Parce qu'il avait pris goût aux vapeurs d'un titre de champion en 2003 et que le club n'avait terminé que troisième la saison passée, le Besiktas avait décidé de frapper un grand coup sur le marché des transferts. Dix ans après avoir tâté de la British connection en attirant des joueurs anglais de seconde zone, les Noir et Blanc ont voulu redresser la barre en se tournant vers l'Espagne.
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Parce qu'il avait pris goût aux vapeurs d'un titre de champion en 2003 et que le club n'avait terminé que troisième la saison passée, le Besiktas avait décidé de frapper un grand coup sur le marché des transferts. Dix ans après avoir tâté de la British connection en attirant des joueurs anglais de seconde zone, les Noir et Blanc ont voulu redresser la barre en se tournant vers l'Espagne. Lassé des turpitudes madrilènes, Vicente Del Bosque débarquait au poste de directeur technique. Avec les bénédictions présidentielles, Del Bosque activait la filière espagnole en attirant John Carew, ex-Valence (à l'AS Rome en 2003-204) et Juanfran du Celta Vigo. L'orgueil stambouliote était à ce prix. Besiktas ne pouvait plus terminer derrière Fenerbahce sacré champion de Turquie comme la saison passée où la seule consolation venait d'avoir laissé l'autre rival Galatasaray en dehors des places européennes. Car Istanbul compte quatre clubs en D1 (Galatasaray, Fenerbahce, Besiktas et Istanbulspor). Si le Galatasaray reste le plus coté sportivement, Fenerbahce û seul club sur la côte asiatique û dispose d'une base populaire plus importante lui permettant de remplir régulièrement son stade avec 60.000 personnes même si la capacité officielle ne mentionne que... 42.000 places. Entre les deux clubs, la rivalité est légendaire. Le titre conquis par Fenerbahce a permis au club entraîné par Christopher Daum de revenir à hauteur de Galatasaray au nombre de sacres (15). Les Sang et Or voyaient leur règne prendre fin (6 titres en dix ans, une Coupe de l'UEFA et une Supercoupe) dans la douleur en ne terminant que sixième du dernier exercice. Besiktas quant à lui ne fait que s'immiscer de temps en temps dans les pronostics comme en 2003 lorsqu'il coiffait les lauriers sous la houlette du Roumain Mircea Lucescu, viré de Galatasaray la saison d'avant. Cette année-là, le passage du stratège roumain à Besiktas avait occulté l'antagonisme Galatasaray-Fenerbahce. Besiktas faisait la fête pendant que Lucescu entrait dans l'histoire turque en devenant le premier entraîneur à empocher deux titres d'affilée avec deux clubs différents. Quoi de plus beau pour le plus vieux club turc qu'un titre de champion l'année de son centenaire. Soit huit ans après son dernier titre. Le Besiktas n'a pas su gérer le titre du centenaire, passant la main à Fenerbahçe. Et la lessive fut nécessaire. Pourtant la greffe fut loin de prendre de suite. Le Besiktas ratait complètement son début de championnat. Contesté, Del Bosque faisait face, refusant même un retour au Real Madrid. " Ils avaient de nombreux nouveaux joueurs et il fallait que la sauce prenne ", explique Onder Turaci, exilé chez le rival Fenerbahçe. En sept journées, le BJK ( Besiktas Jimnastik Kulübü) n'allait l'emporter qu'une seule fois avant de retrouver son jeu lors de la 8e journée grâce à une nette victoire 4-0 contre Diyarbakirspor. Depuis lors, le club ne s'est plus incliné (trois victoires, deux nuls et une victoire en Coupe UEFA face à Bilbao), infligeant au leader, Fenerbahçe, son unique défaite. " Ce jour-là, ils étaient vraiment solides ", explique Turaci. " Cela faisait plusieurs jours qu'on ne parlait que de ce derby. Ils ont été concentrés et sont repartis avec les trois points ". Le Standard sera donc confronté à une équipe qui a connu les mêmes problèmes que lui. Fortement remaniée, la formation turque a eu du mal à trouver son rythme de croisière qui semble désormais atteint. Actuellement 10e en championnat, ils ont réussi à mettre sur pied une équipe organisée autour de plusieurs piliers comme Carew en attaque, Sergen Yalcin au milieu et Juanfran ainsi que Mustapha Dogan, ancien joueur de Cologne en défense. Leur système de jeu change cependant en fonction de l'adversaire. Dans leur antre d'Inönu, ils font le jeu alors qu'ils préfèrent jouer la contre-attaque en déplacement en misant sur le rapide roumain Daniel Pancu. Stéphane Vande Velde