Les sourires sont de retour au Camp des Loges sur les visages des joueurs parisiens. Une rareté depuis le début de la saison, comme d'habitude cauchemardesque pour le PSG qui courait avant le match contre Nancy après une première victoire au Parc des Princes en championnat. Motif de cette joie non dissimulée ? Une victoire en huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue, le 31 octobre, face à Montpellier, club de Ligue 2 (!) et victoire contre Strasbourg (1-2) au Stade de la Meinau avec le premier but pro de Loris Arnaud. Ce milieu de terrain de 20 ans né à Saint-Germain-en-Laye jouait encore en CFA (la D4 française) la saison dernière.
...

Les sourires sont de retour au Camp des Loges sur les visages des joueurs parisiens. Une rareté depuis le début de la saison, comme d'habitude cauchemardesque pour le PSG qui courait avant le match contre Nancy après une première victoire au Parc des Princes en championnat. Motif de cette joie non dissimulée ? Une victoire en huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue, le 31 octobre, face à Montpellier, club de Ligue 2 (!) et victoire contre Strasbourg (1-2) au Stade de la Meinau avec le premier but pro de Loris Arnaud. Ce milieu de terrain de 20 ans né à Saint-Germain-en-Laye jouait encore en CFA (la D4 française) la saison dernière. Arnaud est l'un des espoirs du centre de formation du PSG lancé dans le grand bain de la Ligue 1 par Paul Le Guen. Cette génération, que certains cadres du club n'hésitent pas à qualifier de " dorée ", est symbolisée par Mamadou Sakho, l'homme que le public français a découvert lors de la 11e journée face à Valenciennes (0-0) le 20 octobre, jour où ce gamin est devenu le plus jeune capitaine de l'histoire du PSG à 17 ans et 8 mois ! C'était également sa première titularisation en Ligue 1 ! Un choix qui a surpris toute la France, alors que l'arrière gauche parisien s'est dit très touché : " J'ai de très bonnes relations avec le coach, mais c'est aussi une récompense pour tous ceux qui £uvrent pour la formation. On dit que je suis un leader dans l'âme, mais que ce soit avec les jeunes ou avec les pros, j'essaye toujours d'encourager mes partenaires autant que je le peux. Ce n'est pas parce que je suis jeune que je me tais ou que les autres ne m'écoutent pas ". Sakho est également international français des moins de 18 ans. A ceux qui estiment que le coach du PSG va brûler son joueur en le désignant capitaine, Le Guen réplique : " Il l'a été dans toutes les équipes de jeunes. Il aime le club et symbolise cette génération qui peut nous donner beaucoup d'espoir ". " Etre capitaine n'est pas forcément une question d'âge ", affirme René Girard, l'entraîneur de l'équipe de France Espoirs. " Paul est quelqu'un de très réfléchi et il savait ce qu'il faisait. " Un avis conforté par celui de Gérard Houllier, le nouveau directeur technique national du football français qui fut aussi l'entraîneur du PSG entre 1985 et 1988 : " On n'est jamais trop jeune pour jouer ou être capitaine. Cette génération possède une grande confiance en elle, à l'image de KarimBenzema. A Liverpool, j'avais donné le brassard à Steven Gerrard lors d'un match de Coupe d'Europe alors qu'il n'avait que 21 ans. C'est une expérience formatrice. Pas banale mais très louable ". François Blaquart, entraîneur de l'équipe de France des moins de 17 ans dont Sakho est vice-capitaine, est le seul à remettre très clairement en cause ce choix : " C'est assez gonflé de la part de Paul, car Mamadou a besoin de finir sa formation. Avec moi, il n'a jamais été un capitaine, ni un leader naturel ". Important, Le Guen peut compter sur le soutien inconditionnel de son président Alain Cayza : " La titularisation des jeunes est la preuve que quelque chose a changé. Ces joueurs ont démontré leurs qualités depuis le début de la saison, en sélection comme à l'entraînement. Il y a 24 pros au PSG et ils sont tous concernés par les résultats ". En plus, Sakho fêtait sa première titularisation face à Valenciennes aux côtés de ses potes YounousseSankharé (18 ans), GranddiNgoyi (19 ans) et DavidNgog (18 ans) dans un onze inédit avec cinq jeunes du centre de formation au coup d'envoi. Un bouleversement spectaculaire pour le PSG dont la moyenne d'âge a étrangement rajeuni d'un seul coup, alors que le club comptait parmi ses joueurs titulaires, SylvainArmand (27 ans), JérômeRothen (29 ans), MarioYepes (31 ans), PeguyLuyindula (28 ans), Pierre Alain Frau (27 ans), Pauleta (34 ans), ZoumaneCamara (28 ans) et MickaelLandreau (28 ans). Pas un seul joueur en dessous de 25 ans, alors que la nouvelle vague est loin d'avoir 20 ans. Autant dire que le passage de témoin entre ces deux générations sera décisif pour l'avenir du club. " Pour moi, il n'y a pas de débat ", explique Le Guen. " Je compose mes équipes librement et j'en assume les résultats à 100 %. Je fonctionnerai comme ça tout le temps. Avec des joueurs sur un même plan, avec une relation d'exigence, parfois un peu d'affectif parce que c'est bien, mais sans concession ". Le coach parisien semble avoir trouvé la bonne formule en alliant les deux générations mais le match contre Nancy samedi dernier pesait lourd après les trois dernières défaites du PSG sur son terrain face à Rennes (1-2), Bordeaux (0-2) et Lyon (2-3). De toute manière, Le Guen est décidé à jouer la carte jeune toute la saison. par sébastien binet-décamps - photos: reporters