Les play-offs ne sont pas achevés que la préparation du Mondial commence déjà. Roberto Martinez a envoyé lundi dernier à la FIFA la liste des 35 joueurs à partir de laquelle il va composer sa sélection pour la Russie. Il nous fournira les noms des 23 élus lundi prochain. Les douze autres resteront en stand-by. La première phase de la préparation débute le mardi 22 mai, la phase deux est fixée au 28 mai.
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Les play-offs ne sont pas achevés que la préparation du Mondial commence déjà. Roberto Martinez a envoyé lundi dernier à la FIFA la liste des 35 joueurs à partir de laquelle il va composer sa sélection pour la Russie. Il nous fournira les noms des 23 élus lundi prochain. Les douze autres resteront en stand-by. La première phase de la préparation débute le mardi 22 mai, la phase deux est fixée au 28 mai. Les Diables Rouges disputent des matches amicaux au pays contre le Portugal le 2 juin, l'Égypte le 6 et le Costa Rica le 11. Le 13 juin, la délégation s'envole pour Moscou, où la Russie va donner le coup d'envoi du tournoi le lendemain contre l'Arabie saoudite. Les Diables Rouges entrent en action le lundi 18 juin, contre le Panama. Vous êtes prêts ? CHRIS VAN PUYVELDE(il rit) : Nous avons fait de notre mieux ! À tous points de vue, sur base des expériences du passé. Pour vous donner un exemple : à l'issue du championnat, chacun bénéficiera de sept jours de repos. La préparation débute officiellement le 22 mai mais cette date est souple. Jusqu'au 28 mai, nous ne nous entraînons que le matin, afin que les joueurs puissent passer l'après-midi en famille. À partir du 28 mai, tout le monde sera présent, à moins que Simon Mignolet n'obtienne plus de temps après la finale de Champions League. Ça dépend de lui : il aura peut-être envie de nous rejoindre immédiatement. On travaillera alors en blocs. Des blocs de séances, de famille et les trois matches. Roberto, Thierry Henry et moi estimons le repos mental aussi important que le suivi individuel physique. Richard Evans, le préparateur physique, a beaucoup voyagé pendant deux ans pour s'informer. Roberto connaît la sensibilité des entraîneurs de clubs. Nous avons déterminé il y a quelques mois ce qui serait nécessaire à chacun. Un Mondial se joue sur des détails. L'Allemagne l'a prouvé et nous l'imitons. D'ailleurs, elle voulait l'hôtel que nous avons réservé, mais sa totalité, alors qu'une aile nous suffit. Tout est en ordre, y compris le terrain d'entraînement. N'oubliez pas qu'il est sous le contrôle de la FIFA, qui est très exigeante. L'équipe est-elle prête aussi ? VAN PUYVELDE : Je pense que oui. C'est le moment ou jamais pour beaucoup de joueurs. Les blessures sont délicates à ce stade. Tous les sélectionneurs les redoutent pour le moment car une blessure en mai est synonyme de forfait. C'est grave quand ça touche des joueurs-clefs. Qui est incontournable ? VAN PUYVELDE : La défense est la ligne la plus fragile. Nous avons deux léopards, des joueurs qui peuvent faire beaucoup de choses sur des distances courtes : Vincent Kompany et Thomas Vermaelen. Ils sont très agressifs sur 10-15 mètres. Je viens de voir Kompany piquer un sprint, à peine guéri... C'est inné. Si ces deux-là sont prêts et qu'on peut leur adjoindre des joueurs au bon jeu de position comme Toby Alderweireld ou Jan Vertonghen, on a un bon mix. Vincent est en plus le leader, reconnu par tous. Certains - Alderweireld, Meunier, Carrasco - ont moins joué cette saison. VAN PUYVELDE : Il y aura un certain équilibre : ceux qui ont moins joué seront plus frais. C'est très personnel et c'est pour ça qu'au début, les séances seront plutôt individuelles. Nous n'allons pas en stage, nous ne voyageons pas. Il était peut-être bon d'aller en Suède avant le Brésil et à Lausanne avant l'EURO. J'y étais