Lorsque la période estivale des transferts s'est achevée le 31 août dernier, certains joueurs tentaient toujours de changer de club. Lorsque minuit retentit dans la péninsule Ibérique, certains footballeurs n'avaient d'autre choix que de reporter leurs ambitions. Ainsi, Daniel Alves était à son grand regret toujours à Séville et pas encore à Chelsea. Juan Roman Riquelme est persona non grata à Villarreal depuis que sa tentative de passer à l'Atletico Madrid a échoué ; le management du deuxième club madrilène n'ayant pas réussi à s'entendre sur la signature de ce talentueux joueur. Quant au Basque Santi Ezquerro, sur une voie de garage à Barcelone, il n'était pas disposé à faire des sacrifices salariaux pour retourner à l'Athletic Bilbao. Valence n'a pas su trouver l'argent pour faire venir Rafael van der Vaart de Hambourg. Et Julio Baptista, surnommé La Bête, continuera à tâter du banc au Real Madrid, qui n'a pas su tomber d'accord avec Milan.
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Lorsque la période estivale des transferts s'est achevée le 31 août dernier, certains joueurs tentaient toujours de changer de club. Lorsque minuit retentit dans la péninsule Ibérique, certains footballeurs n'avaient d'autre choix que de reporter leurs ambitions. Ainsi, Daniel Alves était à son grand regret toujours à Séville et pas encore à Chelsea. Juan Roman Riquelme est persona non grata à Villarreal depuis que sa tentative de passer à l'Atletico Madrid a échoué ; le management du deuxième club madrilène n'ayant pas réussi à s'entendre sur la signature de ce talentueux joueur. Quant au Basque Santi Ezquerro, sur une voie de garage à Barcelone, il n'était pas disposé à faire des sacrifices salariaux pour retourner à l'Athletic Bilbao. Valence n'a pas su trouver l'argent pour faire venir Rafael van der Vaart de Hambourg. Et Julio Baptista, surnommé La Bête, continuera à tâter du banc au Real Madrid, qui n'a pas su tomber d'accord avec Milan. Beaucoup d'autres mouvements annoncés ne se sont pas concrétisés. Cristiano Ronaldo, Xabi Alonso et Michael Ballack n'ont pas débarqué au Real. Pas de signe non plus de Kaka ou de Cesc Fabregas chez les Galacticos, deux joueurs qui avaient été promis par le président Ramon Calderon lors de sa campagne pour la présidence du club, couronnée de succès à l'été 2006. Le troisième joueur promis, Arjen Robben, a bel et bien rejoint la capitale espagnole. Chez les rivaux catalans, un été de spéculations n'a accouché que de très peu. Samuel Eto'o et Ronaldinho sont restés, tout comme Deco, malgré une direction qui n'a pas ménagé ses efforts en tous sens. Cependant, de nombreuses transactions record ont vu le jour. En fait, les clubs de Primera Divisionont établi un nouveau record en dépensant 538 millions d'euros au total, sans compter que le mercato de janvier 2008 doit encore avoir lieu. Le précédent record était de 448 millions en 2000-2001, lorsque le Real avait payé 60,5 millions pour Luis Figo. Rien que par rapport à la saison passée, l'inflation des dépenses en transferts a atteint 288 millions d'euros. Les promus de Valladolid furent les plus économes, ne déboursant que 1,3 million. On a longtemps cru que Santander ne dépenserait rien du tout (sept joueurs gratuits avaient été acquis) avant que le Racing ne batte son propre record avec 13,3 millions pour trois nouveaux arrivants : les buteurs Ebi Smolarek et Mémé Tchité ainsi que le gardien suisse Fabio Coltorti. Les dépenses outrancières de Santander furent financées par la vente du buteur Nikola Zigic à Valence, pour 18 millions. Outre le grand Serbe, Valence avait précédemment acquis le gardien allemand Timo Hildebrand, les défenseurs Alexis et Ivan Helguera, le médian Sunny, les avants Javier Arzimendi et Juan Manuel Mata et, enfin, le médian portugais Manuel Fernandes pour 17 millions. Villarreal a dépensé 41 millions, Saragosse a acquis en dernier recours le Français Peter Luccin pour arriver à 33,7 millions, alors que Séville a également battu son propre record en déboursant 12 millions pour l'attaquant ivoirien Arouna Kone. Cela amène le total sévillan à 28,4 millions, sans un seul transfert sortant. Même Getafe a réussi à payer plus de 18,7 millions en achats de joueurs. Quant à Bilbao, même en ratant le retour d'Ezquerro, il a réussi à tout de même trouver assez de Basques pour arriver à une addition d'intersaison de 14,4 