C'était le grand événement de ce samedi. Il n'avait ni lieu à Sclessin ni au Lotto Park, mais là où bon vous semblait. Pour ma part, vu que la vie semble perpétuellement me lier au football, ce fut au numéro 2 de l'avenue Ernest Cambier, à la buvette du FC Kosova Schaerbeek, que j'ai retrouvé ce samedi le goût d'un verre en extérieur. Avec un peu d'avance sur la France - onze jours, pour être exact - la Belgique a rouvert ses terrasses et il n'y avait absolument aucun prétexte nécessaire pour se ruer vers sa préférée et pas plus d'excuse, pas même une météo assez exécrable pour un début de mois de mai, pour ne pas se prêter au jeu. Que ce soit pour un café matinal sous quelques gouttes ou pour une bonne bière entre amis, il y avait dans l'air un sentiment de légèreté qui a duré. Officiellement jusqu'à 22 heures, moment injuste...

C'était le grand événement de ce samedi. Il n'avait ni lieu à Sclessin ni au Lotto Park, mais là où bon vous semblait. Pour ma part, vu que la vie semble perpétuellement me lier au football, ce fut au numéro 2 de l'avenue Ernest Cambier, à la buvette du FC Kosova Schaerbeek, que j'ai retrouvé ce samedi le goût d'un verre en extérieur. Avec un peu d'avance sur la France - onze jours, pour être exact - la Belgique a rouvert ses terrasses et il n'y avait absolument aucun prétexte nécessaire pour se ruer vers sa préférée et pas plus d'excuse, pas même une météo assez exécrable pour un début de mois de mai, pour ne pas se prêter au jeu. Que ce soit pour un café matinal sous quelques gouttes ou pour une bonne bière entre amis, il y avait dans l'air un sentiment de légèreté qui a duré. Officiellement jusqu'à 22 heures, moment injuste où les intenses retrouvailles avec l'horeca devinrent des adieux brutaux. Officieusement jusque tard dans la nuit, notamment pour une formidable équipe qui avait ce samedi le plus beau prétexte possible pour faire la bringue jusqu'au lendemain matin: le RFC Seraing. Eux aussi privés de terrasse, mais surtout de D1A depuis un quart de siècle, les Métallos ont bien mérité une soirée mémorable après leur succès face à Waasland-Beveren (2-5), histoire de célébrer une accession bien méritée. Il y a dans les montées quelque chose qui semble plus fort que dans les titres. Peut-être parce qu'elles ont toujours l'air un peu plus héroïques, un peu plus humaines. Peut-être parce qu'elles semblent toujours, parfois à tort, récompenser un labeur plus intense, plus éprouvant. Peut-être parce que cette année, les accessions belges ont permis à deux équipes de retrouver l'élite après une attente interminable. Toujours est-il que ces matches de barrages suscitent chez les amateurs de foot une curiosité proche du voyeurisme. Ode ultime au "malheur aux vaincus", l'opposition entre Waasland et Seraing a par exemple fait chavirer quelques coeurs en France, du côté de Metz, où on a vibré pour son club partenaire un peu plus que de raison. De mémoire de trentenaire imminent, on n'avait jamais autant parlé outre-Quiévrain du meilleur buteur de D1B que depuis la folle saison de Georges Mikautadze. Tout cela explique certainement la raison pour laquelle ce samedi soir, j'étais plus curieux de ce qu'il se passait au Freethiel qu'ailleurs. L'impression humaine et footballistique laissée par les joueurs de Seraing expliquait, elle, la raison pour laquelle entre deux bières et deux frappes du gauche dans les buts du FC Kosova Schaerbeek, j'ai fini par me concentrer plus que jamais sur ce match de barrage après le but de Michael Frey. Quelle impression humaine, allez-vous me dire? Celle entrevue suite au succès des joueurs ce samedi soir, qui permettait d'imaginer assez aisément Wagane Faye, Antoine Bernier et tous les autres venir célébrer leur immense accomplissement dans une buvette assez similaire à celle où j'étais assis dans ma chaise en plastique. Mais ce samedi soir, c'est bel et bien l'impression footballistique qui a compté. Emilio Ferrera ne le disait qu'à demi-mot, par respect pour Waasland-Beveren, mais c'est une accession archi-méritée que sont allés chercher ses joueurs. Déjà dominateurs à l'aller, où ils auraient pu et même dû s'imposer, les Métallos ont acquis à Beveren un succès à l'image de leur saison. Un peu foufou et plein de caractère. Suffisamment forts pour ne pas se poser trop de questions après avoir été menés assez tôt dans le match, ils ont montré qu'ils étaient les plus forts sur les deux rencontres en prouvant que l'on pouvait jouer un beau foot offensif dans l'anti- chambre de l'élite. Et si un certain boulot reste désormais à faire après 25 ans passés loin du top, autant en termes de structure administrative que sportive, Sérésiens et Sérésiennes ont gagné le droit de poursuivre la fête entamée samedi soir. Pour ma part, je lève mon verre à leur santé, mais aussi aux supporters de l'Union Saint-Gilloise. Pour ma deuxième saison de football belge l'année prochaine, j'aurai droit aux retours des vieux briscards.