En 1979/80, le Sporting Lokeren, issu de la fusion entre le Standaard et le Racing, fêtait ses dix ans. Un anniversaire qu'il espérait commémorer par un titre. Il avait été champion d'automne avec la meilleure attaque et la meilleure défense. Début janvier encore, rien ne laissait supposer que l'équipe qui pratiquait le plus beau football de Belgique allait finalement terminer à la quatrième place derrière le Club Bruges, le Standard et le RWDM.
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En 1979/80, le Sporting Lokeren, issu de la fusion entre le Standaard et le Racing, fêtait ses dix ans. Un anniversaire qu'il espérait commémorer par un titre. Il avait été champion d'automne avec la meilleure attaque et la meilleure défense. Début janvier encore, rien ne laissait supposer que l'équipe qui pratiquait le plus beau football de Belgique allait finalement terminer à la quatrième place derrière le Club Bruges, le Standard et le RWDM. Le succès de Lokeren ? " Nous entamons chaque saison avec l'ambition de ne pas descendre ", expliquait son président, Etienne Rogiers. Mais Lokeren réalisait surtout de bons transferts. " Nous n'avons jamais été un club acheteur, nous avons su conserver et protéger nos joueurs. " Rogiers ne citait pas de chiffres mais tout le monde savait qu'il était un mécène et payait grassement ses stars. C'est ainsi qu'il était allé chercher la star de l'équipe nationale de Pologne, Wlodek Lubanski. Dans son pays, on le disait blessé et perdu pour le football. Il ne pouvait signer qu'en Belgique ou en France, les deux pays qui avaient des accords commerciaux avec le régime communiste de l'époque. Avant la saison, le nouvel entraîneur, Urbain Haesaert, avait obtenu les services de Guy Dardenne (ex-La Louvière) et de l'Écossais James Bett qui, dans l'entrejeu, mettait facilement le meneur de jeu adverse sous l'éteignoir. Mais la star, c'était Preben Elkjaer Larsen, un attaquant danois que Lokeren était allé chercher en décembre de l'année précédente dans l'équipe réserve du FC Cologne. Larsen avait effectué ses débuts dans un match de coupe face au Standard, qui menait 0-3 au repos. Déchaîné, il avait permis à Lokeren de s'imposer 5-3 après prolongations. Cet été-là, la moitié des clubs de Bundesliga avaient téléphoné à Lokeren pour Larsen, qui avait juré de ne plus mettre un pied en Bundesliga. " J'espère que tous les clubs vont m'appeler, rien que pour avoir le plaisir de les envoyer promener ", avait-il dit. Finalement, il n'allait quitter Lokeren qu'après l'EURO 84, pour le Hellas Vérone, avec qui il allait être champion d'Italie. Le seul titre de l'histoire du club. Lokeren, lui, n'allait jamais être champion. En 1980, son noyau était trop petit et Lubanski avait été longuement blessé. Un an plus tard, il terminait deuxième, derrière l'inaccessible Anderlecht de Tomislav Ivic.