Sébastien Siani a porté le maillot d'Ostende pendant cinq ans. Fin janvier, à la surprise générale, il a signé un contrat de deux ans et demi avec l'Antwerp. Depuis, il lit et entend des choses qui ne lui plaisent guère. Alors, il a envie de donner son avis. " J'ai l'impression que, pour la direction, il y a longtemps que je ne comptais plus ", dit-il.
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Sébastien Siani a porté le maillot d'Ostende pendant cinq ans. Fin janvier, à la surprise générale, il a signé un contrat de deux ans et demi avec l'Antwerp. Depuis, il lit et entend des choses qui ne lui plaisent guère. Alors, il a envie de donner son avis. " J'ai l'impression que, pour la direction, il y a longtemps que je ne comptais plus ", dit-il. Depuis l'été dernier ? SEBASTIEN SIANI : Depuis le mois de juillet, lorsque j'ai reçu une belle offre d'un pays du Golfe mais que l'affaire a capoté parce qu'Ostende réclamait deux millions. Ils disent que c'est vous qui avez refusé d'aller à Al-Jazira et que vous avez aussi refusé une augmentation de salaire de 50 % à Ostende. SIANI : Tout le monde sait que, dans ces pays, on gagne au moins 600.000 euros net. Comment aurais-je pu refuser ? Mais si on déduisait les deux millions qu'Ostende réclamait, que me restait-il ? Augmenter mon salaire de 50 %, ce n'était pas difficile : j'aurais gagné 4.000 euros brut. J'ai donc préféré continuer à jouer aux mêmes conditions, dans l'espoir que le club se montre plus souple en janvier. J'ai demandé au président pourquoi il me payait aussi mal si, pour lui, je valais deux millions. Qu'a-t-il répondu ? SIANI : Que je n'avais pas le niveau des joueurs les mieux payés. Alors que je venais de gagner la Coupe d'Afrique des Nations. Je ne l'oublierai jamais. Il m'a empêché de bien gagner ma vie, c'est un manque de respect. Et quand je suis parti, j'ai juste reçu un tweet : Bonne chance à l'Antwerp. La direction d'Ostende manque d'humanité. Pour Marc Coucke, le club est une usine et les joueurs sont des produits qu'il faut valoriser. SIANI : OK, Marc Coucke est un homme d'affaires mais il ne m'a pas traité comme un homme qui avait rendu beaucoup de services au club. J'étais le capitaine d'une équipe qui avait pris beaucoup de valeur, j'étais là avant lui et avant le manager qui, lors de mon dernier match, a dit que j'avais mal joué parce que je voulais partir. Ça me fait mal parce que j'aime ce club. Et que vous aviez une mauvaise influence sur les autres Africains. SIANI : Faites-moi plaisir, demandez à Dimata quel impact j'ai eu sur sa carrière. Et pourquoi toujours viser les Africains ? La force d'Ostende, c'est justement son côté multiculturel. J'étais le capitaine de tous les joueurs, un leader sur le terrain. En dehors, je m'occupais de mes enfants, pas d'eux. Je ne vois pas quelle influence j'aurais pu avoir. Peut-être parce qu'en stage, en Espagne, j'ai demandé au président et au manager de mieux communiquer : nous apprenions presque tout par la presse. Vous parlez de la vente du club ? SIANI : Tout le monde était traumatisé et se demandait ce qui allait se passer mais ce n'était pas seulement à ce sujet que ça manquait de clarté. Je ne savais pas, par exemple, que Franck Berrier avait été renvoyé dans le noyau B. Nous avions aussi appris dans la presse qu'Yves Vanderhaeghe avait été renvoyé à la demande des joueurs, alors que nous avions justement l'impression que notre avis ne comptait jamais. En tout cas, moi, j'étais capitaine et on ne m'a jamais demandé ce que je pensais du coach. Peut-être que je ne comptais déjà plus et qu'on a juste demandé l'avis de quelques joueurs influents. Qui ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est qu'au lendemain du départ d'Yves, certains revivaient. Pourtant, on doit se battre pour le club, pas pour le coach. Comment était l'ambiance dans le vestiaire ? SIANI : C'était un peu plus chacun pour soi, on parlait plus dans le dos des autres. Quand le coach demandait notre avis, j'étais souvent le seul à parler. On parlait des salaires ? SIANI : De temps en temps, oui. Vous saviez ce que les autres gagnaient ? SIANI : Pas vraiment mais il y a des choses qu'on ne peut cacher. Quand on achète un joueur pour deux à trois millions, on sait qu'il ne joue pas pour 500.000 euros. Je sais que beaucoup de joueurs connaissaient mon salaire. Même des gars qui n'étaient là que depuis quelques mois venaient me dire : J'ai entendu que tu gagnais peu... Je ne sais pas si certains étaient mécontents de leur salaire. Je sais seulement que je ne me suis pas senti respecté. Vous avez même changé d'agent. SIANI : Oui. Pour moi, un agent doit défendre les intérêts de son joueur. Le mien était très proche de Luc Devroe et comme celui-ci va peut-être aller à Anderlecht... Je comprends qu'un agent veuille avoir de bonnes relations avec un manager sportif pour pouvoir placer des joueurs mais qu'est-ce que ça me rapportait ? Vous gagnez davantage à l'Antwerp que les 50 % de plus qu'Ostende vous proposait ? SIANI : Je ne suis pas venu à l'Antwerp pour l'argent. Je ne voulais juste plus vivre avec des gens qui pensaient des choses bizarres de moi. On m'a fait comprendre qu'il était temps de partir et, après avoir parlé avec Luciano D'Onofrio et le coach, je me suis dit : pourquoi pas une nouvelle aventure ? Les supporters d'Ostende me disent qu'ils ne comprennent pas mais la réalité, c'est que la direction était contente que je parte. Je dérangeais certaines personnes car je disais des choses qu'ils ne voulaient pas entendre. Mais je peux regarder tout le monde dans les yeux. Ils voulaient me vendre pour deux millions. Malheureusement, je ne valais pas autant. Je suis venu gratuitement il y a cinq ans et je leur rapporte 400.000 euros. Avec ça, ils pourront payer le salaire de quelqu'un qui a le niveau...