L'interview du président du Standard, Roland Dûchatelet, avait déjà donné le ton. Le Standard devait d'abord se séparer de joueurs surnuméraires avant, éventuellement, d'envisager se renforcer. Dès la fin 2012, trois joueurs se voyaient placer sur la liste des transferts (Marvin Ogunjimi, Dudu Biton et Yohan Tavares) mais les départs ne devaient pas se limiter à ces trois-là, comme les premiers jours de 2013 nous l'ont prouvé. Sport/Foot Magazine analyse les dessous du mercato liégeois.
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L'interview du président du Standard, Roland Dûchatelet, avait déjà donné le ton. Le Standard devait d'abord se séparer de joueurs surnuméraires avant, éventuellement, d'envisager se renforcer. Dès la fin 2012, trois joueurs se voyaient placer sur la liste des transferts (Marvin Ogunjimi, Dudu Biton et Yohan Tavares) mais les départs ne devaient pas se limiter à ces trois-là, comme les premiers jours de 2013 nous l'ont prouvé. Sport/Foot Magazine analyse les dessous du mercato liégeois. Cela fait quelques mois que les jours de Marvin Ogunjimi semblent comptés. Depuis ses problèmes de thyroïde, exactement. L'ancien attaquant de Genk, qui s'explique ci-dessus, a été renvoyé à Majorque et c'est avec le club espagnol que le Beerschot a négocié. Si l'échec d'Ogunjimi trouve son origine dans sa maladie, on peut expliquer celui de Biton par le changement de régime. En effet, l'attaquant israélien avait été amené par l'ancien entraîneur néerlandais, Ron Jans, très proche de ses compatriotes Robert Maaskant et Stan Valckx qui avaient eu Biton sous leurs ordres lorsqu'ils officiaient au Wisla Cracovie. Tuyauté par Maaskant et Valckx, proche également de Rob Delahaye, ancien joueur du MVV Maastricht, très influent auprès de Dûchatelet en début de saison (il émargeait même au personnel du Standard comme scout), Ron Jans avait fait de Biton une de ses priorités. D'où son prix (près d'un million d'euros) et un des meilleurs contrats du noyau (ce qui a fait grincer les dents de plusieurs piliers du Standard). Plus énigmatique fut la suite de l'histoire. Jans a rapidement lâché son poulain. " Si Biton n'a pas réussi au Standard, c'est parce qu'on ne lui a jamais donné une réelle opportunité de montrer sa valeur ", explique son agent Dudu Dahan, " Si tu mets Wayne Rooney 200 minutes, il ne mettra pas plus de buts que Biton. C'est la faute de Ron Jans. Il a insisté pour le prendre, il l'a convaincu alors qu'il y avait d'autres offres attrayantes, comme Utrecht, le Celtic et deux clubs israéliens, et finalement, il ne lui donne pas sa chance. On lui a offert 45 minutes contre les Young Boys Berne, en amical, et on a jugé sur cette unique prestation qu'il ne valait rien. Or, Biton, c'est une machine à marquer. Je lis partout que le Standard manquait, en début de saison, d'un grand attaquant mais il le laissait sur le banc ! Je n'ai pas compris la politique de Ron Jans. " Cet échec n'est pas à mettre à l'actif de Jean-François de Sart, qui a donc logiquement décidé de liquider l'héritage de Ron Jans. " Il a été peu utilisé jusqu'à présent et la politique actuelle consiste à diminuer le noyau pour pouvoir faire de la place aux jeunes. " Pourtant, le Standard souhaite dans un premier temps louer Biton et Tavares. Est-ce pour susciter davantage d'intérêt ou pour se donner une possibilité de retrouver ces joueurs par après ? " Ces deux joueurs ont besoin de temps de jeu ", explique de Sart, " et on aimerait les revoir à l'oeuvre par la suite. " Sans doute pour éviter un deuxième cas Dolly Menga, dont la vente (et non le prêt) au Lierse avait été fort critiquée. Comment se fait-il que ces deux joueurs, remplaçants au Standard, aient réussi à attirer l'attention de clubs étrangers prestigieux ? Rami Gershon ne manque pas de talent (on l'a vu à Courtrai et à plusieurs reprises au Standard) mais doit se contenter du banc, suite au retour de Kanu et à l'embouteillage à gauche (Jelle Van Damme, Sébastien Pocognoli, Ezekiel Fryers). Si les Liégeois ont décidé de le laisser négocier avec le Celtic, c'est aussi parce qu'ils veulent lancer plus souvent le jeune Dino Arslanagic, titulaire à deux reprises dont le dernier match face au Beerschot. " Arslanagic a bien progressé et dans le même temps, Gershon voulait défendre sa place en équipe nationale ", se défend de Sart. Autre cas mystérieux : celui de Fryers. Courtisé par Tottenham en été, il avait filé au Standard gratuitement. Les Anglais avaient reculé face au prix, Manchester United, son employeur, ayant fixé une clause de 7,5 millions d'euros pour tout club anglais. Par contre, le jeune gaucher anglais de 20 ans était libre pour tout acquéreur étranger. Aujourd'hui qu'il file à Tottenham pour 4 millions d'euros, toute la presse anglaise estime que Tottenham et le Standard se sont entendus pour clore ce deal (six mois pour le Standard et une indemnité de transfert). " Je pense que l'accord entre les deux clubs date de l'été car Fryers n'a pas cassé la baraque en Belgique et que Tottenham ne manque pas de backs gauches, contrairement au mois de juin ", analyse Tom Colomosse, journaliste au London Evening Standard. Le dindon de la farce de l'histoire, Manchester United, a déjà demandé une enquête sur ce transfert. Quant à De Sart, il nie toute collusion avec Tottenham. " Je ne sais pas qui a lancé ce bruit mais c'est complètement faux. " Autre surprise : le retour de Sinan Bolat dans le groupe. Lui qui avait suivi sa rééducation à Fulham, a décidé de ne pas donner suite à la proposition du club anglais. Sans doute parce que la situation du manager, Martin Jol, est discutée. Or, rien de pire que d'arriver dans un club, voulu par un entraîneur, et de voir que le club licencie cet entraîneur quelques semaines plus tard. Ce revirement ne fait pas les affaires du club liégeois qui était parvenu à un accord avec son homologue londonien. " C'est clair que cela contrarie nos plans mais le mercato est loin d'être fini ", dit de Sart. En clair, Bolat pourrait partir si d'autres offres arrivent sur la table. Mais le Standard s'est fermé beaucoup de portes en annonçant qu'il partait effectuer sa revalidation à Fulham. Si sa situation ne se décante pas avant la fin du mercato, soit il part gratuitement en juin, soit il négocie un nouveau contrat avec le Standard. " Aucune porte n'est fermée ", explique son agent, Kismet Eris. Ces trois joueurs peuvent également partir si une belle offre arrive sur la table. Le contrat de Nacho Gonzalez est lourd et il arrive en fin de contrat en juin. Quant à Seijas, une offre a déjà été posée mais elle a été jugée insuffisante par la direction rouche. Dans le cas de Pocognoli, de Sart a annoncé " que toute situation était discutable ". Cependant, si après Fryers et Gershon, Pocognoli devait suivre, le Standard se mettrait en quête d'un nouveau back gauche. " S'il y a trop de départs, il pourrait y avoir des arrivées car notre volonté consiste à améliorer notre noyau mais pour le moment, il y a trop de titulaires potentiels ", conclut de Sart. PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTO: IMAGEGLOBE