En match d'ouverture de la Coupe d'Afrique des Nations, la Tunisie, pays organisateur, a battu 2-1 le Rwanda, nouveau venu à cet échelon. Qu'avez-vous retenu de cette mise à feu ?

René Taelman : A l'occasion de cette première, les Aigles de Carthage m'ont paru extrêmement crispés. En un certain sens, ce n'est pas illogique, car ils faisaient figure de grandissimes favoris face à cet adversaire devant leur public, au stade de Radès, et ils savaient qu'ils n'avaient pas le droit à l'erreur. Il en a résulté un jeu peu académique, avec pas mal de déchet. L'avenir, autrement dit le deuxième match de poule, face au Congo, dira si cette entrée en matière approximative était due à la pression entourant l'événement ou si la nation organisatrice n'est pas capable de mieux, tout simplement. Car la génération tunisienne actuelle n'est pas composée de footballeurs hors normes. La Belgique en a d'ailleurs eu un pet...

René Taelman : A l'occasion de cette première, les Aigles de Carthage m'ont paru extrêmement crispés. En un certain sens, ce n'est pas illogique, car ils faisaient figure de grandissimes favoris face à cet adversaire devant leur public, au stade de Radès, et ils savaient qu'ils n'avaient pas le droit à l'erreur. Il en a résulté un jeu peu académique, avec pas mal de déchet. L'avenir, autrement dit le deuxième match de poule, face au Congo, dira si cette entrée en matière approximative était due à la pression entourant l'événement ou si la nation organisatrice n'est pas capable de mieux, tout simplement. Car la génération tunisienne actuelle n'est pas composée de footballeurs hors normes. La Belgique en a d'ailleurs eu un petit aperçu à la Coupe du Monde 2002. Un signe qui ne trompe pas : la moitié de l'effectif est composé de joueurs qui évoluent au sein même du championnat tunisien, dans les clubs de pointe (Club Africain, Espérance de Tunis ou Etoile du Sahel). Le contraste est évidemment immense avec un autre représentant à cette épreuve, comme le Cameroun, ou presque la totalité de la sélection évolue en dehors de ses terres. D'ailleurs, les deux joueurs qui ont plié le match en faveur des Tunisiens sont actifs à l'étranger : Ziad Jaziri, auteur du but d'ouverture, à Gaziantepspor, et Silva Dos Santos à Sochaux. Sans oublier que par deux fois, l'homme qui fut à la base de ces actions décisives n'était autre qu'un troisième expatrié : le Parisien Selim Benachour, au coup de patte formidable sur phase arrêtée. Voilà un cas : il est d'origine angolaise mais en Belgique, il a toujours été considéré comme Congolais, votre Spécial Compétition en faisant foi à l'époque où il jouait au FC Malines. Or, à ma grande surprise, je l'ai découvert sous le maillot du Rwanda. De deux choses l'une : ou bien sa famille est cosmopolite (avec une grand-mère qui est peut-être née du côté de Kigali) ou bien, dans le cadre de cette Coupe d'Afrique des Nations, un miracle s'est-il produit en matière de changement de nationalité (il rit). Une chose est sûre : le Rwanda, pour son entrée en matière à ce niveau, a vraiment dû racler les fonds de tiroirs pour présenter une sélection. La preuve par la présence de nombreux joueurs qui évoluent en séries inférieures en Belgique comme Elias (Courtrai), ou encore le Karim Kamanzi (Visé) ou l'attaquant Henri Munyaneza, (Alost). Il n'empêche que les premiers pas de cette équipe à cet échelon n'auront pas manqué d'allure. Même si, en classe intrinsèque, le Rwanda ne peut soutenir la comparaison avec d'autres formations engagées dans cette CAN. Grâce à ce résultat, les Guinéens ont déjà pris, au même titre que la Tunisie, une sérieuse option quant à la qualification pour les quarts. Pourtant, les joueurs du Sily National n'en menaient pas large en première mi-temps et c'est de manière tout à fait méritée que les Congolais avaient ouvert la marque. Mais après la pause, il n'y en eut plus que pour les Guinéens, qui passèrent alors la surmultipliée. Leur potentiel offensif fit alors la différence grâce à des garçons qu'on ne présente plus comme Titi Camara, Pascal Feindouno et Sambegou Bangoura. Pourtant, s'il y a une prestation à mettre en exergue, c'est celle de l'ancien Anderlechtois Souleymane Youla, qui se montra absolument irrésistible comme pourvoyeur sur l'aile gauche, bien aidé dans cette mission par Fodé Mansaré. J'avais un peu perdu la trace du Guinéen depuis qu'il avait quitté le Parc Astrid mais il n'a manifestement pas gaspillé son temps à Genclerbirligi. Nul doute qu'avec un quintette offensif pareil, la Guinée a de quoi faire des dégâts.n Propos Recueillis par Bruno Govers