Les dirigeants du Royal Excel Mouscron avaient beau se dire " confiants " dans l'obtention de la licence, ils ont tout de même poussé un gros soupir de soulagement, mercredi passé, lorsque la Cour Belge d'Arbitrage du Sport a rendu un verdict favorable. " En effet, nous sommes très heureux de l'issue ", confirme le porte-parole du club, NicolasCornu. " Nous allons enfin pouvoir nous atteler à la préparation de la saison prochaine. Car, ni l'entraîneur, ni les joueurs, ne veulent évidemment s'engager dans un club sans avoir la certitude que celui-ci évoluera bien en D1A. Nous avons déjà perdu beaucoup de temps. "
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Les dirigeants du Royal Excel Mouscron avaient beau se dire " confiants " dans l'obtention de la licence, ils ont tout de même poussé un gros soupir de soulagement, mercredi passé, lorsque la Cour Belge d'Arbitrage du Sport a rendu un verdict favorable. " En effet, nous sommes très heureux de l'issue ", confirme le porte-parole du club, NicolasCornu. " Nous allons enfin pouvoir nous atteler à la préparation de la saison prochaine. Car, ni l'entraîneur, ni les joueurs, ne veulent évidemment s'engager dans un club sans avoir la certitude que celui-ci évoluera bien en D1A. Nous avons déjà perdu beaucoup de temps. " Et ce n'est pas la première fois. Voilà trois ans, en effet, que les Hurlus passent par le chas de l'aiguille. Sur le plan sportif comme sur le plan administratif. À chaque fois, ils s'étaient sauvés sportivement lors de la dernière journée. Et à chaque fois, leur licence avait été contestée par le club qui était descendu à leur place. Ce fut d'abord le Cercle Bruges, puis OHL l'an passé, et enfin Westerlo (relégué en D1B) et Lommel (relégué en D1 Amateur) cette saison. L'OHL n'a d'ailleurs toujours pas digéré cette relégation. Le président ad interim du club brabançon, ChrisVandebroeck, l'a encore répété au terme de la dernière journée des play-downs de D1B qui avait vu OHL se sauver au détriment de Lommel. " L'an passé, nous avons peut-être gaspillé trop d'énergie dans le dossier Mouscron et négligé la préparation de cette saison en D1B, en sous-estimant la qualité de cette division et ses caractéristiques très physiques. Cela a failli nous coûté une nouvelle relégation en D1 Amateur. Je suis heureux du maintien, mais je compatis au sort de Lommel. Si les Limbourgeois souhaitent notre soutien pour leur recours à la CBAS, nous le leur apporterons. Car voilà trois ans que Mouscron obtient sa licence alors qu'il n'aurait pas dû l'avoir. Cela a assez duré. Cette année, au moins, la Commission des Licences n'a pas délivré le précieux sésame aux Hurlus. J'espère que la Cour Belge d'Arbitrage du Sport ira dans le même sens. " Mais, une fois encore, la CBAS a validé le dossier mouscronnois. D'un côté, cela signifie que le REM a répondu à toutes les exigences. D'un autre côté, ces contestations laissent penser que tout n'est pas clair. Car on ne peut pas tout mettre sur le compte du communautaire. La disparité financière entre la D1A et la D1B est telle qu'on peut comprendre que le club relégué mette tout en oeuvre pour sauver sa peau, au besoin sur le tapis vert. " Là, je vous arrête ", coupe EdwardVandaele, l'ancienprésident duREM qui défend encore les intérêts du club en sa qualité d'avocat. " Moi, je ne comprends pas ces contestations. Lorsqu'on a été battu sur le terrain, il faut pouvoir s'incliner. Et lorsque la Commission des Licences ou la CBAS prend une décision, il faut pouvoir l'accepter. " Du côté de ces clubscontestataires, on répondra évidemment que l'on veut bien se montrer fair-play à condition que l'adversaire joue le jeu sans tricher. Or, ils ont l'impression que ce n'est pas le cas de l'Excel. Que contestent les clubs relégués ? Le fait que l'Excel soit géré par des agents, la provenance des fonds, l'adéquation du budget... " Tout découle d'une méconnaissance du dossier ", poursuit Vandaele. " Jadis, le RMP (le nom du club à l'époque) avait effectivement cédé 90 % de ses actions à GolMalta, qui comprenaitdes agents de joueurs dansson organigramme. Lorsque l'Union belge nous a faitcomprendreque les agents de joueurs étaientinterdits dans la direction d'un club, nous avons demandé à ceux-ci de sortir. Les parts de GolMaltaontété rétrocédées à Latimer, une société qui possède des chaînes de télévision et des médias sportifs en Israël, mais ne compte aucun agent de joueurs en ses rangs. Ensuite, l'Union belge a encore durci ses exigences en matière de licence, et a non seulement interdit la présence d'agents de joueurs mais également réglementé sévèrement la circulation d'argent. Nous noussommes adaptés, là aussi. Aujourd'hui, nous sommes en règle à ce sujet, et la CBAS l'a bien compris. Mais cela devient fatigant de toujours devoir se défendre contre les attaques. J'espère que nos adversaires finiront par se fatiguer, aussi. " Mais visiblement, Westerlo ne se fatigue pas et n'a pas l'intention d'abandonner. Il l'a déjà fait savoir au lendemain du verdict. Et maintenant que la licence est accordée ? " La priorité, c'est de se mettre à table avec l'actionnaire majoritaire pour essayer de lui faire comprendre qu'il faut changer de cap ", affirme le président PatrickDeclerck. " Je pense que nous avons suffisamment d'arguments pour le convaincre, il suffit de regarder le classement. Ce n'est pas parce que l'on attire 11 jeunes joueurs dont le patronyme se termine en ic que l'on possède une équipe capable de tenir la route en D1A. " Mais Mouscron aura-t-il le choix ? " L'Excel n'est pas le seul club à avoir confié sa destinée à des investisseurs étrangers ", constate Declerck. " S'il n'y avait pas eu le LOSC puis Latimer, on trouverait actuellement des vaches sur la pelouse du Canonnier. " Une autre priorité sera de se mettre à table avec MirceaRednic. " Je suis content de lui et j'aimerais bien le garder, mais pas à n'importe quel prix. " Et puis, il y a l'aspect commercial. " Je suis satisfait du département business, cela a bien fonctionné cette saison. En ce qui concerne les supporters, on aimerait les voir un peu plus nombreux dans les gradins, mais nous avons aussi notre part de responsabilité dans cette désaffection : si nous leur offrions un meilleur football, ils seraient sans doute plus enclins à nous encourager. Nous avons réalisé une enquête auprès d'eux pour connaître leurs souhaits. Nous essaierons d'en tenir compte, mais il y a quasiment autant de desiderata qu'il y a de supporters. Je suis un industriel et je pensais qu'un club de football se gérait comme une entreprise. Je suis surpris de constater à quel point c'est différent. " par Daniel Devos - photo Belgaimage