La Juventus est championne d'hiver. Depuis l'avènement de la victoire à trois points, jamais une équipe n'était parvenue à décrocher ce titre honorifique deux journées avant la fin du premier tour. Le rythme soutenu par les Bianconeri est extraordinaire. Jusqu'ici, ils n'ont abandonné que cinq points (sur 51 possibles) soit six de moins que la saison dernière. La Juventus peut regarder le futur avec confiance. Depuis l'introduction de la victoire à trois points, l'équipe turinoise a viré cinq fois en tête et a été sacrée championne à quatre reprises. Les stats de son entraîneur, FabioCapello, ne sont pas moches non plus : six de ses huit titres de champion d'hiver se sont transformés en scudetto au printemps.
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La Juventus est championne d'hiver. Depuis l'avènement de la victoire à trois points, jamais une équipe n'était parvenue à décrocher ce titre honorifique deux journées avant la fin du premier tour. Le rythme soutenu par les Bianconeri est extraordinaire. Jusqu'ici, ils n'ont abandonné que cinq points (sur 51 possibles) soit six de moins que la saison dernière. La Juventus peut regarder le futur avec confiance. Depuis l'introduction de la victoire à trois points, l'équipe turinoise a viré cinq fois en tête et a été sacrée championne à quatre reprises. Les stats de son entraîneur, FabioCapello, ne sont pas moches non plus : six de ses huit titres de champion d'hiver se sont transformés en scudetto au printemps. La Juventus est un rouleau compresseur : elle a remporté ses neuf rencontres à domicile, n'a perdu qu'une seule fois sur huit en déplacement (à Milan), possède la deuxième meilleure attaque (38 buts pour 39 à Milan) et la meilleure défense (9 buts encaissés). " 2005 a été une année trop positive ", avoue Capello dont l'équipe est en tête du championnat depuis la première journée de la saison dernière, soit depuis 54 journées. " Il est très difficile de se maintenir à un tel niveau mais nous essayerons de faire mieux encore ". Tous ces chiffres ne satisfont pas complètement Fabio Capello qui, en son for intérieur, considère que la victoire en Ligue des Champions est plus importante qu'un deuxième titre consécutif avec la Juve et le 29e du club. Si le coach ne le déclare pas ouvertement, certains joueurs ne s'en privent pas. Ainsi DavidTrezeguet n'y va pas par quatre chemins : " La Juventus est forte, déterminée, affamée de victoires. Il n'y a personne comme nous en Europe. Chaque match de championnat est une occasion de prouver que nous voulons aller toujours plus loin. Mais la compétition que nous affronterons avec une rage encore plus forte, c'est la Ligue des Champions. Elle ne doit pas nous échapper ". ZlatanIbrahimovic est sur la même longueur d'onde que son compagnon d'attaque. Il n'a pas oublié non plus que Fabio Capello voulait absolument l'avoir parce qu'il voyait en lui l'héritier de MarcovanBasten : " La Juventus, c'est le top du top en Europe. D'ailleurs, je ne m'imagine nulle part ailleurs. Je confirme que l'entraîneur m'a appelé un jour dans sa chambre d'hôtel. Il m'a montré deux ou trois minutes d'actions de l'attaquant hollandais en me disant que je pouvais devenir comme lui. Le stade, c'est un théâtre, un endroit où je me sens bien, où je m'amuse. Les jeux simples ne me plaisent pas. Les coups que je reçois ne me pèsent pas. En Italie, j'en prends plus qu'aux Pays-Bas. Pourtant, je n'entends pas pour autant changer ma manière de me comporter sur un terrain, même si un dribble en moins me permettrait d'éviter quelques interventions rugueuses de la part des défenseurs adverses ". Auteur de quelques buts dignes d'extraterrestres, Ibrahimovic est un des rares joueurs du Calcio qui enchante le public. Et il n'est pas avare de beaux gestes. Ainsi après avoir vu une publicité pour des nouvelles chaussures où Ronaldinho multipliait les reprises de volées, le Suédois a lancé : " C'est fou ce que l'on peut faire avec un ordinateur, mais moi, mes gestes sont vrais ". Vrais comme ses tonitruants Mammamia ! ! qu'il hurle chaque fois qu'il marque un beau but ou qu'il effectue un splendide mouvement ponctué par une passe en or : " Attention, je sais que c'est le