"Nous avançons bien mais nous ne sommes pas au bout de nos peines et les dernières semaines du mercato sont toujours les plus difficiles. " Luc Devroe a eu du boulot pour finaliser les transferts d' Ognjen Vranjes et de Landry Dimata mais ça ne l'a pas abattu. Il semble même particulièrement relax. Pendant qu'il nous parle, on entend Karim Belhocine crier : " Good ball. On the ground ! Appuyez vos passes. " Les oreilles des invités au premier entraînement d'Anderlecht au centre national de football de Tubize - pour la plupart des présidents de clubs de supporters - bourdonnent encore.
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"Nous avançons bien mais nous ne sommes pas au bout de nos peines et les dernières semaines du mercato sont toujours les plus difficiles. " Luc Devroe a eu du boulot pour finaliser les transferts d' Ognjen Vranjes et de Landry Dimata mais ça ne l'a pas abattu. Il semble même particulièrement relax. Pendant qu'il nous parle, on entend Karim Belhocine crier : " Good ball. On the ground ! Appuyez vos passes. " Les oreilles des invités au premier entraînement d'Anderlecht au centre national de football de Tubize - pour la plupart des présidents de clubs de supporters - bourdonnent encore. Après une première séance de plus de deux heures et demie, une chose est sûre : au cours des prochaines semaines, le nouveau bataillon d'Anderlecht va devoir s'habituer aux ordres stricts de Hein Vanhaezebrouck. Le staff n'était pas totalement satisfait des résultats des tests à l'effort classiques et des nouveaux tests SpartaNova, qui servent à mesurer des paramètres comme la souplesse, la coordination et l'équilibre. Mais Vanhaezebrouck ne serait pas lui-même s'il ne mettait pas la barre extrêmement haut. Ceux qui ne suivent pas seront écartés. " Je ne vais pas diminuer le niveau d'exigence parce que certains ne suivent pas. Ceux qui sont à la traîne devront fournir un effort pour rattraper leur retard. " Anderlecht 2018 - 2019 est un patchwork de nationalités - un Portugais, un Hondurien, un Ukrainien, un Zimbabwéen, un Ghanéen, un Japonais, un Néerlandais, un Albanais, un Croate, un Congolais, trois Français, deux Serbes et une douzaine de Belges. On remarque aussi la présence de nombreux jeunes, dont certains sont à peine pubères. L'âge moyen est passé de 26 à 23,5 ans, ce qui constitue un avantage incontestable pour Vanhaezebrouck : plus tôt il les a sous ses ordres, mieux il peut les façonner à son image. Cela diminue aussi les chances de rébellion interne. Devroe et Vanhaezebrouck se sont mis d'accord pour rajeunir le noyau et ne dévient pas de leur ligne de conduite. D'une part parce que, selon Vanhaezebrouck, Anderlecht possède les meilleurs jeunes du pays. D'autre part, le club doit tenir compte de la réalité économique. Un talent étranger coûte moins cher quand on l'engage jeune. Dans cette optique, il n'est pas étonnant qu'Anderlecht ait refusé de transférer Matz Sels. " Thomas Didillon a beaucoup de potentiel, il a quatre ans de moins que Sels et est bien moins cher ", dit Devroe. Vanhaezebrouck est bien conscient du challenge que représente le fait de devoir travailler avec un groupe aussi jeune. Anderlecht s'est engagé sur une nouvelle voie et la motivation doit servir de moteur, tout comme la nouvelle dynamique qui règne au sein du club. " Je sens qu'un vent nouveau souffle, nous voulons aller de l'avant et rajeunir ", dit Vanhaezebrouck. " Comptez le nombre d'équipes d'âges qui ont été championnes et le nombre d'internationaux que nous possédons parmi nos jeunes. N'est-il dès lors pas logique qu'Anderlecht entame la saison avec un noyau rajeuni ? C'est la direction que nous devons prendre. Nous devons veiller à ce que la moyenne d'âge ne remonte pas, comme ce fut trop souvent le cas ces dernières années. Ce que l'Ajax fait aux Pays-Bas - lutter pour les trophées chaque année avec des jeunes - Anderlecht doit pouvoir le faire en Belgique. " Les jeunes attirés à Bruxelles par