L'EURO 2004 a débuté par une surprise de dimension : la défaite du pays organisateur, le Portugal, devant la Grèce : 1-2.

Je me demande dans quelle mesure les responsables de la fédération de football portugaise n'auraient pas été plus inspirés de nommer José Mourinho à la tête de leur équipe nationale en lieu et place de Luiz Felipe Scolari. Car les Lusitaniens se sont fait battre avec exactement les mêmes armes que celles qui avaient permis au FC Porto de signer un parcours royal en Ligue des Champions : une organisation défensive sans faille, articulée autour de deux pièces maîtresses à l'arrière, un pressing constant sur le porteur du ballon au départ d'un quadrillage parfait du terrain, et une relance immédiate vers l'avant à destination de l'attaquant le plus avancé. C'était en tous points remarquable et l'entraîneur Otto Rehhaghel mérite assurément une grande dist...

Je me demande dans quelle mesure les responsables de la fédération de football portugaise n'auraient pas été plus inspirés de nommer José Mourinho à la tête de leur équipe nationale en lieu et place de Luiz Felipe Scolari. Car les Lusitaniens se sont fait battre avec exactement les mêmes armes que celles qui avaient permis au FC Porto de signer un parcours royal en Ligue des Champions : une organisation défensive sans faille, articulée autour de deux pièces maîtresses à l'arrière, un pressing constant sur le porteur du ballon au départ d'un quadrillage parfait du terrain, et une relance immédiate vers l'avant à destination de l'attaquant le plus avancé. C'était en tous points remarquable et l'entraîneur Otto Rehhaghel mérite assurément une grande distinction pour la manière dont il a disposé ses pions sur l'échiquier. Dans le camp opposé, son homologue a essentiellement veillé à présenter au public un petit Brésil, fait de beaucoup de passes courtes et redoublées. Avec les champions du monde, semblable approche est évidemment permise, tant les Sud-Américains savent apprivoiser le ballon. Mais, ici, il y avait réellement trop de déchet dans le chef des joueurs locaux pour espérer faire illusion. Certains étaient manifestement tétanisés par l'importance de l'enjeu, comme Paulo Ferreira, d'autres étaient complètement méconnaissables, à l'image de Rui Costa ou, surtout, Pauleta. Sans compter que la défense dans son intégralité, gardien compris, m'a paru très peu fiable. C'est beaucoup pour une seule et même équipe ! Au même titre que le Portugal, cette formation ne dispose pas d'un bélier capable d'exploiter les bons centres qui lui parviennent des flancs. Raul est davantage un très habile infiltreur et Fernando Morientes manque aussi de poids dans la mêlée, à l'image de Pauleta auprès de l'équipe locale. En réalité, ce n'est qu'en multipliant les incursions dans l'axe que les deux représentants de la péninsule ibérique dopent leurs capacités. L'Espagne y est parvenue, suite à l'entrée au jeu de Juan Carlos Valeron, qui a servi de relais judicieux en zone offensive. Chez les Portugais, il n'en était d'ailleurs pas allé autrement avec l'appui de Deco en deuxième mi-temps. A cette nuance près qu'en matière de maîtrise du cuir, les Espagnols étaient beaucoup plus forts que leurs voisins, qui ne se sont vraiment ressaisis que lors des dix dernières minutes du match. Je pense que le coach anglais, Sven-Goran Eriksson, a commis une erreur en remplaçant Paul Scholes et Wayne Rooney lors des dernières péripéties de la partie. Du coup, la belle mécanique anglaise a eu deux ratés dont on profité les Français, sur phases arrêtées, par le biais de l'inévitable Zinédine Zidane. C'était à la fois flatteur pour les Coqs, sans doute trop récompensés au regard du peu d'occasions qu'ils s'étaient créées jusque là, et pas vraiment mérité pour l'Angleterre dont l'organisation avait fait merveille pendant 88 minutes. Mais il est bien connu qu'un match dure jusqu'au coup de sifflet final. On peut faire confiance au président Johan Vermeersch, qui connaît la musique, et au nouvel entraîneur, Emilio Ferrera, qui sait pertinemment bien ce dont il a besoin pour se tirer d'affaire au plus haut niveau. Avec Istvan Dudas, Fritz Emeran et, sans doute, Spira Grujic, le club a enrôlé du solide derrière. Et, avec Venance Zézé Zézéto, il compte un artiste capable de semer le trouble dans n'importe quelle arrière-garde adverse. Trabzon, ce n'est pas Ankara, où j'ai travaillé. Tout dépendra de la manière dont le Limbourgeois s'adaptera dans cette ville où il sera essentiellement livré à lui-même. S'il répond à l'attente sur le terrain, il sera très vite le roi là-bas. Dans le cas contraire, bonjour les dégâts. Car le public est terriblement critique. Recueilli par Bruno Govers