et tout était parfait. Mais si la formule choisie cette année s'avère la bonne, tout le monde restera à la maison la fois suivante. Je vais le formuler autrement : si on n'avait pas déploré tant de blessés contre le Pays de Galles, peut-être dirait-on que l'approche avait été bonne et qu'il fallait la conserver. C'est pour ça que je dis que les blessures vont jouer un rôle crucial. La revalidation de Batshuayi, la forme de Lukaku... Dès le premier jour, la Belgique divulgue ses 23 noms. C'est étonnant. VAN PUYVELDE : Le coach veut être clair d'emblée. Il y aura peut-être plus d'incertitude sur un nom ou deux mais il ne veut pas créer de faux espoirs. Le sélectionneur est-il prêt ? VAN PUYVELDE : Roberto est une bête de football, il a hâte d'y être. Le staff étudie chaque détail. Il prépare tout avec maniaquerie et il adore ça. Il a envie de faire ses preuves sur une grande scène. Non. C'est exagéré : c'est à nous tous de faire nos preuves, surtout dans un pays aussi négatif que la Belgique. Ce n'est pas le rôle d'une seule personne. Vous estimez manquer de reconnaissance ? VAN PUYVELDE : Nous sommes passés de la satisfaction d'en être à l'idée que le Brésil était bien mais qu'on aurait pu disputer la demi-finale. Puis il y a eu la déception de Lille. L'euphorie suscitée par les nouvelles idées s'est éteinte. Mais elle reviendra vite si on parvient à grandir pendant le tournoi. Et je trouve qu'on est trop négatif, en effet. Beaucoup de gens m'interrogent, en Asie ou en Europe, sur ce que nous faisons. Je pense qu'après chaque match, on aurait pu dire : mission accomplie. Malgré tout, on nous critique. On a vite oublié d'où on venait et qui on était. En Grèce, on a ressenti le 1-1 comme une claque mais en deux minutes, nous nous sommes transformés en Italiens. Nous avons tué le match au moment où les Grecs sombraient dans l'euphorie. Avant, l'équipe avait peur d'encaisser un but de plus. Plus maintenant. Le match en Bosnie... Dans les pires conditions qui soient mais on a réussi. C'est très important. Ce noyau est-il au sommet de sa maturité ? VAN PUYVELDE : En âge et en expérience. Durant les grandes années de Sir Alex, Manchester United disait que l'équipe devait être divisée en trois : un tiers de jeunes, formés par le club, qui connaissent sa culture et savent ce que gagner veut dire. Un tiers entre 20 et 26 ans, un tiers de plus âgés. Ces proportions ont changé depuis, en Angleterre, à cause de la lourdeur du calendrier, mais notre noyau entre dans cette structure, peut-être avec un rien plus d'expérience, comme les formations transalpines, en moyenne plus âgées. Ce qui me frappe, c'est le plaisir qui règne à l'hôtel alors que la concentration est intense à l'entraînement. La base tactique s'est-elle étoffée ? VAN PUYVELDE : Notre système est clair et souple. Trois hommes à la construction une fois, quatre la fois suivante, des joueurs entre les lignes. On a sciemment retardé l'étape suivante, sachant qu'on se qualifierait pour la Russie. On va expliquer d'autres aspects pendant la préparation. De ce point de vue, les matches contre le Mexique et le Japon ont été un wake up call. On a réduit le noyau et désigné des duos et des trios. Quels joueurs postons-nous là ? Yannick Carrasco occupe le rôle de wing back autrement que Jan Vertonghen. La paire Witsel-Fellaini apporte une autre dynamique que le duo Witsel-De Bruyne. Qui prend le ballon, qui s'en écarte, qui s'occupe de la défense, comment opérer la transition... Meunier et Carrasco peuvent être associés mais pas contre un adversaire qui joue comme le Mexique ? VAN PUYVELDE : L'essai a obligé les joueurs à choisir des solutions et a clarifié certaines choses. C'est à ça que servent ces matches. Le président du Japon nous a dit après : -Si on pouvait ajouter votre créativité à notre abattage, on