Quatre points d'avance sur le Standard après deux tiers de compétition : le RSCA n'a certainement pas encore un 30e titre en poche. Il ne faut pas oublier qu'à la trêve, le même nombre de points séparait déjà les deux rivaux. Par contre, là où les Mauves ont pris leurs distances vis-à-vis de l'armada liégeoise, après le sommet, c'est au moral.
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Quatre points d'avance sur le Standard après deux tiers de compétition : le RSCA n'a certainement pas encore un 30e titre en poche. Il ne faut pas oublier qu'à la trêve, le même nombre de points séparait déjà les deux rivaux. Par contre, là où les Mauves ont pris leurs distances vis-à-vis de l'armada liégeoise, après le sommet, c'est au moral. " En une petite huitaine, on est parvenus à inverser complètement la tendance ", dit Guillaume Gillet. " Jusqu'à la mi-février, il n'y en avait que pour les gars de Sclessin. C'est eux qui produisaient le jeu le plus abouti en D1 ; c'est eux aussi qui étaient les dignes ambassadeurs du football belge sur le plan européen. Depuis lors, il y a eu Braga et, surtout, une éclatante volte-face de notre part avec des victoires à Charleroi, La Gantoise et, à présent, face au Standard. La confiance a manifestement changé de camp. " Mine de rien, un petit complexe s'était quand même installé chez les Sportingmen à l'égard de l'ennemi juré. Depuis le 6 avril 2007, date d'une victoire par 1-0 au Parc Astrid des £uvres de Mémé Tchité, les Bruxellois n'étaient plus jamais arrivés à faire mordre la poussière à leur rival. Pire : les Liégeois avaient même gagné cinq de leurs six derniers duels, toutes compétitions (championnat, Coupe et Supercoupe) confondues. Cette fois, en revanche, il leur aura fallu composer avec un adversaire supérieur dans plusieurs domaines. A l'aller déjà, on se souviendra que le coach des Bruxellois, Ariel Jacobs, avait gêné son opposant en se prononçant pour un 4-3-3 où JonathanLegear et Stany Vlcek avaient eu pour mission de neutraliser les backs Marcos Camozzato et Dante Bonfim tandis que, contre toute attente, Mbark Boussoufa était titularisé à la pointe de l'attaque, avec pour objet de décontenancer les deux tours Mohamed Sarr et Oguchi Onyewu. Une tactique qui avait failli se révéler payante, puisqu'à un fifrelin du terme, Anderlecht détenait encore le partage avant d'être battu in extremis suite à une percée de Milan Jovanovic. Ce coup-ci encore, l'international marocain aura joué un rôle-clé dans le succès de ses couleurs. Non pas comme pointe, contrairement à ce qui s'était passé au Standard, mais en tant qu'électron libre, en soutien immédiat de Tom De Sutter. A nos yeux, cette place axiale est celle qui lui convient sans conteste le mieux. Dans un rôle semblable à celui d' Ahmed Hassan autrefois, Boussie peut y faire montre à la fois de ses dons de passeur et de buteur. Huit goals et 11 assists pour le moment, alors qu'il reste encore 11 matches à jouer : jamais le feu-follet anderlechtois n'a été aussi déterminant. Laszlo Bölöni, le mentor des Rouches, n'est en tout cas jamais parvenu à trouver la parade contre lui. Commis à sa garde, Eliaquim Mangala n'aura pas pesé lourd dans la balance, lui qui fut à l'origine de l'accrochage sur lui sur la phase du premier but anderlechtois et qui était une nouvelle fois aux abonnés absents lorsque le même joueur eut tout loisir de reprendre en un temps un service de Legear sur le deuxième. Sans parler du dernier, inscrit par De Sutter sur un caviar du même Boussoufa. Il n'y a cependant pas que le petit n°11 anderlechtois qui posa un problème tactique au mentor roumain. Ce dernier ne fut jamais en mesure de résoudre le casse-tête posé par l'infiltreur Legear, Boussoufa ou Gillet. AxelWitsel et Mangala, postés devant le quatuor défensif des Rouches, furent effectivement très régulièrement submergés par la deuxième ligne anderlechtoise. En principe, le Standard, disposé en 4-2-3-1 aussi, à l'image de son adversaire, aurait dû exploiter cette situation également avec