Parfois, même après 35 ans de football en D1, on assiste à un événement surprenant. Quand, en pénétrant dans une pièce, quelqu'un donne aux personnes présentes le sentiment qu'il se produit quelque chose. C'était le cas vendredi dernier à Genk, lors de la première conférence de presse de John van den Brom.
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Parfois, même après 35 ans de football en D1, on assiste à un événement surprenant. Quand, en pénétrant dans une pièce, quelqu'un donne aux personnes présentes le sentiment qu'il se produit quelque chose. C'était le cas vendredi dernier à Genk, lors de la première conférence de presse de John van den Brom. La présentation d'un match est généralement une courte formalité. L'entraîneur n'a souvent qu'un souci: ne pas dévoiler ses cartes. Il en a été tout autrement vendredi après-midi. Dès son arrivée, un Van den Brom hyper motivé a illuminé la salle. Enthousiaste, clair, il a séduit les journalistes présents pendant une demi-heure. Vous pensez demander comment un entraîneur qui procède en 4-3-3 va gérer le système genkois, avec trois défenseurs, mais ce n'est pas nécessaire, car Van den Brom aborde lui-même le sujet: "Le style de jeu ne va pas changer. La défense est solide. Il serait stupide d'en changer." Pour la première fois cette saison, Genk dispose d'un noyau complet. Le médian Bryan Heynen est complètement rétabli. Une option? "Bryan peut apporter un plus à cette équipe. En d'autres termes, il va jouer." Et devant? "Nous avons deux éléments créatifs, Ito et Bongonda. Ils sont dangereux quand ils peuvent obtenir le ballon très haut. Cyriel Dessers sait que l'intérêt de l'équipe prime, que Paul Onuachu est le meilleur buteur du championnat. Il va devoir patienter." Veut-il insuffler plus de confiance à ses joueurs en spécifiant si clairement sa sélection? Van den Brom: "Je suis toujours ouvert. Dès que mes joueurs sont au courant, vous pouvez connaître ma composition." Il ne restait plus qu'une question avant le coup d'envoi. Qui allait céder sa place à Heynen: Patrik Hrosovsky, écarté par Hannes Wolf, mais devenu le ciment entre défense et attaque, ou le tout frais international norvégien Kristian Thorstvedt? Van den Brom a écarté le Scandinave. En première mi-temps, c'est la consternation. Le nouvel entraîneur voit un Genk dénué d'inspiration et d'esprit de corps face à des visiteurs étonnamment affûtés. "Comme si mes gars n'avaient jamais joué ensemble auparavant." Par la suite, les pièces du puzzle se sont assemblées et le club limbourgeois a joué telle une machine bien huilée, pour la première fois de la saison. Pendant vingt minutes, il a même développé un football-champagne. Les joueurs y ont pris plaisir. Ce revirement n'a pas été induit par un sermon au repos. "Ce n'est efficace qu'une fois par saison, et si j'y avais déjà eu recours, j'aurais épuisé ce moyen." Van den Brom est resté très calme. "Je savais que tout allait changer en seconde mi-temps parce que l'adversaire allait fléchir et que nous avions de meilleurs joueurs." Théo Bongonda, l'homme du match, a été surpris par la sérénité de l'entraîneur. "Cela nous a donné confiance." Van den Brom n'a pas tout chamboulé. "Il nous laisse faire, il nous accorde une certaine forme de liberté. Certains joueurs en ont besoin." Le résultat? Une cinquième victoire d'affilée. Et voila que subitement, Genk n'est plus qu'à une unité du leader. Si on laisse faire Van den Brom, tout reste possible dans cette compétition très resserrée. L'entraîneur reste imperméable aux critiques et aux doutes émis depuis les Pays-Bas. "J'ai 54 ans, je suis en bonne santé, j'ai deux filles et une femme fantastiques, et je me plais beaucoup dans ce club, un grand club à tous points de vue. Je ne m'occupe pas de ce qu'on écrit sur moi aux Pays-Bas." Van den Brom n'a jamais entraîné un grand club néerlandais, mais Genk est en tout cas très satisfait de son nouveau coach, qui déborde d'une motivation contagieuse. Pour la première fois depuis belle lurette, le reste de la Belgique observe avec curiosité ce qu'il se passe à Genk.