Il a fêté avant-hier ses 40 ans. Un âge-clé puisqu'à de rares exceptions près, il signifie la retraite sportive.
...

Il a fêté avant-hier ses 40 ans. Un âge-clé puisqu'à de rares exceptions près, il signifie la retraite sportive. "Cette fois, c'est vraiment la fin", a précisé Michael Jordan lors d'une longue conférence de presse à Atlanta où il participait pour la quatorzième fois de sa carrière à l'All-Star Game qui rassemble les 20 meilleurs joueurs du championnat NBA. "Je me sens bien physiquement. Mieux peut-être que la saison passée mais mes tripes me disent que c'est la dernière saison. J'ai toujours suivi mon instinct et il m'a rarement trompé. Il n'y aura pas de troisième retour. On remporterait même le titre que ça n'y changerait rien. Je n'ai pas signé aux Washington Wizards en été 2001 pour l'argent . -NDLA: Ses revenus annuels totaux excèdent les 30 millions de dollars, ce qui équivaut à 5 dollars par...seconde). En fait, j'ai volontairement plafonné mon salaire à 1,2 million de dollars, ce qui est très nettement inférieur à ce qui se pratique en NBA. J'avais passé la saison précédente comme président des Wizards et ce fut pénible. En remontant sur le terrain, mon objectif était de prêcher l'exemple, de renverser la vapeur, d'éliminer le négativisme qui gravitait autour de l'équipe et de la franchise. Y suis-je parvenu? Je le pense, dans la mesure où nous avons transformé l'équipe. Nous y avons incorporé des jeunes comme Kwame Brown, Richard Hamilton et Brendan Haywood qui, au contact des anciens tels Jerry Stackhouse, Christian Laettner et moi-même, s'améliorent. Nous sommes sur la bonne voie. Ce qui nous manque, c'est de l'expérience au niveau des playoffs qui représentent vraiment un contexte spécifique où chaque rencontre doit être jouée au maximum des possibilités de chacun et où le contrôle de soi et de ses nerfs joue un rôle essentiel. Si nous ne parvenons pas à nous qualifier pour la phase finale cette saison, je serais très déçu". La postérité "Il ne m'appartient pas de juger qui est le meilleur joueur de tous les temps. Les époques sont différentes et les positions sur le terrain ne se comparent pas. Et puis, je n'ai pas joué contre les Jerry West, Wilt Chamberlain, Bob Cousy... Qui dit que face à eux, j'aurais été dominant? Maintenant, il est vrai que le fait d'être le meilleur, ou plutôt être reconnu comme tel, fait énormément plaisir. Je ne me suis pas trompé quand j'ai embrassé la carrière de basketteur! Je voudrais qu'on se souvienne de moi comme d'un joueur qui a compris et exploité du mieux possible toutes les facettes du jeu et non pas seulement comme un marqueur - NDLA: Il occupe la troisième place des meilleurs réalisateurs de tous les temps derrière Kareem Abdul Jabbar et Karl Malone. Bien sûr, les statistiques ont tendance à démontrer mes capacités offensives mais j'aimerais que les gens comprennent que je suis aussi un défenseur, que j'aide mes coéquipiers à donner le meilleur d'eux-mêmes, que j'ai été déterminant dans la conquête de six titres avec les Bulls. Et puis, en fin de carrière, j'ai débarqué dans une équipe de Washington qui ne marchait pas vraiment et je l'ai aidée à progresser. J'ai aussi été un gars qui aimait profondément le basket et qui adorait relever des défis, souvent saugrenus. Plus on me disait que c'était impossible et plus je prétendais que je pouvais le faire. Je veux léguer l'image d'un formidable battant qui n'a jamais jeté l'éponge". Les changements "Avant mon époque, le basket était une affaire de taille. Tout était axé sur un centre de plus de deux mètres qui faisait la loi sous l'anneau. Vers la moitié des années 80, on a commencé à mettre en exergue la polyvalence avec des joueurs comme Magic Johnson, Larry Bird, Scottie Pippen, Clyde Drexler, Charles Barkley et moi-même, capables de jouer à toutes les places avec égal bonheur. Les nouveaux joueurs -et principalement les