Vous allez rire, ou me croire parti pour déconner : Axel Witsel me rappelle Gert Verheyen. Ça y est, je vous vois d'ici, les larmes vous viennent, la comparaison est loufoque, ma bêtise vous suffoque,... je continue d'être un obsédé/nostalgique du grand Brugeois retraité depuis deux saisons ! Pourtant je persiste. Comme Verheyen, Witsel est un raisonneur rarissime, l'inverse du joueur offensif instinctif et suicidaire : ne perdant JAMAIS un bête ballon, ne risquant le défi balle au pied qu'à l'endroit opportun, bossant défensivement même si son poste et ses envies le portent davantage vers l'attaque, dénué de réticence à employer son mauvais pied (le gauche) dans les mouchoirs les plus compacts, privilégiant systématiquement le collectif. Comme Verheyen, Witsel est d'abord une intelligence qui ne perd jamais le nord sur 90 minutes, un de ces polyvalents de sang-froid dont les coache...

Vous allez rire, ou me croire parti pour déconner : Axel Witsel me rappelle Gert Verheyen. Ça y est, je vous vois d'ici, les larmes vous viennent, la comparaison est loufoque, ma bêtise vous suffoque,... je continue d'être un obsédé/nostalgique du grand Brugeois retraité depuis deux saisons ! Pourtant je persiste. Comme Verheyen, Witsel est un raisonneur rarissime, l'inverse du joueur offensif instinctif et suicidaire : ne perdant JAMAIS un bête ballon, ne risquant le défi balle au pied qu'à l'endroit opportun, bossant défensivement même si son poste et ses envies le portent davantage vers l'attaque, dénué de réticence à employer son mauvais pied (le gauche) dans les mouchoirs les plus compacts, privilégiant systématiquement le collectif. Comme Verheyen, Witsel est d'abord une intelligence qui ne perd jamais le nord sur 90 minutes, un de ces polyvalents de sang-froid dont les coaches raffolent d'autant plus qu'ils sont en outre capables de mettre des goals au fond, remember Everton ! Verheyen en mit beaucoup, avec un jeu de tête et des périodes en pointe ; Witsel n'est pas au bout de son évolution... La grande différence entre eux deux, celle qui vous a fait penser d'emblée que ma comparaison était foireuse, c'est la beauté ! Leur impact sur le jeu est similaire, les manières d'y arriver sont aux antipodes. Verheyen était inesthétique, ce qui en faisait un bourrin pour le zyeuteur de foot superficiel, celui qui confond l'académisme et l'habileté : Comme Jan Ceulemans son prédécesseur, comme Marc Wilmots son contemportain, Gert était doté d'une technique sûre, bien supérieure à la moyenne, mais hachée, non fluide, pas vraiment belle à voir. Verheyen était un bûcheron. Witsel, quoique solide, est en perpétuelle apesanteur : la grâce, le foot vu du ciel... Witsel est une libellule. Vous allez rire encore, ou me croire reparti en déconnage obsessionnel : Aragon Espinoza me fait repenser... à Gert Verheyen ! Pas comme Witsel, mais parce qu'Aragon est lui aussi un bûcheron, un tâcheron, un pas beau à voir, presque soupçonné d'être autodidacte tant il semble avoir acquis sa gestuelle dans une pochette-surprise ! Un pas beau, mais un efficace : puisqu'il gagne parfois des matches en sauvant des buts, et qu'il s'arrange toujours pour faire sa connerie lors d'un match où la connerie ne porte finalement pas à conséquence, remember Everton encore ! Grand spécialiste des ballons relâchés (à moins qu'il les arrête en deux temps par conviction personnelle !), Espinoza hérisse les poils de tous les entraîneurs de gardiens du royaume, sans hérisser les miens : j'ai toujours eu du mal à disséquer les qualités/défauts des keepers du top, ne me demandez pas si Gianluigi Buffon est supérieur à Iker Casillas ou à Peter Cech, je n'ai pas d'avis... Mais à un poste où les frimeurs ont de quoi frimer et où la légende veut qu'il faille être un peu fou pour exceller, Espinoza semble être atteint d'une folie atypique et sans frime... ou est moins fou qu'il n'y paraît : sans doute doté de qualités cachées, pour preuve l'énigmatique remarque de Laszlo Bölöni affirmant qu'Aragon avait "dicté merveilleusement le rythme du match" face à Everton ! Everton est out et mérite de l'être. Ainsi vont le foot du top, son charme et ses excès : plus les clubs sont friqués, plus ils dépensent sans compter... pour n'être qu'un peu plus forts sur papier, et quand même parfois se casser la pipe face à moins riche qu'eux. Marouane Fellaini va donc évoluer dans une équipe guère meilleure que son ex, mais va rencontrer de meilleurs adversaires et toucher un meilleur salaire. En croisant de meilleurs arbitres ? Hé, hé, pas sûr : Marouane, notamment parti parce que ceux d'ici l'avaient selon lui dans le nez, vient déjà de se ramasser deux cartons jaunes en trois matches ! Meilleur qu'Everton, le Standard se maintiendrait donc en Premier League ? Voire : en foot, "La vérité d'un jour n'est pas... " vous connaissez la suite ! Et ça n'implique en tout cas pas, contrairement à l'ânerie en vogue, que les Liégeois ont soudain et désormais "10 ans d'avance sur Anderlecht et les autres" : baratiner/long terme est un leurre dans le foot-bizness ! Je trouve plutôt que Rouges et Mauves ont finalement fait kif et comme tout le monde durant ces dix dernières années : à savoir vendre et acheter à gogo en espérant la bonne formule, sauf que les Liégeois sont enfin tombés dessus, alors que les Bruxellois la cherchent encore ! Demain, Witsel ou Steven Defour peuvent se tailler comme Fellaini, tandis qu' Ariel Jacobs (ou son successeur) peut tomber sur une combinaison d'équipe tout à coup performante. Et la roue du foot, celle des transferts et des polémiques, continuera de tourner pour notre amusement. par bernard jeunejean