Sabah Malki, jeune attaquant de 21 ans, a été enrôlé par Roulers il y a de cela deux semaines. Il évoluait en D2 à l'Union, où il a fait forte impression durant la première partie de la saison. Courtisé par de nombreux clubs, il a opté pour une équipe qui vient d'être promue en espérant s'y intégrer le plus rapidement possible. Mais son transfert n'a pas été simple. L'Union a tenté de s'opposer à son passage parmi l'élite mais rien n'y a fait !
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Sabah Malki, jeune attaquant de 21 ans, a été enrôlé par Roulers il y a de cela deux semaines. Il évoluait en D2 à l'Union, où il a fait forte impression durant la première partie de la saison. Courtisé par de nombreux clubs, il a opté pour une équipe qui vient d'être promue en espérant s'y intégrer le plus rapidement possible. Mais son transfert n'a pas été simple. L'Union a tenté de s'opposer à son passage parmi l'élite mais rien n'y a fait ! Sabah Malki : Mon transfert à Roulers a définitivement été conclu le mardi 17 janvier en soirée. Ce club s'était déjà renseigné à mon égard la saison passée et avait donc déjà conscience de mon potentiel. Comme beaucoup d'autres formations, Roulers était à la recherche d'un buteur rapide qui joue en profondeur à la limite du hors jeu, ce qui correspondait exactement à mon profil. C'est en ce début d'année que leur intérêt est devenu de plus en plus concret. Les négociations intensives ont duré environ une semaine. La raison est évidente : l'Union ne voulait pas me laisser partir. Son manager général Jacques Swalens a tenté en vain de me conserver. D'un côté, je les comprends... J'ai inscrit neuf buts pour l'Union en une demi-saison. Ce qui m'arrive pour le moment, c'est vraiment du bonus. De plus, mon nouvel entraîneur, Dennis Van Wijk, m'a assuré du fait que je ne suis pas là pour faire de la figuration. Il a vraiment confiance en moi et c'est une des raisons pour lesquelles je vais me donner à fond. J'espère juste ne pas me blesser. Pas grand-chose, à part le trajet. J'habite à Bruxelles et Roulers n'est donc pas tout près. Mais je rentre à la maison à la même heure que lorsque j'évoluais à Saint-Gilles. Je fais la route avec Sébastien Dufour, un ancien joueur de Waasland, que je connaissais et qui facilite mon intégration. En plus, tout le monde parle français à Roulers. Au début, je craignais le paramètre de la langue. Mais tout se déroule pour le mieux. C'est aussi un club très familial qui privilégie les relations humaines. Les dirigeants ne visent pas uniquement les résultats. Il faut qu'une saine atmosphère règne continuellement. Au niveau des infrastructures, le stade est mieux que le Parc Duden et des travaux ont été récemment effectués pour l'agrandir. Pour ce faire, une nouvelle tribune a déjà été érigée. Les terrains d'entraînement sont également en meilleur état. Le niveau de jeu change aussi du tout au tout. C'est autre chose évidemment ! Une expérience en D1 se prépare, tant mentalement que physiquement. J'apprends véritablement tous les jours et mes nouveaux partenaires m'aident énormément. Mon nouvel environnement est parfait pour cette nouvelle expérience. Je me suis déjà fait plein d'amis car le noyau est assez jeune. Au niveau financier, ma situation a évidemment changé. J'ai un bon contrat. D'autres équipes de D2 me proposaient plus d'argent encore mais cela ne m'intéressait pas. Oui quand même ! Mon ancien président, Giovanni Ravasio, et les autres dirigeants ne voulaient vraiment pas me voir quitter Saint-Gilles si tôt mais au final, je les remercie d'avoir fait preuve de compréhension. Mais attention, à aucun moment le ton n'est monté. Je vais toujours assister aux matches de l'Union à domicile. Quand j'en ai le temps, ça me fait vraiment plaisir. Mais ce n'est pas évident : il faut que je me concentre sur mon adaptation. Jusqu'à présent, j'ai toujours eu besoin de deux ans pour progresser et atteindre mon niveau optimal par rapport au championnat dans lequel j'évolue. En d'autres termes, j'espère être totalement affûté dans deux saisons. Cependant, j'imagine que ma progression devra être beaucoup plus rapide car on n'a pas le droit à l'erreur parmi l'élite. Oui. La saison passée, le