Mardi dernier, après sa défaite 3-0 au Bayern, René Weiler s'est adressé à la presse avec beaucoup de dédain. Le Suisse, qui a étudié la communication et voulait devenir journaliste, a effectué un choix étrange à l'occasion de ce premier déplacement en LC en postant Sven Kums en défense. Une option pas vraiment pertinente puisque le transfuge mauve de l'été a provoqué un penalty, précipitant la défaite des siens. Au lieu d'expliquer calmement ses motivations, Weiler s'est alors montré d'une arrogance déplacée. Avec le recul, ce devait être là le début de la fin pour quelqu'un que ses intimes décrivent comme charmant et galant mais qui, dès son arrivée au Parc Astrid, aura été incapable de composer avec le stress inhérent à ses fonctions. Et avec la vox populi, au point de jeter lui-même le gant.
...

Mardi dernier, après sa défaite 3-0 au Bayern, René Weiler s'est adressé à la presse avec beaucoup de dédain. Le Suisse, qui a étudié la communication et voulait devenir journaliste, a effectué un choix étrange à l'occasion de ce premier déplacement en LC en postant Sven Kums en défense. Une option pas vraiment pertinente puisque le transfuge mauve de l'été a provoqué un penalty, précipitant la défaite des siens. Au lieu d'expliquer calmement ses motivations, Weiler s'est alors montré d'une arrogance déplacée. Avec le recul, ce devait être là le début de la fin pour quelqu'un que ses intimes décrivent comme charmant et galant mais qui, dès son arrivée au Parc Astrid, aura été incapable de composer avec le stress inhérent à ses fonctions. Et avec la vox populi, au point de jeter lui-même le gant. Pour avoir tiré sa révérence un peu plus d'un an à peine après son arrivée, René Weiler va donc entrer dans l'histoire des Mauves comme une simple parenthèse. La saison passée, son incapacité à produire un jeu chatoyant, véritable label d'Anderlecht, avait déjà suscité pas mal de remous. Tout au long de son séjour au Sporting, bien peu de joueurs ont, à l'évidence, vanté son approche dans la presse, ce qui constitue un signe important. De fait, seul Youri Tielemans a parlé, à un moment donné, de sa droiture. Longtemps, Weiler a bénéficié du soutien de la direction et le public a même paru s'accommoder de son football médiocre, au nom du résultat final. Mais le titre, obtenu grâce aux buts en or de Lukasz Teodorczyk, a fait passer beaucoup de choses mais sûrement pas tout. À l'issue du 2-2 d'Anderlecht à Courtrai, Herman Van Holsbeeck et Roger Vanden Stock sont restés près de René Weiler pendant son interview télévisée. Ce n'est pas habituel. C'était comme s'ils voulaient empêcher Weiler de se répandre en déclarations malheureuses qui auraient encore mis plus à mal ses relations avec la presse. Van Holsbeeck a longtemps protégé son entraîneur. En temps de crise, il n'a pas d'autre choix. Comme quoi, il faut toujours replacer dans leur contexte les propos des dirigeants, quand ils répètent leur confiance en leur entraîneur. En interne, pourtant, le professionnalisme de Weiler lui valait énormément d'estime. Mais jamais on n'y a vraiment précisé quelles étaient les qualités exactes de l'entraîneur suisse ni en quoi consistait sa plus-value, hormis le fait d'avoir nettoyé le vestiaire et banni la nonchalance trop souvent affichée par le groupe. Avoir soutenu René Weiler aussi longtemps est tout à l'honneur du Sporting, car le Suisse n'a jamais fait mystère de sa philosophie : pour lui, tout tourne autour des points, qu'importe la manière. Un sacrilège au Parc Astrid. Weiler était un anti-romantique dans un théâtre de créativité et de frivolité. Le powerplay dont Anderlecht a usé à Courtrai pour arracher un point a fait mal aux yeux. Même les supporters ont demandé le renvoi de Weiler après un but des Mauves. Du rarement vu. Tout comme cette image de Roger Vanden Stock, pourtant toujours digne, sorti de son rôle en fustigeant le comportement des anti-Weiler. Au final, la séparation était devenue inéluctable. Ce qui étonne peut-être, c'est que le coach lui-même en ait pris les devants. Anderlecht peut désormais chercher un successeur. Celui-ci aura la lourde mission de rendre son identité à l'équipe. Dans les semaines à venir, on pourra mesurer à quel point les choix étranges de Weiler ont entamé le rendement de l'équipe et étouffé certains joueurs, comme Kums. Et si l'indolence qui gagne parfois le groupe, même cette saison, peut être contrôlée à terme. Il est impensable, en tout cas, qu'un coach fasse jouer aussi médiocrement une équipe aussi talentueuse - selon les normes belges - qu'Anderlecht. René Weiler doit procéder à son autocritique mais il n'est pas le seul. Dimanche, au Littoral, on a assisté à un piètre spectacle entre Ostende et Gand. Le renvoi de René Weiler n'est certainement pas le dernier de la saison. par JACQUES SYSRené Weiler n'aura été qu'une parenthèse dans l'histoire d'Anderlecht.