Le Standard ne risque pas de rejoindre le championnat français, tant il y a des embûches pour y arriver. Il faut d'abord convaincre l'UEFA. " Normalement, le Standard ne pourrait pas participer à la Ligue 1 ", explique le porte-parole de l'UEFA, William Gaillard, " On doit participer à la compétition sous l'égide de sa propre fédération. Donc, tant que le Standard fait partie de l'Union Belge et que le championnat belge existe, il ne pourra pas rejoindre la France. Mais si un jour, on se retrouve avec deux Unions Belges, cela commencerait à se compliquer. Car certains cas existent. Des clubs gallois évoluent dans le championnat d'Angleterre, Derry, club d'Irlande du Nord, évolue dans la compétition d'I...

Le Standard ne risque pas de rejoindre le championnat français, tant il y a des embûches pour y arriver. Il faut d'abord convaincre l'UEFA. " Normalement, le Standard ne pourrait pas participer à la Ligue 1 ", explique le porte-parole de l'UEFA, William Gaillard, " On doit participer à la compétition sous l'égide de sa propre fédération. Donc, tant que le Standard fait partie de l'Union Belge et que le championnat belge existe, il ne pourra pas rejoindre la France. Mais si un jour, on se retrouve avec deux Unions Belges, cela commencerait à se compliquer. Car certains cas existent. Des clubs gallois évoluent dans le championnat d'Angleterre, Derry, club d'Irlande du Nord, évolue dans la compétition d'Irlande, Vaduz, situé au Liechtenstein joue dans le championnat suisse, certains clubs de Saint-Marin dans le championnat d'Italie et d'autres d'Andorre dans la compétition espagnole. Mais tous ces cas sont souvent liés à l'histoire. Par contre, Monaco est encore un cas à part. Il n'y a pas de fédération monégasque. Comme il y a donc déjà des exceptions, on ne peut pas en exclure d'autres. S'il y avait deux fédérations en Belgique mais une seule équipe nationale, on se retrouverait devant un cas unique qui devra être étudié par nos juristes. " De plus, même si l'UEFA accorde une dérogation au Standard, il faudra alors convaincre la Fédération française. " Tout club créé doit normalement passer par l'équivalent d'une huitième division ", continue Gaillard. En France, la réponse est déjà négative. La Ligue Professionnelle qui régit la Ligue 1 (et le reste du monde professionnel) ne pourrait pas accueillir le Standard en Ligue 1 de son plein gré. Le club liégeois devrait demander un numéro d'affiliation à la Fédération et tout club qui le reçoit commence en bas de l'échelle. " Mais en plus, pour recevoir ce numéro d'affiliation, il y a toute une série de contraintes ", lâche la FFF, " Selon l'article 23, tout club qui fait une demande d'affiliation doit posséder son adresse sur le territoire d'une des ligues affiliées à la Fédération. Par exemple, une des plus proches de Liège est la Ligue du Nord-Pas de Calais. Or, le Standard n'a pas d'adresse là. " Il y a donc une contrainte géographique. Par contre, juridiquement, les obstacles pourraient être levés, selon l'avocat Luc Misson : " Le football est considéré comme activité économique depuis un arrêt de la Cour de Justice de 1974. Et donc il devrait relever du Traité de Rome. Or, comme les clubs produisent du spectacle sportif, ils devraient pouvoir profiter de la libre circulation des personnes et de la libre prestation de services. Par exemple, Mercedes peut vendre des voitures en Italie. Dans le système actuel, on ne peut pas parler de libre concurrence puisque tous les capitaux vont dans les mêmes championnats. Evidemment, cela ne peut pas se régler en un tournemain. Car, il faut tenir compte également de la tradition des championnats nationaux. Il y a donc une nouvelle fois confrontation entre la règle sportive et le principe du droit européen. Les propos de Lucien D'Onofrio ont également été tenus dans le cas d'une scission du football belge. Et on peut se demander si c'est bien légal que l'aile flamande reçoive plus de subsides que l'aile francophone. Là aussi, il y aurait violation du droit de la concurrence. Si on quitte l'activité économique, cela ne poserait aucun problème. On est par exemple d'accord pour dire qu'un club de 4e Provinciale ne constitue pas une entreprise mais les clubs de D3 et de Promotion s'en rapprochent. Or, le droit de la concurrence interdit les aides publiques aux entreprises. " STéPHANE VANDE VELDE