aurait une grande équipe. Au tirage au sort du Mondial, à Moscou, tout le monde parlait avec beaucoup de respect de la Belgique. Mais en tant qu'outsider. VAN PUYVELDE : Jamais un pays de onze millions d'habitants ne sera le favori. De même que nous ne serons jamais réguliers au plus haut niveau, à cause de nos limites démographiques. Le prochain défi sera d'élargir la base de la diversité qui nous est si précieuse pour le moment. Thierry Henry le répète : " Ce ne sont pas les centres de formation qui ont changé le football français mais l'intégration des colonies. " Donc, on en revient aux favoris habituels ? VAN PUYVELDE : Oui, avec un outsider tous les quatre ans et j'espère qu'on le sera cette fois. Qui aurait pensé aux Pays-Bas il y a quatre ans ? On critiquait les choix tactiques de Louis van Gaal mais quatre ans après, nos voisins sont toujours empêtrés dans leur transition. Il faut être souple et les Belges le sont. Lors des éditions précédentes, les équipes qui sont allées loin ont encaissé très peu de buts dans la phase par élimination directe du tournoi. C'est compatible avec la philosophie offensive de Roberto Martinez ? VAN PUYVELDE : Une approche offensive s'appuie toujours sur de bons rapports entre attaque et défense. On a une image erronée de Roberto. Il ne pense pas qu'à l'attaque. Nous ne sommes pas fragiles en défense ? VAN PUYVELDE : Quand on a beaucoup de blessés, pas à cause de sa philosophie. Et notez qu'il va l'adapter quand il le faudra. Mais dans cette poule de qualification, dont on disait qu'elle était très abordable, l'essentiel était bien d'attaquer ? Pour moi, deux choses importent : l'identité de l'adversaire et les joueurs dont on dispose. Notre noyau comporte beaucoup de bons éléments offensifs. Il faut que la transition soit équilibrée. L'Italie a fait impression à l'EURO avec un football innovant mais aussi parce quelle savait que ses trois défenseurs faisaient bien leur boulot. Si on est au complet, on sera bon aussi. Notre bloc va varier. Il sera parfois haut, parfois bas. Comme Liverpool, qui est dangereux en toutes circonstances, même sur ses longs tirs depuis l'arrière. Ils ont déconcerté l'AS Rome. On doit essayer de faire douter notre adversaire. Trond Sollied le répétait à ses joueurs : envoyez quelques longs ballons en début de match. Pour faire reculer la défense, tester sa force sur les hauts ballons et sa gestion des brèches dans son dos. On a en Romelu Lukaku et en Dries Mertens des attaquants capables de perturber l'adversaire... Et d'autres aussi... VAN PUYVELDE : J'en cite deux mais on en a d'autres. C'est une question de moments. Dans tout match, il y a toujours un ou deux joueurs qui réalisent une action inattendue, souvent à la transition. Quand on affronté Maradona et consorts, à l'époque, qui en avait l'expérience ? Et pourtant, l'équipe a bien joué ! Maintenant, ils se connaissent tous mais ça ne change pas grand-chose. Si Messi et Ronaldo sont bons, ils feront la différence. Comme Eden Hazard ou Kevin De Bruyne ou d'autres encore. D'ailleurs, je ne comprends pas qu'on se fixe comme ça sur Romelu. C'est un avant fantastique depuis l'âge de seize ans, avec une qualité fantastique : le sens du but. Personnellement, les critiques dont il est la cible me rendent fou. Je les trouve scandaleuses. Les gens commencent quand même à revoir leur opinion : -Mmmh, Romelu sait quand même jouer ! Parce qu'il effectue une action, un mouvement. Il en était déjà capable à seize ans. Qu'on laisse nos joueurs s'appuyer sur leurs qualités. Batshuayi débarque en Allemagne et hop, hop... Je peux comprendre que Conte, obsédé comme il l'est par les trajectoires de course, ne l'apprécie pas mais la Ruhr est parfaite pour lui. Il faut vraiment s'appuyer sur les qualités des joueurs. Y compris en catégories d'âge.