1 Quels départs regrettez-vous le plus pour l'instant ?

Stefan Leleu : Frédéric Dupré et Salou Ibrahim ont eu une large part dans notre succès. Comme Dupré, Ibrahim avait rapidement assimilé les automatismes. Le courant était immédiatement passé alors que pour le moment, notamment à cause des blessures, nous continuons à tâtonner. L'occupation de terrain commence à devenir claire mais nous n'avons pas toujours les bons hommes à la bonne place. Cela requiert du temps. Salou est un diesel, qui prouvera bientôt sa valeur au Club Bruges. Fred, qui écarte quand même Eric Deflandre du onze de base liégeois, est le meilleur arrière droit de Belgique. Sa saine agressivité devrait lui valoir bientôt une chance en équipe nationale.
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Stefan Leleu : Frédéric Dupré et Salou Ibrahim ont eu une large part dans notre succès. Comme Dupré, Ibrahim avait rapidement assimilé les automatismes. Le courant était immédiatement passé alors que pour le moment, notamment à cause des blessures, nous continuons à tâtonner. L'occupation de terrain commence à devenir claire mais nous n'avons pas toujours les bons hommes à la bonne place. Cela requiert du temps. Salou est un diesel, qui prouvera bientôt sa valeur au Club Bruges. Fred, qui écarte quand même Eric Deflandre du onze de base liégeois, est le meilleur arrière droit de Belgique. Sa saine agressivité devrait lui valoir bientôt une chance en équipe nationale. Parce qu'on a le niveau de son équipe. On place la barre trop haut. Chris Janssens est réputé pour ses coups francs. C'est sa marque de fabrique. Jusqu'à présent, il n'a pas connu de réussite car il s'est fixé là-dessus et s'est forcé, ce qui a l'effet opposé. Cédric Roussel et Geert De Vlieger veulent aussi faire leurs preuves à tout prix, heureux de rejouer. Je suis convaincu qu'ils vont apporter une plus-value à l'équipe. A l'école, on ne reçoit son bulletin qu'en fin d'année, non ? Absolument pas. La victoire en Coupe de Belgique constitue le haut fait de notre carrière. Si les nouveaux, malgré leur expérience, ont du mal à apporter un plus, il est logique que les autres peinent à passer à la phase suivante - la professionnalisation de l'équipe et du club. Nous souffrons de troubles de croissance que nous devons surmonter ensemble. C'est une question délicate. Regardez donc le problème d'Anderlecht avec Daniel Zitka et Silvio Proto. Je déplore qu'on examine leurs prestations à la loupe. L'entraîneur est critique, il ose faire des choix, il assume ses responsabilités. Beaucoup d'autres n'oseraient pas tourner la page et n'agiraient pas. Il lance sans doute un signal aux deux gardiens, afin qu'ils restent affûtés. Dury a toujours une arrière-pensée. Nous sommes constamment évalués. Si nous ne sommes pas satisfaisants, nous sommes écartés. C'est une bénédiction. La concurrence a augmenté la qualité du groupe et permet aussi de pallier plus aisément la vague actuelle de blessures. Wouter Vandendriessche, Jonas Vandemarliere et Lander Vansteenbrugghe peuvent déjà faire basculer un match. C'est positif, c'est la preuve que nous progressons et devenons plus professionnels. Frédéric Dindeleux est fantastique : même s'il fait souvent banquette, il ne râle pas, se livre à fond et se comporte en professionnel accompli. Néanmoins, nous ne pouvons égaler l'ambiance fantastique de la saison passée, quand le noyau était majoritairement composé de Belges. Nous revivrons de bons moments mais signer un parcours pareil sera très difficile. Nous en sommes tous conscients. Notre séjour de quelques jours à Moscou a été bénéfique pour l'unité du noyau. Il a eu la malchance de débarquer dans une équipe qui ne tournait pas. Les attentes étaient trop élevées et il n'a pas réussi à transformer ses occasions. S'il ne se sentait pas bien, c'est aussi parce qu'il ne jouissait pas de la pleine confiance de chacun. Il montre maintenant qu'il n'a pas perdu son sens du but, dans un environnement familier. Là, il est le roi. Cela ne peut que lui faire du bien. Pourquoi pas, si c'est possible ? Il faut néanmoins se garder de sauter trop d'étapes. On peut tout renouveler mais pas de manière drastique. Mieux vaut procéder par touches car il faut toujours du temps à chacun pour trouver ses marques. (Il rit) Nous sommes en béton ! Ce n'est pas notre faute. Sur les phases arrêtées, il faut des conventions et de la concentration. Ensuite, il y a la loi de Murphy : lorsque vous échouez, plus vous en parlez, plus vous courez de risques que ça se reproduise. Nous travaillons des phases à l'entraînement, nous avons assez d'images TV. Heureusement, ce n'est pas toujours le même joueur qui est impliqué. Qu'il ne faut pas toujours viser la victoire, qu'il faut veiller à conserver une solide organisation défensive. Parfois, il est préférable d'être attentiste et de conserver beaucoup de joueurs derrière le ballon que de laisser libre cours à son enthousiasme. Les jeunes sont utiles aux routiniers : parfois, un diesel a besoin d'une injection. Il faut guetter patiemment sa chance et frapper au bon moment. Etre malin. Nous sommes encore trop crispés. Nous devons retrouver nos automatismes, priver l'adversaire de ses points forts et grappiller des points. L'entraîneur veut voir plus de feu. l FRÉDÉRIC VANHEULE