Le Conseil d'administration des 24 clubs professionnels, seize de D1A et huit de D1B, s'est réuni jeudi dernier. Quelques coordinateurs des jeunes ont avalé leur café de travers en apprenant ce qui avait été décidé. Certains transferts de jeunes ayant fâché des dirigeants et entraîné une surenchère des indemnités, parfois sous la table, les clubs ont décidé de ne plus se piquer de joueurs.
...

Le Conseil d'administration des 24 clubs professionnels, seize de D1A et huit de D1B, s'est réuni jeudi dernier. Quelques coordinateurs des jeunes ont avalé leur café de travers en apprenant ce qui avait été décidé. Certains transferts de jeunes ayant fâché des dirigeants et entraîné une surenchère des indemnités, parfois sous la table, les clubs ont décidé de ne plus se piquer de joueurs. Juridiquement, il est impossible de l'interdire sous peine d'enfreindre un décret sur les sportifs non rémunérés. Ceux qui n'ont pas de contrat peuvent démissionner en avril et s'affilier à un autre club. Il reste possible de démissionner mais en convenant de ne plus affilier ces joueurs, les clubs réduisent les possibilités de transfert. Le ministre concerné ne s'y opposerait pas. Ce genre d'accord n'est pas neuf. Il en existe déjà un pour les joueurs qui rompent leur contrat : en principe, ils ne peuvent pas rejoindre un autre club belge. L'appliquer aux jeunes pourrait freiner les transferts et donner plus de temps aux clubs pour travailler avec ces jeunes, sans leur octroyer de contrat ni craindre qu'un autre ne le leur prenne. Le projet reste embryonnaire. La preuve, c'est que les coordinateurs des jeunes ont été complètement surpris. Ils disposent aussi d'un organe de concertation, au sein duquel la mesure n'a jamais été abordée. Comme elle entre en vigueur le 1er janvier prochain, ils doivent revoir leur stratégie dans les plus brefs délais. Le texte présenté à l'assemblée pointe du doigt les managers. Ceux-ci rétorquent que ce sont souvent les scouts des clubs qui veulent transférer les meilleurs jeunes des autres et qu'ils ne font que discuter des conditions, après coup. Cet accord ne concerne pas les clubs étrangers. Il n'empêchera donc pas les meilleurs d'aller voir de l'autre côté de la frontière. Le transfert des jeunes est-il de facto exclu à partir du 1er janvier ? Non. Si un club remercie un joueur, celui-ci est libre de s'affilier ailleurs. Un footballeur de plus de seize ans, qui peut signer un contrat, a la possibilité de démissionner six mois après son anniversaire et de rejoindre un autre club. Mais en principe, un talent de huit ans de Lokeren ou de Beveren qui veut partir contre la volonté de son club parce qu'il estime avoir de meilleures chances ailleurs n'aura plus d'issue en Belgique, à moins que la Commission des Jeunes n'en décide autrement. Trois personnes y siègent : le CEO de la Pro League, Pierre François, le DT de la fédération, Chris Van Puyvelde, et une troisième personne à désigner. Elles doivent prendre leur décision à l'unanimité. Tout cela est destiné à protéger les centres de formation. Autre projet : l'insertion des équipes espoirs dans les séries amateurs, à partir de la saison 2019-2020, afin de donner à chacun le temps de s'adapter. Nous y reviendrons en temps utile.