Dimanche, pendant la première demi-heure de jeu du match entre Gand et Malines, Hein Vanhaezebrouck était un véritable baril de poudre. Les joueurs étaient paralysés par le stress. Ça a donné lieu à un festival de mauvaises passes. Jusqu'au premier but, libérateur. À l'issue du match, ici et là, on a déjà parlé des PO1. Onze points de retard sur Anderlecht, ça en fait six et qui sait ?
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Dimanche, pendant la première demi-heure de jeu du match entre Gand et Malines, Hein Vanhaezebrouck était un véritable baril de poudre. Les joueurs étaient paralysés par le stress. Ça a donné lieu à un festival de mauvaises passes. Jusqu'au premier but, libérateur. À l'issue du match, ici et là, on a déjà parlé des PO1. Onze points de retard sur Anderlecht, ça en fait six et qui sait ? Le football vit dans la folie du jour. Après son titre et ses succès européens, Gand a parfois donné l'impression de s'accorder un statut qu'il n'avait pas encore. Mais dimanche, subitement, Hein Vanhaezebrouck a parlé de saison de transition. Tout dépend de l'emballage. Les Buffalos sont dans une nouvelle phase de leur croissance, avec de nouveaux footballeurs qui s'intègrent de mieux en mieux et apportent un plus technique. Ce sont les transferts hivernaux qui ont conduit le club aux PO1. Ajoutez-y les joueurs blessés et vous obtenez une solide équipe. Bien plus que Gand, c'est Anderlecht qui paraissait vivre une saison de transition. René Weiler mérite le respect pour la manière dont il a plié l'équipe à sa façon. En début d'exercice, le Suisse a eu quelques déclarations malheureuses et il manquait de hauteur. Ça n'a toujours pas changé mais Weiler ne se préoccupe visiblement pas de certaines sensibilités. Il suit sa propre voie et ne prête pas attention aux noms. En interne, on le dit dur mais juste. La prolongation de son contrat avant même le début des play-offs, est un signe important de confiance. Anderlecht ne virevolte pas mais il joue avec efficacité. C'est bien différent au Club Bruges, qui cale, pour le moment. L'impuissance de Michel Preud'homme commence à prendre des formes grotesques. À l'issue du match contre Saint-Trond, le Liégeois a encore parlé d'un manque de grinta. Le visage de Preud'homme est rongé par le stress. La finale de coupe entre Zulte Waregem et Ostende constitue le prélude aux PO1. C'est la troisième confrontation flandrienne de l'histoire de cette coupe alors que durant les 62 finales précédentes, il n'y a eu que deux derbies wallons : RC Tournai-CS Verviers en 1956 et Standard-Charleroi en 1993. On va rappeler la dernière finale de Flandre-Occidentale, entre le Club et le Cercle, en 1996. Le vert, le noir et le bleu avaient décoré le stade Roi Baudouin. Le Club s'était imposé 2-1 et avait ensuite remporté le titre. Il jouait avec une telle soif de succès qu'il avait ému son entraîneur d'alors, Hugo Broos, qui devait freiner ses joueurs plus que les motiver. La promotion de l'Antwerp constitue sans aucun doute un enrichissement sportif pour la D1A. Reste à espérer qu'après une nouvelle campagne turbulente, il trouve une ligne de conduite claire. Ce n'est pas une mince affaire pour la direction. L'aspect financier réglé, le CEO Patrick Decuyper clame qu'il faut s'occuper du sportif. L'Antwerp, dit-il, ne se contentera pas des seconds rôles. Il convient de garder la tête froide, même quand l'euphorie du succès sera retombée. L'Antwerp est bien placé pour savoir que l'émotion est souvent mauvaise conseillère. À terme, la construction d'un nouveau stade sera déterminante pour l'avenir de l'Antwerp. Gand est là pour montrer les possibilités qu'offre une arène moderne. Malgré la division de la ville, l'Antwerp semble pouvoir s'appuyer sur un plus grand nombre de supporters que les Buffalos, mais uniquement quand les Anversois peuvent s'associer au succès. Sous maints aspects, l'Antwerp est à un tournant de son histoire. PAR JACQUES SYSL'Antwerp est à un tournant de son histoire.