Westerlo a la meilleure attaque mais n'a préservé ses filets qu'une seule fois en neuf matches. Cela illustre bien les caprices de ce championnat. Il y a quelques semaines encore, on disait que Mouscron-Péruwelz développait le meilleur jeu technique de Belgique. Désormais, ses adversaires ne lui laissent plus d'espaces et le club hennuyer ne domine plus. Résultat des courses : un zéro sur neuf.
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Westerlo a la meilleure attaque mais n'a préservé ses filets qu'une seule fois en neuf matches. Cela illustre bien les caprices de ce championnat. Il y a quelques semaines encore, on disait que Mouscron-Péruwelz développait le meilleur jeu technique de Belgique. Désormais, ses adversaires ne lui laissent plus d'espaces et le club hennuyer ne domine plus. Résultat des courses : un zéro sur neuf. Il n'y a pas si longtemps, après un match entre Gand et Zulte Waregem, Hein Vanhaezebrouck proclamait que l'équipe de Francky Dury constituait une certitude pour les play-offs 1. Depuis lors, le Essevee est dans les tréfonds du classement. Le club du Gaverbeek paie le tribut de son manque de continuité sportive : ses joueurs doivent apprendre trop de nouveaux schémas. Dans ces conditions, même un professionnel aussi accompli que Dury se heurte (pour le moment) à ses limites. Anderlecht possède ces automatismes. Steven Defour, dernier maillon de la chaîne, s'est intégré sans un pli. Ce n'est pas que les Mauves développent un football pétillant mais ils sont efficaces et, surtout, ils jouent vers l'avant. En outre, la mentalité n'a jamais été aussi bonne. Le mérite en revient à Besnik Hasi, qui a imposé des règles claires et qui a augmenté l'intensité des entraînements. Le fait que la saison passée, sous la houlette de John van den Brom, certains joueurs s'astreignaient à des séances supplémentaires le soir est une claque pour le Néerlandais, auquel l'AZ vient d'octroyer une nouvelle chance. Il n'y a rien de plus dangereux que de placer trop vite un entraîneur sur un piédestal. A ses glorieux débuts à Anderlecht, John van den Brom passait pour un rénovateur et maintenant, c'est Hasi qu'on comble de louanges. Il y a quand même une différence : l'Albanais est incroyablement exigeant envers lui-même et il est trop fanatique pour laisser ses joueurs en paix ne fût-ce qu'une seconde. Il veut que son équipe progresse aussi sur la scène internationale. On verra ce mercredi soir où en est Anderlecht. Après son excellente prestation à Galatasaray, il rêve de plus. Il affronte le Borussia Dortmund, qui a vacillé en Bundesliga ces dernières semaines et connaît même une crise depuis sa défaite 2-1 à Schalke 04 samedi dernier. Il est dixième à sept unités du Bayern, son goal-average est négatif et sa confiance fortement entamée. L'occasion peut paraître unique pour les Mauves mais les matches de Ligue des Champions ont leur propre caractère, avant tout par la vitesse d'exécution, nettement plus élevée. Or, dans le passé, c'est justement ce rythme qui a joué des tours à Anderlecht. Le Club Bruges continue à chercher le bon puzzle dans ce championnat. Michel Preud'homme opte pour la rotation, qu'il avait très peu pratiquée la saison dernière. Dimanche, à Ostende, ça a fourni un bon football, par moments, mais le nul 2-2 a donné la gueule de bois aux Bleu et Noir. Preud'homme ne l'a pas supporté. La façon dont il s'est pris ensuite le bec avec l'entraîneur d'Ostende, Fred Vanderbiest, n'était vraiment pas élégante. Ce genre de sorties suscite des émois inutiles et écorne l'image du Club. Michel Preud'homme est un entraîneur très motivé. Ces dernières semaines en particulier, il a répété que le Club travaillait jour et nuit. Il ne peut pas accepter des décisions arbitrales discutables, même quand son club lui demande de conserver sa maîtrise, dans ces circonstances. N'y a-t-il personne au Club qui puisse apprendre à Preud'homme à se contrôler après un match ? Une question est bien plus essentielle : où en est le Club Bruges, après un an sous la direction de Michel Preud'homme ? La réponse est claire : les résultats européens sont bons mais en championnat, le Club ne joue pas mieux qu'avant. Preud'homme le sait et il est frustré. Il a constaté que le Club n'a toujours pas retrouvé la mentalité qui le caractérisait jadis. Du coup, son jeu subit des fluctuations brusques et il récolte trop peu de points en championnat : 14 sur 27, soit 52 %. Reste à voir si les six transferts récemment effectués vont changer les choses. Le noyau de 27 joueurs compte 17 étrangers issus de seize nations différentes. C'est deux de moins que le Standard, son adversaire dimanche. Là-bas, la quête de la bonne formation de base est devenue un feuilleton sans fin : Guy Luzon a déjà fait appel à 28 joueurs en championnat. ?PAR JACQUES SYSPersonne à Bruges ne peut-il apprendre à Preud'homme à se contrôler après un match ?