J osé Mourinho risque de faire la tête si Liverpool remporte la Ligue des Champions. Car, depuis quelques mois, les tabloïds anglais ont découvert un nouvel entraîneur étranger de talent : Rafael Benitez. Mourinho n'est plus seul et Benitez marche sur les traces du Portugais. Comme lui, il pourrait s'adjuger la Ligue des Champions, un an après avoir gagné la Coupe de l'UEFA avec Valence.
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J osé Mourinho risque de faire la tête si Liverpool remporte la Ligue des Champions. Car, depuis quelques mois, les tabloïds anglais ont découvert un nouvel entraîneur étranger de talent : Rafael Benitez. Mourinho n'est plus seul et Benitez marche sur les traces du Portugais. Comme lui, il pourrait s'adjuger la Ligue des Champions, un an après avoir gagné la Coupe de l'UEFA avec Valence. Arrivé sur la pointe des pieds à Liverpool, comme successeur de Gérard Houllier qui avait décroché les derniers trophées du club en 2001 mais qui était parvenu en fin de cycle sur les bords de la Mersey, Benitez a d'abord appris les subtilités du football anglais avant de réussir ses batailles tactiques en Ligue des Champions. La poisse lui colla aux basques pour ses débuts anglais. Des blessures en série ( Djibril Cissé, Josemi, Harry Kewell, Xavi Alonso) ne permirent pas à Liverpool de disputer un rôle en vue dans le championnat. Dès le début, pourtant, ce timide rondouillard savait où il allait. A tel point qu'il amenait dans ses bagages certains renforts ibériques comme Luis Garcia (Barcelone), Josemi (Malaga), Xavi Alonso (Real Sociedad) et Antonio Nunez (Real Madrid). Aucun joueur de Valence û Mauricio Pellegrino n'arrivant qu'en janvier û pour ne pas être taxé de copinage mais des éléments repérés lors de ses saisons espagnoles. Peu à peu, il allait cimenter sa formation. Organisée, rigoureuse et combative, Liverpool allait forger ses succès grâce à la science tactique de leur entraîneur. Certains n'hésiteront pas à dire que Liverpool est une équipe anglaise aussi peu spectaculaire que Valence la saison dernière. Pourtant, la méthode a déjà porté ses fruits. Valence a remporté deux Liga et une Coupe en trois saisons et Liverpool a abouti en finale de la League Cup et de la Ligue des Champions. On ne peut mettre en doute l'abnégation, le courage et l'esprit de groupe qui anime cette formation. Déjà privés des blessés, Liverpool dut également se passer de son poumon Steven Gerrard pour aller arracher sa qualification à Turin face à la Juventus. Si Liverpool réussit à mieux gérer la Ligue des Champions que le championnat, c'est en grande partie parce qu'on a affaire à une équipe qui sait subir le jeu sans trop le prendre à son compte. Face aux ténors que sont la Juventus et Chelsea, Liverpool a montré une solidité défensive à toute épreuve : un but encaissé en quatre rencontres, six sur la totalité de la Ligue des Champions. Les deux tours de l'axe central, Sami Hyypia et Jamie Carragher font preuve de complémentarité. Leurs nombreuses saisons communes leur ont permis d'affiner les automatismes. Hyppia fait parler son placement, son efficacité dans les duels alors que Carragher joue davantage sur le courage et le jusqu'au-boutisme sur l'attaquant adverse. Il réalise la meilleure saison de sa carrière, comme le prouve sa troisième place au référendum du joueur de l'année choisi par la presse. Si les flancs ( Steve Finnan et Djimi Traoré) doivent encore progresser, la défense peut compter sur des pare-chocs efficaces. Tout au long de l'année, en fonction des disponibilités de chacun, le système a toujours fonctionné avec Xavi Alonso, Dietmar Hamann ou Igor Biscan. Des gros travailleurs aidés dans leur tâche par l'inépuisable Gerrard. Comme à Valence, Benitez a construit son équipe sur le pressing et sur une occupation efficace de l'entrejeu et a choisi des ailiers combatifs. Luis Garcia doit apporter sa touche créatrice mais abat également un boulot énorme. John Arne Riise fait quant à lui parler son coffre sur tout le flanc gauche. Face à la Juventus, ce milieu a mis sous l'éteignoir Emerson et Pavel Nedved et contre Chelsea, on a vu que Frank Lampard et Joe Cole ne parvenaient pas à trouver de solutions. C'est donc à une forteresse que se heurtera le Milan AC. Stéphane Vande Velde