titre d'une chanson d' Abba, des Suédois comme moi, mais cela n'a rien à voir. J'ai piqué cette expression à StephanAppiah, qui la prononce souvent ". La Juventus allie une grande habileté technique à une forte présence physique. Avec 393 fautes commises, elle arrive en tête de ce classement avec 24 fautes de plus que l'Udinese, deuxième, et 117 de plus que Milan, la formation la plus correcte. La Juventus semble plus forte que l'année dernière. Même les blessures de GigiBuffon et de Jonathan Zebina n'ont pas freiné sa marche en avant. Il est vrai que Capello a trouvé le juste équilibre en défense en déplaçant Gianluca Zambrotta à droite et en alignant GiorgioChiellini à gauche. Ses principaux concurrents en sont conscients. Deuxième avec huit points de retard, l'Inter a fini la première partie de la saison avec six victoires d'affilée. La formation de RobertoMancini avait terminé la saison 2004-2005 en crescendo, remportant en guise de consolation la Coupe et la Supercoupe. La quadrature du cercle semblait trouvée quand, au début de ce championnat, les vieux démons ont ressurgi. Sur le plan tactique, les lacunes étaient criantes. Mancini n'était pas le seul responsable mais il n'avait pas toujours aligné les joueurs à leurs places de prédilection. Quant à Milan, troisième à 9 points, il a éprouvé de grosses difficultés en défense en début de compétition. Du coup, on a prétendu que la ligne arrière était trop vieille. La suite des événements a prouvé que le problème n'était pas là mais plutôt dans le vestiaire où certains joueurs n'ont pas bien supporté les choix de CarloAncelotti. Selon certains observateurs, Kaka aurait laissé entendre que l'entraîneur était arrivé au bout de son règne. Propos que l'artiste brésilien s'est empressé de démentir. Et le patron, SilvioBerlusconi, qui n'en est pas à une déclaration choc près, avait même ajouté que l'arrivée de Marco van Basten était plus imminente qu'on ne le pensait. Depuis, tout est rentré dans l'ordre, Milan reste engagé sur tous les fronts et, des trois grands, c'est l'équipe qui pratique le plus beau football. Après avoir retrouvé sa santé financière grâce à son patron DiegoDellaValle, la Fiorentina n'est qu'à un point de Milan. Il semble toutefois peu probable que le titre échappe à l'un des trois premiers classés. Evidemment, tout peut arriver dans un championnat qui, s'il est moins emballant que la Liga et la PremierLeague au point de vue esthétique, n'en reste pas moins le plus dur. Tout cela ne doit pas faire oublier que le Calcio traverse une grave crise financière. La licence européenne a permis de remettre certaines choses en place mais le fossé entre les clubs riches et les autres n'arrête pas de se creuser. Les clubs riches deviennent plus riches et investissent toujours plus tandis que les pauvres deviennent plus pauvres. On ne compte plus les faillites et les repêchages parfois incompréhensibles. Sur cela se greffe la baisse régulière de l'assistance dans les stades. De nombreux facteurs expliquent cette fuite du public mais la violence y est pour beaucoup. Inactif pendant longtemps, le pouvoir politique a réagi à la va-vite. Au lieu de s'attaquer aux racines du mal, il a tenu à ce que tous les tickets soient nominatifs. Ainsi, il faut se présenter avec une pièce d'identité, et si on est accompagné par un gosse de moins de 12 ans, qui n'a pas encore sa carte d'identité, il faut amener son carnet familial. Une personne peut acheter au maximum dix places mais, dans ce cas, elle doit donner les noms de tous ses accompagnants. Ces tracasseries administratives n'empêchent pas les groupes racistes de crier leur haine envers les joueurs de couleur et de brandir des banderoles affichant leurs idées. Sur le terrain, certains joueurs ne donnent pas l'exemple. Ainsi PaoloDi Canio, qui avait déjà été suspendu pour avoir effectué le salut romain l'année dernière, a répété son geste. La justice sportive lui a infligé une journée de suspension : c'était un minimum. Car il est utile de préciser que le fascisme évoque dans l'imaginaire collectif la possibilité du recours à la violence et que celle-ci est vraiment la dernière chose dont on a besoin dans les stades. NICOLAS RIBAUDO