Sporting de Charleroi s'était déjà montré très intéressé, notamment par l'intermédiaire d'Abbas et de Mogi Bayat. Ce rapprochement était très concret mais à l'époque, je souhaitais encore rester à l'Union car le club venait d'être promu en D2 et j'étais également encore sous contrat. C'est donc pourquoi j'ai décidé d'attendre. Mais malgré mon transfert à Roulers, le Sporting de Charleroi continue toujours à me courtiser. D'autres formations de D2 m'ont aussi fait les yeux doux. J'ai refusé tout en bloc parce que si je devais quitter l'Union, c'était uniquement pour gravir un échelon supplémentaire. Le Stade de Reims, club de Ligue 2 française, m'a aussi fait du pied. Mais je ne voulais pas évoluer en Ligue 2. Notre D1 est tout de même d'un niveau supérieur. J'avais également une opportunité au FC Brussels mais mon éventuel transfert n'aurait pas été finalisé avant la fin de saison. Je ne voulais vraiment plus attendre ! C'est incontestablement un super club. L'ambiance y est extrêmement chaleureuse. Les dirigeants étaient très courtois et les infrastructures mises en place d'un excellent niveau pour la D2. Sans oublier le public : il est fantastique. Je tiens à remercier tout particulièrement le coach Joe Tshupula. Il a compris que je voulais encore progresser et a bien pris mon départ. Il a surtout conscience du fait qu'un de mes v£ux les plus chers s'est réalisé. Depuis tout petit, je n'ai cessé de répéter à ma mère qu'un beau jour, je passerais à la télé. C'est presque fait. Toute ma famille est ravie pour tout ce qui m'arrive pour l'instant. J'ai deux frères et quatre s£urs dont trois sont mariées. Le résultat : six petits neveux ! Non. J'ai quitté la Syrie quand j'avais six ans et depuis, je n'y ai plus mis un pied. Je n'ai gardé presque aucun souvenir. J'étais trop petit. J'ai quelques attaches en Allemagne car une grande partie de ma famille y vit. Nous sommes tous araméens. C'est une ethnie qui n'a pas de pays propre. Au niveau religieux, je suis orthodoxe. Je pratique aussi l'araméen, la langue de Jésus. Je suis capable de le parler, l'écrire et logiquement de le lire. J'ai suivi des cours de catéchisme dans cette langue. En réalité, l'araméen a une forte consonance arabe. Auparavant, j'avais pour habitude de me rendre à l'église mais actuellement, je n'ai plus le temps. Cependant, je reste très croyant. La religion m'aide à tout le temps garder espoir et à viser plus haut. Actuellement, je me sens très en confiance. J'ai inscrit neuf buts pour le compte de l'Union, toutefois, j'aurais pu faire mieux. J'ai manqué énormément d'occasions. Habituellement, j'ai une certaine aisance devant la cage. Je pense avoir le sens du but. Je ne me débrouille pas mal de la tête et presse le plus possible le porteur du ballon. Je suis très travailleur et sur le terrain, je me défonce littéralement pour mes coéquipiers. Mais techniquement, j'ai accumulé un gros retard. Je ne me suis inscrit en club qu'à l'âge de 15 ans et je n'ai pas emmagasiné toutes les bases importantes. Avant mes 15 ans, j'avais l'habitude de jouer en rue ou au parc du matin au soir avec quelques copains. C'est rare de s'affilier aussi tardivement mais je suis parvenu à progresser très vite. Je me suis d'abord inscrit au SCUP Jette, en 2e Provinciale avant qu'il ne fusionne. J'y ai joué un an en Scolaires puis j'ai immédiatement été sélectionné pour la Première, sans passer par les Juniors. Honnêtement, je ne considère que le court terme. Je veux m'imposer à Roulers en tant que titulaire le plus vite possible. Ce ne sera pas chose aisée car je tiens à rester les pieds sur terre. J'ai beau me sentir sur nuage, il va falloir qu'à un moment, je descende dans la réalité. Je sais d'où je viens. Ma famille s'est toujours battue pour qu'on ait une meilleure situation. Au début, rien n'était facile et mon transfert à Roulers constitue aussi une récompense pour mes parents. Ils en ont vu de toutes les couleurs. Un autre de mes rêves serait d'évoluer un jour en Bundesliga pour me rapprocher de ma famille. En plus, j'adore ce pays. Mais rien ne sert de supputer... tout ce que je veux, c'est être présent sur la feuille de match de Dennis Van Wijk et que l'on termine le plus haut possible ! TIM BAETE