Dans les années 80, un entraîneur italien déclarait : " Quand tu es petit, le cerveau est plus près du pied et tu as moins de difficultés à te connecter. " Ce coach rendait hommage aux joueurs de petite taille qui enchantaient le public alors que le football devenait de plus en plus un sport d'athlètes. Le Calcio a suivi la même tendance même si, depuis l'époque de DiegoMaradona (officiellement 1,68 m mais avec des talonnettes de 2 centimètres et grassouillet !), plusieurs petits gabarits ont utilisé leur extraordinaire talent pour aller au-delà des limites imposées par le physique.
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Dans les années 80, un entraîneur italien déclarait : " Quand tu es petit, le cerveau est plus près du pied et tu as moins de difficultés à te connecter. " Ce coach rendait hommage aux joueurs de petite taille qui enchantaient le public alors que le football devenait de plus en plus un sport d'athlètes. Le Calcio a suivi la même tendance même si, depuis l'époque de DiegoMaradona (officiellement 1,68 m mais avec des talonnettes de 2 centimètres et grassouillet !), plusieurs petits gabarits ont utilisé leur extraordinaire talent pour aller au-delà des limites imposées par le physique. La saison passée, la taille moyenne des footballeurs de Série A dépassait les 180 centimètres et, pourtant, de nombreux joueurs, parfois nettement en dessous de cette limite, ont joué les premiers rôles à tel point qu'on a parlé de... la revanche des nains. Evidemment aucun de ceux-ci ne possède l'aura de Franck Ribéry (1,70 m) ou de la PuceLionel Messi (1,65 m) mais Sebastian Giovinco (21 ans), qui est appelé à succéder à Alessandro Del Piero à la Juventus, peut espérer y arriver. Aux Jeux de Pékin, le médian a réussi son entrée en matière avant de se casser les dents contre la Belgique. Celui que l'on surnomme la Fourmiatomique n'a pas cherché d'excuses : " La fédération avait le droit d'espérer une meilleure prestation de la part de joueurs de notre qualité. Dans l'entrejeu, nous aurions certainement dû avoir un meilleur rendement. Nous avons mal géré les événements. Il n'est pas question d'oublier tout cela au plus vite. Non, il vaut mieux se rappeler ce qui s'est passé et retenir la leçon. " Contre les Diablotins, c'est sûr, on n'a pas vraiment pu apprécier sa technique, sa vitesse et son agilité. Pourtant, on a affaire à un des footballeurs les plus prometteurs. Né à Beinasco, dans la périphérie de Turin, en janvier 87 d'un père sicilien ( Giovanni) et d'une mère calabraise ( Elvira), Sebastian a commencé à frapper dans le ballon à six ans dans le club de son quartier (San Giorgio Azzurri). Il était allé voir un copain jouer un match de foot à sept et, comme il manquait un joueur, on le prit pour faire nombre et le lendemain, il était affilié. Et si, un an plus tard, il a atterri à la Juventus, c'est à cause de la cigarette. Son père tenait tellement à ce qu'il aille y passer un test qu'il promit à son fils d'arrêter de fumer s'il acceptait. Jusque-là, le gamin, qui avait déjà été remballé par Torino, n'avait pas voulu quitter ses copains et était supporter de Milan. Dans le fond de lui-même aussi, il ne désirait pas revivre la même expérience qu'à Torino où alors qu'il attendait sereinement les résultats de son test, un membre du staff lui a froidement lancé : " Tu as de bons pieds mais tu es trop petit. A ta place, je laisserais tomber. " Les scouts de la Juventus ne se laissèrent pas influencer par son gabarit (55 kg pour 1,64m aujourd'hui) et se dépêchèrent de lui faire signer sa carte d'affiliation. Depuis, Giovinco a appris à vivre avec ce que beaucoup de personnes affirment (et le lui rappellent régulièrement) être un défaut physique. Des Pré-Minimes à l'équipe Première (international des -16 aux Espoirs), Giovinco s'est exprimé avec un égal bonheur au milieu du jeu, sur l'aile gauche, comme soutien d'attaque et même comme second attaquant. Le 12 mai 2007, contre Bologne, il effectue sa première apparition avec l'équipe fanion : à la 76e, DidierDeschamps le fait monter au jeu à la place de RaffaelePalladino et dans la foulée, Giovinco délivre l'assist permettant à DavidTrezeguet de fixer la marque à 3-1. La Vieille Dame retrouve la D1 mais Sebastian n'effectuera pas ses débuts parmi l'élite sous le maillot bianconero. Convaincu que le nouveau coach accordera sa préférence aux vieux, il demande à être prêté à Empoli, club avec lequel la Juventus négocie le transfert du médian argentin SergioAlmiron.Le 21 juin 2007, l'affaire est conclue. Dans son nouveau club, il n'est pas directement titulaire mais recevra rapidement sa chance pour ne plus quitter ensuite le onze de base, volant la vedette à des stars locales comme IghliVannucchi. 35 matches et 6 goals plus tard, soit le 26 juin dernier, la Juventus exerce son droit de préemption alors qu'il se prépare pour les Jeux. A son retour de Chine, ClaudioRanieri l'aligne contre l'Artmedia lors du retour du troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions. Mais c'était un match de routine et, depuis, Giovinco attend patiemment de pouvoir s'exprimer dans un contexte plus chaud. La Juventus croit en lui : elle a refusé une offre d'Arsenal (on a parlé de 7,5 millions) et du CSKA Moscou (10 millions) et est prête à lui offrir un contrat à longue durée (c'est vrai qu'il ne touche que 50.000 euros par saison !). De son côté, le joueur est conscient que le coach et surtout les supporters attendent beaucoup de lui, ce qui engendre une pression beaucoup plus importante que celle régnant à Empoli. Pourtant, il se dit confiant et qu'il est en mesure de répéter la saison dernière et d'améliorer son quota de buts. Des buts qu'il fête en plaçant verticalement son empan (l'intervalle entre l'extrémité du pouce et du petit doigt la main ouverte) au-dessus de la tête comme pour dire " vous voyez que je ne suis pas aussi petit que ça ". par nicolas ribaudo- photo: reporters