Pascal Bovri soufflera cette année ses 37 bougies. Il y a quatre mois, sa petite famille s'est agrandie d'un second fils. Il s'est associé avec un ami pour la gestion d'un magasin de sports à Lierre.
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Pascal Bovri soufflera cette année ses 37 bougies. Il y a quatre mois, sa petite famille s'est agrandie d'un second fils. Il s'est associé avec un ami pour la gestion d'un magasin de sports à Lierre. Il n'y a pas si longtemps qu'il a quitté les feux de l'actualité. Il y a quatre ans à peine, Pascal disputait 25 des 34 matches qui allaient mener au titre les hommes d' Eric Gerets. "Je n'ai aucune raison de nourrir des regrets quant à ma carrière", dit-il. "La consécration sous la forme d'un titre de champion de Belgique est arrivée sur le tard. Je suis fier de mon parcours avec près de 300 matches en D1 et une petite dizaine en coupe d'Europe. Dont un face au Sporting Lisbonne de Filip De Wilde avec le brassard de capitaine". Depuis son départ de la chaussée du Lisp, sa carrière a piqué du nez. RWDM encore en D1, Kappellen et, aujourd'hui, le SK Hal en P2 brabançonne : "J'aurais pu arrêter mais je ne pouvais pas refuser l'appel du pied de mon club d'origine. Mon frère y est entraîneur-adjoint et le coach principal, Marc Vandevelde, est un ami d'enfance. J'ai retrouvé le plaisir simple d'aller à l'entraînement deux fois par semaine et de disputer mon petit match le dimanche. J'ai tourné une page de ma vie que je ne renie nullement. Je devais entamer ma reconversion car je ne fais pas partie de ces joueurs qui ont pu, durant leur carrière, amasser une fortune. J'ai bien gagné ma vie mais pas de quoi me tourner les pouces jusqu'à ma pension". Paradoxalement, c'est au crépuscule de sa carrière qu'il découvre le petit monde du foot provincial : "Au début, j'étais la cible des sarcasmes parce que j'étais Pascal Bovri. J'avais tendance à y répondre mais, au fil des matches, je me suis assagi pour prendre tout simplement du plaisir dans le jeu. Ma condition physique est intacte, je ne suis ni plus lent ni plus rapide qu'il y a dix ans mais je m'amuse". Depuis ce fameux titre conquis en 97, le Lierse a renouvelé une partie de ses cadres et, malgré une Coupe de Belgique en 98, le club traverse une crise d'indentité. Pascal, qui habite Duffel, a conservé des liens assez étroits avec les joueurs de la glorieuse époque :"Je vois régulièrement Eric Van Meir ou Karel Snoeckx. La semaine dernière, de sa retraite avec les Diables rouges, Bob Peeters m'a donné un coup de fil. J'ai côtoyé les deux générations de jeunes joueurs issus du club. Footballistiquement, Bob était probablement celui qui possédait le moins de possibilités pour réussir une carrière. Vous avez vu où il est maintenant? Je me souviens qu'à ses débuts, le public rigolait de lui, de sa maladresse. Un peu comme Jan Koller lors de son arrivée à Lokeren. Mais nous savions ce qu'il était capable de faire pour le voir tous les jours à l'entraînement". Le titre conquis par le Lierse, Pascal affirme l'avoir senti venir car l'osmose jaillissait."Lorsque des deux premières années de Gerets, nous avions terminé à la cinquième place. Avec une participation européene à la clé. J'ai vu arriver les Huysmans, Snoeckx, Peeters et Zefilho dans un premier temps. Avant d'intégrer les Cavens, Hoefkens, Somers, Daems et Vandecouter aujourd'hui parti à Malines. Avec le recul, il faut bien admettre que Bob Peeters est celui qui a réellement percé. J'y ajouterais également Karel Snoeckx, qui est devenu une valeur sûre du Lierse, et aussi Jürgen Cavens. Celui-là, c'est vraiment la grande classe. A ses débuts, je le véhiculais régulièrement. Il a toutes les qualités pour s'imposer. Même le caractère. J'entends dire que ces jeunes n'ont pas de caractère. C'est faux, ils ont envie de réussir mais, pour le moment, ils stagnent. Peut-être le club et l'entourage ont-ils une part de responsabilité dans ce surplace. Il ne faut pas oublier que l'équipe championne a été pillée (Huysmans, Peeters, Van Kerckhoven,Menzo, De Roover, Zefilho) et qu'elle a dû être reconstruite. Les jeunes ont perdu leurs repères. Moi aussi, j'ai connu une saison noire au Lierse. J'avais même été relégué dans le noyau B. J'ai mordu sur ma chique et je suis revenu. Ils ont les moyens de rebondir". Alors qu'il aurait pu opter pour des équipes plus huppées voire pour Geel, Pascal a opté pour le RWDM. Parce que son père était et est toujours supporter : "J'y ai passé de bons moments et, lorsque le club m'a mis à l'écart, j'ai aidé les jeunes. Un garçon comme Butera, par exemple, a les moyens de réussir. Par contre, je suis triste par la tournure que prend la carrière de Steve Barbé. Au RWDM, il survolait tout le monde. La classe, le physique, une grande facilité. S'il est dans le noyau B d'Harelbeke, c'est qu'il y a eu une erreur d'aiguillage". Jean-Marc Ghéraille