d'une autre dimension pour envoyer Leicester au paradis.
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L'avantage, quand on travaille sur VOOSportWorld, c'est qu'on voyage à travers le World. Bon OK, le World en Europe. Mais c'est souvent là où ça se passe. Comme à Chelsea-Tottenham, pour la résurrection de notre Eden. Un but au bout d'une action d'une autre dimension pour envoyer Leicester au paradis. Donc, on m'a envoyé au paradis. A Leicester. Centre du monde pour un jour et pour... toujours. Envoyé spécial d'un moment de grâce suivi par 750.000.000 de convaincus ravis. Belle unanimité diffusée dans 185 des 193 pays que compte notre planète. Surréaliste ! Comme le jeu, comme la ville. Leicester : 170 km au-dessus de Londres. 300.000 habitants. Devise : " Semper Eadem " " Toujours la même ". Eh bien non, elle ne sera plus jamais la même. Et nous, non plus. Tu sors de la gare et t'as déjà compris. Sur chaque pylône, la photo d'un joueur. Format 3 m sur 1. Dans toutes les rues, même topo. Après 100 mètres, un magasin de robes de mariée. En vitrine, elles sont toutes de couleur bleue. Cet été, on se marie en bleu. Un peu plus loin, une Lady promène son chien... peint en bleu. Un resto indien crée l'événement en offrant 1000 repas. Il l'avait promis en cas de titre. Des jeunes s'offrent un énième cocktail. Celui à la mode depuis des semaines : Le " Vardy Bomb ". Fait de vodka... bleue. 300 mètres que j'erre dans Leicester et je m'y sens déjà chez moi. Moment de grâce. Mais le vrai challenge, ce sera l'après-match. Pour l'envoyé spécial que je suis, c'est là que tout commence. Les interviews, un jour de titre, c'est aussi, pour moi, jouer le titre. Ça va être chaud, ça m'excite d'autant plus, que cela me ramène sur la pelouse. Enfin de retour sur la matrice de toutes les émotions du foot. Là, où tout commence. L'odeur de l'herbe exaltée par les larmes de joie versées par le ciel réveille en moi les vieux réflexes. Ceux du joueur. Quand t'es pas forcément plus doué que les autres, faut faire travailler ses méninges, jouer sur son placement, son culot et surtout, soigner son sens de l'anticipation. Tout cela va revenir en un claquement d'ambition. Le décor : pelouse entourée de 32.000 supporters en délire. Deux caméras pour 12 télévisions étrangères. Va falloir élever son jeu. L'attente est longue, remise du trophée, tour d'honneur au pas. Faut rester en éveil et concentré. Arrive une nuée de gens heureux. Apparaît ClaudioRanieri. Je me découvre un démarrage que je ne me connaissais plus. Le placement et l'anticipation sont bons. Bonjour Mister, félicitations et tous mes respects. Et là, la réalité rejoint l'impression. Ranieri très calmement me dit merci, me serre la main avec son sourire fait de timidité et sérénité. Je l'emmène devant la caméra et donc derrière mon micro. Je mène 1-0. But somptueux. Bien joué, Fred. Sauf que l'arbitre, le mec de la Premier League chargé " d'organiser " les interviews, est fou de rage que je l'aie dribblé. J'ai pas encore fini de poser ma première question qu'il me tapote l'épaule. Ce qui signifie : dernière question, magne-toi et dégage. Tu parles. J'ai posé trois questions. Parfois devant le but, faut la jouer perso. Aucun regret ! Que du bonheur. Le plus intense ? Ce regard gentil et bienveillant de Saint Claudio. Ce mec est LE Dieu du jour sur la planète foot, il fait son tour d'honneur honoré de chants d'amour à sa gloire et vlà qu'il écoute calmement ma question, y répond et semble même gêné de recevoir mes compliments. Et puis y a " Big Viking " PeterSchmeichel qui passe juste à côté. Impressionnant. Comme l'a été la saison du fiston. Kasper, devenu un ex-fils de... Le Tout en faisant de Peter le père de... Belle perf. Et l'ex-mur de Man United, d'accepter notre invitation. Il nous confie son émotion d'être champion en tant que père. Beaucoup plus forte qu'en tant que joueur. " Je suis fier de mon fils et de toute cette équipe parce qu'elle est la réponse flamboyante à ce foot " tiki taka " devenu chiant à mourir. Ce titre est un espoir pour tous les amoureux du foot. Le vrai. " Merci Peter. On n'en pense pas moins. PAR FREDERIC WASEIGE