Il fait très chaud à De Schorre, où les joueurs d'Ostende ont repris l'entraînement sous les yeux du nouveau président, Franck Dierckens, patron de Diaz Sunprotection, qui passe là-bas tous les jours. " J'ai travaillé dur toute ma vie et je veux que les joueurs bossent également ", dit-il. Son objectif : terminer entre la 6e et la 10e place. C'est pour cela qu'il a engagé KareIngebrigtsen (53 ans), un entraîneur norvégien expérimenté et très réputé dans son pays. Avec Rosenborg, il a gagné trois titres nationaux consécutifs, deux coupes et deux supercoupes.
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Il fait très chaud à De Schorre, où les joueurs d'Ostende ont repris l'entraînement sous les yeux du nouveau président, Franck Dierckens, patron de Diaz Sunprotection, qui passe là-bas tous les jours. " J'ai travaillé dur toute ma vie et je veux que les joueurs bossent également ", dit-il. Son objectif : terminer entre la 6e et la 10e place. C'est pour cela qu'il a engagé KareIngebrigtsen (53 ans), un entraîneur norvégien expérimenté et très réputé dans son pays. Avec Rosenborg, il a gagné trois titres nationaux consécutifs, deux coupes et deux supercoupes. " Ça fait sept titres sur huit possibles et nous avons joué trois fois les poules de l'Europa League ", dit-il. Mais en juillet 2018, il a été limogé. Les dirigeants ne le trouvaient pas assez moderne. Rosenborg était alors deuxième à deux points de Brann Bergen. Son successeur, le Hollandais Rini Coolen, remportait le titre et la coupe avec le même style de jeu et les mêmes joueurs. " La cicatrice n'est pas encore refermée car c'est mon club ", dit-il. " Pour un jeune de Trondheim, Rosenborg, c'est le top. Etre limogé, ça arrive mais là, je ne m'y attendais pas. Tout le monde a été choqué. Les joueurs voulaient même que je revienne. S'ils avaient été à la base de mon éviction, j'aurais compris. Mais ici, la décision venait du président. Et je ne vous parle pas de la manière (il soupire)... Les coaches travaillent dur et savent qu'un jour, ce sera la fin. Mais la moindre des choses, c'est de faire preuve de respect. Il n'y en a plus dans les médias non plus. Tout le monde donne son avis sans argumenter. Il n'y a plus de limite." Après son limogeage, il a parcouru l'Europe à la recherche de nouvelles idées. Il s'est rendu à Manchester City, dont il avait porté le maillot pendant deux ans et demi dans les années '90. Sa seule aventure à l'étranger. " A l'époque, beaucoup d'internationaux norvégiens jouaient en Premier League mais je n'étais sans doute pas suffisamment bon. A l'époque, City ne pouvait pas s'offrir les meilleurs joueurs. Je jouais pour l'équipe, j'étais un box to box, je travaillais dur mais mon nom ne figure sans doute pas en lettres capitales dans les livres d'histoire de Manchester City. " (il éclate de rire). Il a beaucoup parlé avec d'autres entraîneurs, y compris avec Pep Guardiola. " A nice guy. Les entraîneurs des grands clubs ont beau avoir tout l'argent du monde, ils ont aussi leurs priorités à l'entraînement. Son football est celui qui m'impressionne le plus. Il joue aussi en 4-3-3. En match, sa philosophie est claire. J'ai eu la chance de parler une dizaine de minutes avec lui. De ce qu'il veut encore faire, notamment. Tout était très clair. " Etes-vous né entraîneur ou l'êtes-vous devenu ? Kare Ingebrigtsen : Je le suis devenu en travaillant avec différents entraîneurs dans différents clubs. Comme Trond Sollied, j'ai eu la chance de travailler avec Nils Arne Eggen (14 titres et 6 coupes avec Rosenborg, ndlr). C'était un entraîneur très offensif qui jouait en 4-3-3 avec un triangle renversé et des arrières latéraux placés très hauts. Mes deux autres exemples, Egil Olsen ( équipe nationale, ndlr) et Bjørn Hansen ( Rosenborg, ndlr), mettaient davantage l'accent sur la défense. Leur coaching était différent également : Eggen criait, Hansen parlait davantage avec les joueurs. C'est ce que j'essaye de faire. Pendant un match, je ne discute pas avec le 4e arbitre, j'ai besoin de toute mon énergie pour faire jouer mes joueurs. Et puis, je suis sensible : à l'école ou en club, j'aimais qu'on m'explique les choses normalement, sans crier. En Scandinavie, on pense que le seul coach qui a le droit de crier est l'entraîneur de football car il doit travailler avec des enfants gâtés. Je ne suis pas d'accord. Un entraîneur doit être un leader moderne qui doit convaincre ses joueurs calmement, pas en les insultant. Ceux de ma génération étaient sans doute plus faciles à entraîner. Maintenant, on vient les chercher à 10 ou 12 ans sur les bancs de l'école et ils ont moins d'éducation. Nous devons non seulement leur apprendre à jouer mais aussi à vivre et à bien se comporter en groupe. Saviez-vous que vous deviendriez entraîneur dès la fin de votre carrière ? Ingebrigtsen : Je me suis cassé la jambe en 1997, à l'âge de 31 ans. J'ai trouvé un job de vendeur chez Salomon - une marque de skis - et Reebok. Après des années de football, j'étais content d'avoir mes week-ends et de pouvoir partir en vacances. J'aimais bien ce job : je voyageais, je rencontrais des gens. En 2012, j'ai aussi vendu des voitures mais on revient toujours au football. Quand vous écartez un joueur, vous lui expliquez pourquoi ? Ingebrigtsen : Oui. Je trouve que c'est très important, même s'il n'est pas toujours facile d'écarter quelqu'un tout en lui disant qu'il compte beaucoup pour le groupe parce ce qu'il montre à l'entraînement qu'il entraîne l'équipe vers le haut. De plus, il n'est sans doute pas d'accord avec moi. Vous retrouvez le terrain après 11 mois d'absence. Quelles sensations cela vous procure-t-il ? Ingebrigtsen : C'est fantastique. Je suis professionnel depuis l'âge de 18 ans et je n'imagine pas ma vie sans football. Collaborer avec des assistants, avec le staff médical, avec la direction. Fixer des objectifs, gagner et perdre ensemble. Plus l'humour du vestiaire, qui est le même en Belgique qu'en Norvège. Je sais aussi que je vais passer des nuits blanches mais en général, je dors bien. J'ai reçu des offres du Moyen-Orient, de Chine et de Russie mais ma femme ne voulait pas y aller, alors j'ai renoncé. Je veux que ma femme et ma fille de cinq ans - j'ai deux autres filles plus âgées en Norvège - m'accompagnent. Je ne peux pas vivre sans ma famille. Le soir, je veux faire autre chose. J'aime le football mais pas sept jours sur sept et 24 heures sur 24. Le football n'est pas votre priorité ? Ingebrigtsen : Non. En 2007, j'ai perdu ma soeur. Elle est morte d'un cancer à 40 ans. J'en ai tiré une leçon : il faut vivre. La famille, c'est plus important que le football, dont on oublie souvent que c'est avant tout un loisir.