Les choix étranges de Roberto Mancini

Censé résorber un retard de deux buts face à Milan, l'entraîneur de l'Inter, Roberto Mancini, a décontenancé les suiveurs en optant pour la prudence. En attaque, seul Adriano avait été titularisé en pointe, tandis que sur les côtés, Kily Gonzalez et Andy Van der Meyde s'apparentaient davantage à des milieux qu'à des avants. Dans ces conditions, il ne surprendra personne que le Brésilien n'ait pas eu la part belle face à l'axe central des Rossoneri composé de deux véritables monstres comme Alessandro Nesta et Jaap Stam. Face à la vanité de cette approche, le coach des Nerazzurri vira carrément de bord en deuxième période en faisant monter Daniel Cruz et Sinisa Mihajlovic en lieu et place de Kily Gonzalez et Cristiano Zanetti. L'introduction de Cruz pour épauler Adriano avant de fo...

Censé résorber un retard de deux buts face à Milan, l'entraîneur de l'Inter, Roberto Mancini, a décontenancé les suiveurs en optant pour la prudence. En attaque, seul Adriano avait été titularisé en pointe, tandis que sur les côtés, Kily Gonzalez et Andy Van der Meyde s'apparentaient davantage à des milieux qu'à des avants. Dans ces conditions, il ne surprendra personne que le Brésilien n'ait pas eu la part belle face à l'axe central des Rossoneri composé de deux véritables monstres comme Alessandro Nesta et Jaap Stam. Face à la vanité de cette approche, le coach des Nerazzurri vira carrément de bord en deuxième période en faisant monter Daniel Cruz et Sinisa Mihajlovic en lieu et place de Kily Gonzalez et Cristiano Zanetti. L'introduction de Cruz pour épauler Adriano avant de former un tandem avec le Nigérian Obafemi Martins lorsque l'attaquant brésilien, est sorti pour blessure à la 51e. Au-delà de ce changement, Mancini procéda à un grand nombre d'aménagements. Ainsi en défense, afin d'incorporer Mihajlovic, Ivan Cordoba a été appelé à relayer Javier Zanetti au poste de latéral droit, entraînant le coulissement de Marco Materazzi en position axiale droite. On a surtout remarqué, qu'entre la première et la deuxième mi-temps, huit joueurs ont changé de positions. Il est en effet très rare de voir un même dispositif être exécuté avec huit éléments alignés dans des fonctions différentes. Si la présence de Chelsea et de l'AC Milan était attendue en demi-finales de la Ligue des Champions, Liverpool et le PSV Eindhoven font assurément figure d'invités surprise, un raisonnement qui peut d'ailleurs être étendu, en Coupe de l'UEFA, à AZ également. Nous avions déjà signalé la qualité du travail accompli par Co Adriaanse. L'équipe d'Alkmaar se distingue par sa nouvelle façon d'aborder le football, sa fraîcheur avec des changements de position de différents joueurs. Son homologue au PSV Eindhoven, Guus Hiddink a sans doute fait plus fort encore en remplaçant avec succès, en l'espace de quelques mois à peine, une division complète en attaque. L'été passé, le club hollandais s'était séparé d'Arjen Robben et Mateja Kezman, partis tous deux à Chelsea et Dennis Rommedahl, passé à Charlton. Le club a tapé dans le mille avec Jefferson Farfan et DaMarcus Beasley, épaulés par Mark Van Bommel et le revenant Phillip Cocu. A Liverpool, le nouvel homme fort, Rafael Benitez, a vite réussi au-delà des espérances : l'ancien coach de Valence est parvenu à un mix formidable entre les qualités athlétiques chères à toute formation britannique, et une touche technique amenée par les joueurs espagnols du noyau : Luis Garcia, Xabi Alonso, Antonio Nunez entre autres. Il est paradoxal de constater que les Reds se sont qualifiés au détriment de la Juve sur base d'un football bien structuré, privilégiant les échanges au sol. Les Italiens, au contraire, ne leur ont opposé que des longues balles à suivre dont la défense anglaise a fait ses choux gras. Dans ce cas-ci aussi, Benitez a mieux cerné la stratégie à suivre que son alter ego Fabio Capello. Or, à ce niveau, la qualification revient le plus souvent à celui qui a le mieux préparé ses plans : non seulement pour insuffler sa stratégie, mais aussi pour contrecarrer les desseins de l'adversaire. Les Londoniens ont longtemps eu une connotation négative ces derniers mois. Les Blues étaient d'abord perçus comme un club de millionnaires, alors que ce qualificatif aurait pu être tout autant d'application chez tous les grands clubs anglais au vu des millions dépensés depuis quelques années (Manchester United, Arsenal, etc). Puis l'équipe de José Mourinho s'est attiré pas mal d'inimitiés suite à sa tendance à réaliser des scores... Arsenal : 1-0, ou 0-1. Par après, c'était au tour de Mourinho lui-même de susciter des commentaires dans l'affaire Anders Frisk. A présent que Chelsea s'est qualifié pour le dernier carré, en enfilant un total de six buts au Bayern Munich, quelle va être la réaction du public ? En tout cas, au vu de ses résultats, Chelsea fait partie des meilleurs clubs du monde et ne bénéficie pas du respect qu'il mérite.n Elilio Ferrera