Européens- savent défendre, passer, attaquer, tirer à distance, se débrouiller dans la raquette..." Quand MJ a débuté sa carrière professionnelle à Chicago en 84, les joueurs étrangers étaient une denrée rare en NBA. Cette saison, on en compte 66 issus de 34 pays."Le crédit de cette internationalisation revient à David Stern, le Commissaire de la NBA. Il ne s'est pas tourné vers l'étranger par simple désir d'exotisme. Il a soigneusement choisi les pays où les joueurs comprenaient le sport. La NBA, de même que le Dream Team, a multiplié les rencontres dans ces pays de sorte que leurs joueurs, et principalement les Européens, ont vu de belles opportunités aux USA. Personnellement, je trouve que les joueurs étrangers sont une excellente chose non seulement pour notre sport mais aussi pour la NBA. Ils sont d'un bon niveau et déclenchent une couverture médiatique planétaire". L'équipe nationaleComment a réagi le jeune quadragénaire à la contre-performance de l'équipe U.S. l'été dernier aux Championnats du Monde à Indianapolis? "Comme tout le monde, j'étais déçu. J'aimerais que les Etats-Unis maintiennent leur leadership parce que le basket, même s'il a été inventé au Canada, est un des nos sports nationaux. Mais cet échec a aussi eu le mérite de nous mettre les yeux en face des trous: les autres nations, principalement européennes, nous rattrapent. Pour les prochaines compétitions, nous enverrons nos meilleurs représentants et nous devrions en sortir gagnants, au propre comme au figuré. Le comportementIl fut beaucoup question de la faiblesse de l'arbitrage ces derniers temps et d'écarts verbaux et gestuels. "Il est vrai que ça devient grave. Il y a quelques années, on pouvait encore facilement discuter avec les arbitres pour se justifier ou leur demander des explications... Désormais, ils sont devenus plus susceptibles, plus arrogants à la limite. Ils veulent asseoir leur autorité mais je pense que ce n'est pas la bonne manière. Les instances de la NBA veulent, elles aussi, faire preuve d'autorité en imposant systématiquement des amendes après chaque écart. Mais aussi importants paraissent ces montants, ils sont inefficaces pour des millionnaires. Je pense qu'il est temps que chacun mette de l'eau dans son vin: joueurs, arbitres, coaches. Tous doivent se contrôler et ramener leur ego à de plus justes proportions. C'est la seule façon de résoudre ces frustrations et cette agressivité. Personnellement, je peux affirmer que j'ai toujours essayé de ne pas embarrasser ou de ridiculiser les arbitres. Je leur parle naturellement et sans animosité, sans faire de grands gestes. Ainsi rien ni personne ne peut entendre, voir ou même deviner ce qui se dit". Le futurS'il est difficile de voir un personnage aussi dynamique assis dans un fauteuil une fois l'heure de la retraite sonnée, MJ n'a pas besoin de lever la moindre phalangette. Sa fortune est immense et elle ne cessera de croître par la grâce des royalties, des tournées de conférences, des droits d'image... On le sait intéressé par le fait de reprendre sa position managériale au sein des Washington Wizards. D'aucuns le voient aussi poser sa candidature à la direction de la future équipe -la trentième- acquise il y a deux mois par le milliardaire de couleur Robert Johnson pour la somme de 300 millions de dollars. Mike n'en dira pas plus sur ses intentions mais certifiera en tout cas qu'il n'est pas question de briguer un mandat politique. "Je ne sais pas d'où provient cette rumeur qui me voit déguisé en politicien", confie-t-il. "Peut-être est-elle née d'une extrapolation de Magic Johnson que certains voient maire de Los Angeles ou encore de Charles Barkley, intéressé par le poste de gouverneur d'Alabama. Je leur souhaite le meilleur des succès au cas où ils franchiraient le pas.Personnellement, ma voie future prendra une autre direction".Bernard Geenen"Je veux laisser l'image d'un battant qui n'a jamais abandonné"