millions. Grand dépensier traditionnel, l'Atletico Madrid a vendu sa star Fernando Torres mais a claqué plus d'argent que jamais (78 millions) pour neuf joueurs, dont 21 millions pour l'ailier portugais Simao, 19 millions pour l'avant uruguayen Diego Forlan et 13 millions pour le buteur espagnol Jose Antonio Reyes, tout frais champion avec les voisins du Real. Le FC Barcelone avait déjà rapidement réagi à la déconvenue en championnat de la saison passée en faisant signer quatre joueurs d'expérience pour un total de 70 millions : les défenseurs Eric Abidal et Gabriel Milito, le médian défensif Yaya Toure et, last but not least, Thierry Henry qui a coûté 23 millions. Mais les dépenses les plus folles ont une fois de plus eu lieu à Santiago Bernabeu. Le président Calderon semble prendre du plaisir à mettre la main au portefeuille. N'en déplaise aux 475 millions dépensés en six ans par son prédécesseur Florentino Perez, Calderon avait déjà sorti 108 millions pour huit joueurs lors de sa première saison à la tête du Real et l'été dernier il a dépensé même plus : 119 millions pour à nouveau huit footballeurs dont Robben (36 millions), Pepe (28,8 millions), WesleySneijder (27 millions) qui ont fait sauter la banque à Madrid. Au total, en 12 mois et pour 16 nouveaux joueurs, cela fait plus de 227 millions d'euros ! Bien sûr, le Real a aussi récupéré une partie de la mise en vendant pour un total de 57 millions Ronaldo, J onathan Woodgate, Carlos Diogo, Diego Lopez, Raul Bravo, Alvaro Mejia, Emerson, AntonioCassano, Javier Portillo, Cicinho, Alvaro Negredo et Ruben De la Red. Ces chiffres vertigineux montrent à quel point Calderon voulait effacer son prédécesseur des mémoires des socios, mais aussi frapper encore un plus grand coup que l'an dernier. Pour le président merengue, il était temps pour une révolution et des têtes devaient tomber. Le Real avait beau avoir gagné le championnat pour la première fois en quatre ans, cela ne suffisait pas pour Calderon qui voulait en finir avec les coups de sifflet et les huées trop souvent entendues à Bernabeu la saison dernière. L'entraîneur Fabio Capello fut viré, à charge pour Bernd Schuster de le remplacer, après son expérience à Getafe. Le briefing donné à l' Angeblond est on ne peut plus clair : remporter la Liga avec brio et redonner au Real son style de jeu chatoyant. Madrid a tenté la touche anglaise, la samba brésilienne et la rigueur italienne, maintenant il est temps pour l'équipe à la tulipe. Une déclaration d'intention très claire. Même si on peut trouver une justification au limogeage de Capello dans l'attachement du club à déployer un football offensif et agréable à voir, il y a aussi un grain de folie à cette décision. Pourquoi dépecer une équipe à succès ? Et pourquoi remercier le coach qui a mis fin à la plus longue disette madrilène depuis 50 ans ? Calderon s'était expliqué : " Capello était le remède dont nous avions besoin à court terme, maintenant nous avons besoin d'autre chose ". En privé, on se rendait bien compte que Madrid avait eu une solide dose de chance pour décrocher le titre et que cela ne se reproduirait sans doute plus. Bref, la barre est au plus haut pour Schuster et les premières sorties n'ont pas rassuré les supporters madrilènes. La préparation fut terne avec cinq défaites avant que Séville n'humilie le Real chez lui, 3-5 en Supercoupe. Calderon convoqua une réunion de crise, pendant que Marca titrait en une la question que tout le monde se posait : " Où est le beau jeu ?" Entre-temps, le choc en ouverture de la saison contre les voisins de l'Atletico est déjà loin derrière. Les déclarations du président de l'Atletico, selon lesquelles " notre club pourrait causer un scandale à Bernabeu " ont fait office de catalyseur aux Galactiques. Du coup, le Real avait retrouvé vie, soudain l'enthousiasme refaisait surface et il n'était plus stupide d'avoir viré Capello. Le deuxième rendez-vous à Villarreal devait faire figure de test mais le Real écrasa son adversaire 0-5, avec un Sneijder intenable et auteur de 2 buts, Guti faisant le jeu et un capitaine Raul revigoré. Le beau jeu était là, visible. Ces deux premiers succès en préfiguraient d'autres, puisque le Real a vite pris la tête jusqu'avant le dernier week-end. Pourvu que ça dure, se disent les partisans du Real, mais pour l'instant ce sont eux qui chantent Viva la revolucion ! par sid lowe, esm