Brooklyn, 25 juin 2015, jour de la draft où les équipes NBA sélectionnent les meilleurs jeunes issus d'université ou du monde. Après la pire saison de leur histoire (17 victoires - 65 défaites), les Knicks de New York disposent du quatrième choix et peuvent choisir une perle rare qui pourra améliorer d'emblée le jeu de l'équipe. Alors que le meneur Emmanuel Mudiay ou l'arrière-ailier Justice Winslow sont toujours disponibles, c'est un relatif inconnu qui est choisi : Kristaps Porzingis. 2m21, 100 kilos tout mouillé, le jeune ailier-fort au nom facile à écorcher est directement pris à partie par le public new-yorkais qui le siffle et le hue copieusement alors qu'il monte sur le podium. L'image de ce jeune fan des Knicks en pleurs passera même en boucle sur le net et à la télévision américaine.
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Brooklyn, 25 juin 2015, jour de la draft où les équipes NBA sélectionnent les meilleurs jeunes issus d'université ou du monde. Après la pire saison de leur histoire (17 victoires - 65 défaites), les Knicks de New York disposent du quatrième choix et peuvent choisir une perle rare qui pourra améliorer d'emblée le jeu de l'équipe. Alors que le meneur Emmanuel Mudiay ou l'arrière-ailier Justice Winslow sont toujours disponibles, c'est un relatif inconnu qui est choisi : Kristaps Porzingis. 2m21, 100 kilos tout mouillé, le jeune ailier-fort au nom facile à écorcher est directement pris à partie par le public new-yorkais qui le siffle et le hue copieusement alors qu'il monte sur le podium. L'image de ce jeune fan des Knicks en pleurs passera même en boucle sur le net et à la télévision américaine. Pas de quoi l'impressionner : " Tout est entre mes mains. Ils me huent car ils ne me connaissent pas ou ne veulent pas d'Européen dans leur équipe. C'est à moi de transformer ces huées en chants et supports ", annonce-t-il quelques minutes après sa sélection. S'il est peu connu du grand public, celui qui l'a sélectionné ne l'est pas. Phil Jackson, l'illustre coach des Bulls de Michael Jordan et des Lakers du duo Shaquille O'Neal - Kobe Bryant, est aujourd'hui le président de la franchise new-yorkaise. Et quand le " Master Zen ", 11 fois champion, choisit un joueur, on devrait lui faire confiance. Stratège, cela ne l'a pas empêché de piquer son joueur au vif en le comparant à Shawn Bradley, une grande tige australienne de 2m29 ayant eu une carrière moyenne et souvent moqué pour sa dégaine. Ces critiques ont stimulé Kristaps Porzingis sans le blesser : " J'imagine que c'est ce que fait Phil Jackson. Motiver et pousser ses joueurs à travailler ", comme il l'explique au New York Post. Et la critique paie. Durant l'été, le Letton travaille sa masse musculaire et prend du poids pour affronter les mastodontes américains dans la raquette. Et alors qu'il était annoncé prêt pour la NBA d'ici 3 ou 4 ans, son impact sur le terrain se fait directement ressentir. Premier match contre les Bucks : 16 points, 5 rebonds, le rookie s'affirme directement. Et loin d'être un feu de paille, ses performances sont régulières, avec une pointe à 29 points contre Charlotte et 7 contres contre Minnesota. " Tout le monde disait que j'étais un projet d'avenir et que j'allais m'améliorer. Je suis déjà prêt ", dit-il à ESPN. Mobile, rapide, dangereux en attaque et en défense, à l'extérieur comme à l'intérieur, celui qui était critiqué est désormais encensé par ses pairs actuels comme passés. De son coéquipier Carmelo Anthony : " Il s'améliore de jour en jour ", à une légende comme Magic Johnson qui annonce qu'il était " le meilleur choix de la draft ". La comparaison la plus originale vient de Kevin Durant qui compare l'intérieur à... une licorne tant son profil semble irréel : " Il sait shooter, défendre, mettre des 3 pts, contrer, c'est rare. C'est la licorne de la ligue ". Européen, blanc, agile, l'ancien joueur de Séville est maintenant comparé à Dirk Nowitzki. Une analogie que l'Allemand réfute : " Il est en avance sur moi à la même époque. Il est bien meilleur que moi à 20 ans. La comparaison est probablement injuste pour lui ". Avec près de 14 points, 8 rebonds et 2 contres de moyenne, le jeune intérieur a déjà été élu meilleur rookie du mois de la conférence Est trois fois de suite. Seul Karl-Anthony Towns des Minnesota Timberwolves pourrait lui ravir le titre de meilleur rookie de l'année au terme de la saison. A la différence près que les performances du 4e choix de la draft ont permis aux Knicks de renouer avec la course aux play-offs... jusqu'à aujourd'hui. Avec un Carmelo Anthony de retour de blessure, quelques transferts et signatures (Robin Lopez et Aaron Afflalo) pour équilibrer l'effectif, les Knicks sont repartis cette année sur de bonnes bases. Début janvier, la franchise new-yorkaise avait déjà dépassé son total de victoires de l'année passée et flirtait avec la dernière place qualificative pour les play-offs dans une conférence Est, au mieux homogène, au pire faible. Incapables d'être réguliers et handicapés par la blessure de Carmelo Anthony, les Knicks sont toujours retombés au moment où ils pouvaient repasser à un bilan positif et accrocher la 8e place au classement. Et après un bilan catastrophique d'une victoire en neuf matchs, la sentence est tombée : le coach Derek Fisher, pourtant un protégé de Phil Jackson, est mis à la porte. Porzingis en est le premier surpris : " Cela a été un choc pour moi. Ces dernières semaines ont été difficiles. Personne n'est heureux de perdre. Cela nous déprime un peu mais nous essayons de rester positifs ". Il aura pu entre-temps se consoler lors du All-Star Weekend où il a été sélectionné parmi les meilleurs rookies pour représenter la World Team : " Un rêve qui devient réalité pour moi en espérant être sélectionné à l'avenir pour le All-Star Game ". Ambition et détermination. Avec moins de 30 matchs à jouer, il faudrait plus qu'un électrochoc aux Knicks pour accrocher les play-offs cette année. L'entreprise de reconstruction continue en tout cas pour Phil Jackson avec un nouvel entraîneur à débaucher pour la saison prochaine et des joueurs libres comme Mike Conley à convaincre voire des transferts à effectuer d'ici quelques jours. Preuve de son importance, le Letton est avec Carmelo Anthony le seul joueur qui est assuré de porter le maillot des Knicks jusqu'à la fin de la saison. Phil Jackson sait pertinemment qu'il détient une perle rare dans son effectif et ne répondra à aucun coup de téléphone des autres dirigeants. Attaché aux Knicks, son avenir et celui de l'équipe semblent être liés. Porzee a conquis New York, ses fans et une bonne partie de la NBA. Derrière Stephen Curry, Lebron James et Kobe Bryant, il est même le quatrième joueur au classement des ventes de maillots sur la période d'octobre à décembre 2015 ! Tout cela devant des cadors comme Kevin Durant, Russell Westbrook, Kyrie Irving et autres James Harden. Et même le jeune garçon en pleurs à la draft se pavane désormais avec un maillot floqué du numéro 6 de Porzingis. PAR GEORGES XOURAS - PHOTO REUTERSIl est le quatrième joueur au classement des ventes de maillots derrière Curry, James et Bryant.