Portée aux nues par la désormais célèbre " génération dorée ", la formation à la belge est en réinvention constante. Au tournant du millénaire, les têtes pensantes du football noir-jaune-rouge cherchaient l'inspiration entre le football offensif et débridé des Néerlandais et la rigueur systématique d'une école française qui était venue cueillir les fruits de sa formation sur nos terres à l'occasion de l'Euro 2000.
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Portée aux nues par la désormais célèbre " génération dorée ", la formation à la belge est en réinvention constante. Au tournant du millénaire, les têtes pensantes du football noir-jaune-rouge cherchaient l'inspiration entre le football offensif et débridé des Néerlandais et la rigueur systématique d'une école française qui était venue cueillir les fruits de sa formation sur nos terres à l'occasion de l'Euro 2000. En 2003, déjà, l'Union belge avait légèrement changé de cap. Son modèle de 4-3-3 très hollandais sacrifiait le numéro 10 sur l'autel de la modernité footballistique pour passer à un système avec deux infiltreurs et un seul numéro 6. " C'est le jeu de possession et d'infiltration du FC Barcelone qui nous a inspiré ",raconte BobBrowaeys, l'une des têtes pensantes de ce plan de formation, à nos confrères de la DH. Un plan qui suit toujours les grandes lignes que sont la possession, le pressing et le 4-3-3, mais qui évolue donc à l'épreuve du temps. Et après la dernière Coupe du Monde, c'est du côté de l'Allemagne que se sont tournés les regards. " Quand je vois jouer mes U17, je trouve qu'ils ont un style plus allemand qu'espagnol ", reconnaît Browaeys. " Notre jeu est plus direct, on joue plus dans les intervalles et dans le dos. " Le nouveau modèle belge est en fait plus vertical. " Ces dernières années, on a beaucoup mis l'accent sur le un contre un et le duel ", explique MichelSablon, ancien directeur technique national. Plus direct, le football noir-jaune-rouge s'adapte pour continuer à vivre du ballon dans un foot moderne qui préfère souvent s'en débarrasser pour mieux le récupérer et profiter de la désorganisation de l'adversaire pour appuyer là où ça fait mal. L'Allemagne, elle, refuse d'abandonner la possession. Avant l'Euro 2012, en pleine domination ibère, JoachimLöw n'affirmait-t-il pas que pour battre la Roja, il fallait " les impressionner avec le ballon. "Dans un Mondial brésilien qui célébrait les contres supersoniques d'ArjenRobben, la Mannschaft était la seule nation à se complaire avec succès de la présence du ballon dans ses pieds. Voilà donc ce modèle allemand suivi par les équipes d'âge des Diables Rouges, qui semblent refuser de laisser la sphère à l'adversaire, avec une pression tout-terrain dès la perte du ballon pour le récupérer le plus vite possible. Un pressing étouffant dont les modèles actuels s'appellent JurgenKlopp (Dortmund) ou RogerSchmidt (Leverkusen). Faut-il vraiment préciser leur nationalité ? Comme son voisin germain, la formation belge a donc décidé de suivre la voie du jeu. Un jeu fait de construction depuis l'arrière, d'infiltrations dans l'intervalle et de courses verticales. Un jeu où les permutations sont permanentes et où le gardien joue très haut. Un jeu où les latéraux montent, aussi. Pour une fois, MarcWilmots semble réticent à l'idée de parler allemand. GUILLAUME GAUTIERBob Browaeys " Notre jeu est plus direct, on joue plus dans les intervalles et dans le dos. "