ses trois joueurs offensifs, Milan Jovanovic, Igor de Camargo et Wilfried Dalmat confrontés aux seuls Sportingmen Jan Polak et Lucas Biglia. A cette différence près que le trio liégeois, à l'exception peut-être de Dalmat, était en mal d'inspiration, tandis que le Tchèque régnait en maître. Anderlecht avec ou sans Polak, c'est une fameuse différence. Sans lui, le RSCA a perdu 3 matches sur 7 tandis qu'avec son concours, il s'est borné à une seule défaite en l'espace de 15 rencontres. Au sein du nouveau schéma tactique qui, depuis le récent déplacement à Charleroi, a relayé le 4-3-3 en vigueur depuis le début de la saison, le gars de Brno est particulièrement à son affaire. Sec sur l'homme, il récupère invariablement un nombre incalculable de balles avant d'en faire le plus souvent usage en profondeur. Le contraste est pour le moins frappant avec Biglia. L'Argentin est trop adepte de la latéralité et freine le jeu. Après avoir épaté la galerie pendant deux ans grâce à son sens du placement, et son jeu dépouillé, l'Argentin irrite par sa propension à ne pas prendre de risque. Un manquement qui s'ajoute à son incapacité à changer de rythme ou son ratio négligeable en matière de buts et de passes décisives. On est parfaitement conscient de ces carences au Parc Astrid et le souhait est clairement de vendre l'intéressé. Sans doute est-ce là la raison pour laquelle l'ancien milieu de terrain d'Independiente est maintenu dans le onze de base. Mais à choisir entre lui et le blessé Jelle Van Damme comme compère de Polak devant l'arrière-garde, il n'y a pas photo. Compte tenu de ses qualités athlétiques et footballistiques, Van Damme a un avenir dans ce registre. Une solution doit être trouvée aussi dans l'axe de la défense, où Arnold Kruiswijk ne s'est jamais montré intransigeant depuis qu'il a intégré l'équipe au Club Bruges. Le Néerlandais manque de tranchant dans le marquage. En outre, ses remises approximatives, en plein axe, ont déjà coûté quelques buts aux Bruxellois. C'était le cas au Club Bruges face à Wesley Sonck, à Courtrai devant Sven Kums et c'est encore et toujours lui qui s'est emmêlé les pinceaux face à Dieumerci Mbokani sur le deuxième but du Standard. Pourquoi, dans ce cas, ne pas réintroduire Victor Bernardez dans l'arrière-garde ? Bien sûr, le Hondurien est droitier tandis que l'autre est gaucher. Mais Roland Juhasz, droitier lui aussi, n'a-t-il pas toujours soutenu qu'il se sentait nettement plus à l'aise à gauche qu'à droite en défense centrale ? C'est là en tout cas qu'il joue avec bonheur avec la Hongrie. Où, soit dit en passant, il marque aussi comme à la parade. Anderlecht est certes coutumier d'un deuxième tour mené tambour battant ces dernières années, mais il doit absolument gommer sa propension de slow starter. Le Sporting entre décidément très mal dans ses matches, remember Mons et Courtrai. Et il n'en est pas allé autrement face aux Standardmen, puisque les Mauves furent cueillis à froid après huit minutes à peine en première mi-temps et trois en seconde. " Toutes les semaines, le coach tape sur le même clou, et pourtant l'histoire se répète ", observe Legear. " Heureusement, ça n'a pas porté à conséquence car on a chaque fois su redresser la barre. C'est la preuve qu'on a des ressources. On vient d'ailleurs de le démontrer en remontant deux fois un handicap face au Standard. Cela doit nous booster mais il faut retenir la leçon une fois pour toutes. A présent, le mot d'ordre est de ne plus rien lâcher. On a quatre points d'avance et il s'agit de les conserver. Lors des matches aller, nos faux-pas n'ont jamais eu de réelles répercussions, dans la mesure où les Rouches avaient perdu une dizaine de points après toutes leurs implications européennes. Vu leur déconvenue à Braga, tout porte à croire qu'ils se focaliseront exclusivement sur le titre dès le week-end prochain. Aussi ne perdront-ils plus autant de plumes qu'au cours du premier volet de la compétition. A nous de faire le maximum pour garder nos distances. " par bruno govers