Parfois, être secoué ne fait pas de tort. Que pouvait-il arriver au Club Bruges cette saison ? Il fonce comme une tornade à travers le championnat. 26 buts en dix matches, cinq victoires sur cinq en déplacement, un seul demi-faux-pas à domicile contre Eupen, un football frais et rapide, avec beaucoup de mouvements et d'actions fluides. On ne se posait plus qu'une question : à combien de points se monterait l'avance du Club à l'entame des PO1 ? En réussissant un nul 2-2 au Real Madrid, les Blauw-Zwart n'ont fait que renforcer leur auréole d'invincibilité. Le Club s'était placé sur la carte d'Europe, il était sur un petit nuage, même si la pondération est ancrée dans son âme.
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Parfois, être secoué ne fait pas de tort. Que pouvait-il arriver au Club Bruges cette saison ? Il fonce comme une tornade à travers le championnat. 26 buts en dix matches, cinq victoires sur cinq en déplacement, un seul demi-faux-pas à domicile contre Eupen, un football frais et rapide, avec beaucoup de mouvements et d'actions fluides. On ne se posait plus qu'une question : à combien de points se monterait l'avance du Club à l'entame des PO1 ? En réussissant un nul 2-2 au Real Madrid, les Blauw-Zwart n'ont fait que renforcer leur auréole d'invincibilité. Le Club s'était placé sur la carte d'Europe, il était sur un petit nuage, même si la pondération est ancrée dans son âme. La semaine passée, le PSG l'a fait tomber de son nuage. On doit, certes, remarquer sur le terrain que ce club a un budget dix fois supérieur mais nul ne s'attendait à pareille différence de classe. Les Français, avec un Kylian Mbappé éblouissant, ont tranché les lignes comme si elles étaient formées par des enfants de choeur. Le Club a reçu une leçon de modestie. Il s'est heurté à ses limites. En même temps, ce genre de match constitue un apprentissage. Il peut aider le Club à poursuivre sa progression, même si l'entraîneur a de nombreux chantiers. Philippe Clement, qui a croulé sous les louanges ces derniers mois, va certainement mettre cette expérience à profit. Dimanche, le Club n'était pas encore rétabli de la claque parisienne. En première mi-temps surtout, il n'a pas paru prêt mentalement ni physiquement et ne s'est guère créé d'occasion. C'était aussi dû à la manière avec laquelle Michel Preud'homme avait disposé ses pions. Le Club n'a guère trouvé de parade, à la grande frustration de Clement, qui doit veiller à ne pas perdre son calme en pareilles circonstances. Ce nul 1-1 est une bonne chose pour le championnat. Le Club reste naturellement une machine bien huilée et le Standard doit se faire plus régulier avant de devenir un vrai challenger. Et les autres ténors ? L'Antwerp ne possède pas la sérénité nécessaire pour se mêler à la lutte pour le titre. En déplacement, Gand (trois points sur quinze et quatre buts pour) n'est que l'ombre de la formation qui a gagné six matches d'affilée à la Ghelamco Arena, en inscrivant 18 buts. Dimanche soir, elle a gaspillé une série d'occasions à Saint-Trond. Felice Mazzù, lui, ne parvient pas à insuffler de régularité au jeu du KRC Genk. Il fait beaucoup tourner le noyau et cherche quelque chose qu'il ne trouve pas. Le Racing connaît parfois de bonnes périodes puis son jeu comporte à nouveau trop de déchet. Mazzù n'est pas encore critiqué mais ça peut changer rapidement si les supporters commencent à s'énerver. L'entraîneur aurait toutefois intérêt à s'exprimer en néerlandais le plus vite possible, pour donner à tout le monde l'impression qu'il s'est vraiment coulé dans la communauté genkoise. On sous-estime trop souvent cet aspect. La semaine passée, Thomas Tuchel, l'entraîneur allemand du PSG, a surpris son monde, durant sa conférence de presse à Bruges, par son analyse précise, dans un français sans tache. Le club considère cela comme un signe d'intégration. Frank Vercauteren s'est montré posé au terme du terne nul d'Anderlecht à Eupen. Il inculque progressivement un système à l'équipe. Vercauteren a l'art d'organiser une équipe. Mais le Sporting a manqué de profondeur et n'a guère été menaçant. Il a finalement fallu un brillant Hendrik Van Crombrugge pour sauver un point. Ses anciens supporters ont réservé un accueil chaleureux à leur ex-gardien. Dimanche, Bruges a aussi réservé un accueil émouvant à Raoul Lambert, qui a donné le coup d'envoi du match contre le Standard, à l'occasion de ses 75 ans. Ce fut un déluge d'ovations. Comme il se doit : il faut rendre hommage à ses monuments.