le trio Devroe-Vanhaezebrouck- Coucke présentent plus ou moins les mêmes caractéristiques. Ils sont sûrs d'eux, modestes, ambitieux, légèrement audacieux et fiers de porter le maillot anderlechtois. " J'ai signé à l'instinct ", dit Elias Cobbaut, venu du FC Malines. " Il est possible que je me retrouve sur le banc mais quand on fait un choix, on doit l'assumer jusqu'au bout. Je me demande parfois s'il est vrai qu'Anderlecht a déboursé trois millions d'euros pour moi. Je n'arrive pas à croire que je vaux autant. Mais une fois sur le terrain, je ne pense plus à ce montant. J'aime jouer au foot et on ne m'en demande pas plus. Que le club ait déboursé un million et demi, trois millions ou 500.000 euros, ce n'est plus mon problème. " Olivier Deschacht est une des victimes de la cure de rajeunissement. Selon Devroe & Cie, il aurait barré le chemin de Sebastiaan Bornauw - un costaud - et Hannes Delcroix. " Il n'est jamais facile de prendre congé de quelqu'un. J'ai vécu cela avec Philippe Clement à l'époque. Mais à un certain moment, il faut prendre une décision. On peut toujours dire que nous avons besoin de joueurs expérimentés pour encadrer les jeunes mais je pense que, pour cela, nous devons chercher des joueurs qui ont entre 26 et 30 ans. Un joueur de trente-trois ans, ça doit déjà être une exception. " Pour Ollie, c'est un départ en mineur. Devroe n'a pas estimé nécessaire de créer une fonction pour celui qui a battu plusieurs records du club au cours des dernières saisons. Pour Devroe, il y a déjà suffisamment de monde à Neerpede et engager Deschacht serait allé à l'encontre de la nouvelle ligne de conduite de Marc Coucke. Anderlecht s'est lancé dans une politique d'assainissement. Quelques sexagénaires qui faisaient partie des meubles ont été remerciés ou le seront bientôt. Il serait également question d'une révision des salaires du personnel. Ce climat ne favorisait pas la création d'un poste pour Deschacht. Leya Iseka, Doumbia, Faes et Vancamp ont dû faire place nette également. Dans un premier temps, l'intention était d'en louer l'un ou l'autre mais après concertation, il a été décidé de s'en séparer à titre définitif car ils ne correspondent pas au profil établi par Vanhaezebrouck. Lors de ce premier entraînement, quelque chose nous frappe : Gerkens, Najar et Kums déplacent un des buts. En principe, cette tâche incombe aux plus jeunes ou aux nouveaux mais pour Vanhaezebrouck, il est normal que tout le monde se sacrifie. Les joueurs doivent former une grande famille et il y inclut le noyau B. Ce n'est pas un hasard si Jonas De Roeck, l'entraîneur des Espoirs, était présent avec ses joueurs lors du premier match amical face au RWDM. Vanhaezebrouck veut renforcer la cohésion au sein du groupe et il compte sur les compagnes des joueurs. Il sait par expérience que, si elles s'entendent bien entre elles, cela aura un effet positif sur le groupe. HVH a jusqu'à fin juillet pour installer sa philosophie mais il prône avant tout la patience. " Je peux déjà vous dire que la saison sera difficile mais ce groupe en veut et est prêt à lutter. J'ai la chance d'être là depuis le premier jour de la préparation. Nous ne sommes que 16 dans ce cas. Tous les autres attendent... " Lorsqu'il plaide contre les nombreux changements d'entraîneurs en Jupiler Pro League, c'est tout juste si Vanhaezebrouck ne monte pas aux barricades. " De nombreux collègues savent qu'à partir du mois de septembre, ils retrouveront du boulot. Les clubs belges ont la réputation de virer rapidement leurs entraîneurs et il n'en sera pas autrement cette année. Nous sommes 16 sur la ligne de départ et j'espère que 8 d'entre-nous seront encore là à l'arrivée. Mais j'en doute. " Selon Devroe, Vanhaezebrouck ne doit pas craindre pour sa place. " J'ai parlé avec lui pour la première fois le 3 avril et je suis ressorti de la discussion avec un bon sentiment. Après près de trois mois de collaboration, je peux vous confirmer que tout se passe très bien. "