Le jour où j'ai intitulé cette rubrique Impro, je fus bien inspiré ! Je m'offrais une garantie permanente de liberté de ton et d'inspiration. Je vais donc en user pour mettre mon grain de sel dans ce récurrent débat que suscite la valse annuelle des entraîneurs. Car, une fois de plus, nous sommes servis. Ceux, que l'on bascule de leur socle, sont de véritables monuments : GilbertBodart, FrankyVan der Elst, HugoBroos, EmilioFerrera, Marc Wilmots. Et, en filigrane, notre bien Aimé Anthuenis national n'en finit plus de chanceler. Quoi de plus naturel, puisqu'au cours des dix dernières saisons, on a procédé à 81 changements en cours de compétition.
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Le jour où j'ai intitulé cette rubrique Impro, je fus bien inspiré ! Je m'offrais une garantie permanente de liberté de ton et d'inspiration. Je vais donc en user pour mettre mon grain de sel dans ce récurrent débat que suscite la valse annuelle des entraîneurs. Car, une fois de plus, nous sommes servis. Ceux, que l'on bascule de leur socle, sont de véritables monuments : GilbertBodart, FrankyVan der Elst, HugoBroos, EmilioFerrera, Marc Wilmots. Et, en filigrane, notre bien Aimé Anthuenis national n'en finit plus de chanceler. Quoi de plus naturel, puisqu'au cours des dix dernières saisons, on a procédé à 81 changements en cours de compétition. Tous les entraîneurs du monde savent que leur fonction ne dépend que d'un seul postulat : un entraîneur battu est un entraîneur en danger. L'hyper médiatisation du foot et ses exigences budgétaires n'ont fait qu'exacerber le réflexe des dirigeants qui consiste à miser sur le fameux choc psychologique pour remettre leur équipe en selle. Et cela même si les nombreuses expériences passées tendent à démontrer que la majorité des limogeages peuvent avoir un effet positif à court terme, mais moins à long terme... Les dirigeants, qui sont amenés à utiliser cette solution extrême, se justifient toujours par le même diagnostic : l'entraîneur n'atteint pas les objectifs prévus soit par incompétence û c'est rarement dit aussi crûment û, soit par son impuissance à gérer son groupe ce qui provoque des situations de blocages psychologiques chez certains joueurs ; soit un divorce dans le couple présidentûentraîneur. Rarement la méthode ou la pédagogie du coach sont mises en cause sans doute parce que peu de dirigeants sont capables d'en juger. Et les raisons de l'échec restent nébuleuses, inexpliquées et inexplicables. L'entraîneur, c'est le fusible. Il saute automatiquement quand l'incompréhension s'installe entre lui et les joueurs, que la colère des supporters gronde et que la position au classement se détériore. Et pourtant, ces entraîneurs éjectés ne manquent pas d'idées. Ils sont capables de prodiguer d'excellentes consignes, d'échafauder théoriquement de bonnes animations de jeu. Certains ont même un solide palmarès derrière eux et une carrière de joueur de haut niveau. Alors pourquoi cela foire-t-il ? Comment un Broos peut-il être cité Entraîneur de l'année en 2004 û il l'avait déjà été en 92 et 96 û et avoir soudain droit au bonnet d'âne de la saison suivante ? Et Emilio Ferrera, le surdoué de la nouvelle génération, pourquoi perd-il soudainement pied au Brussels ? Je sais qu'il n'y a pas d'explications rationnelles ni définitives à ces questions. Je pense cependant que quelques pistes de réflexions existent et mériteraient une analyse de la part des dirigeants afin d'éviter ce ridicule carrousel des entraîneurs. Je pense, par exemple, que beaucoup trop d'entraîneurs partent un peu à l'aventure dans des clubs qui ne leur conviennent pas et où ils doivent travailler avec des joueurs qu'ils n'ont bien souvent pas choisis et dont la formation est de surcroît déficitaire. Aujourd'hui, il ne suffit plus d'être un bon meneur d'hommes û comme Wilmots û avec plus ou moins de psychologie, ni un simple sélectionneur, même avisé, il s'agit d'être un technicien de terrain capable d'améliorer individuellement et collectivement le jeu. L'intuition du foot et l'expérience d'une carrière de joueur suffisent encore moins qu'autrefois ! Encore qu'un certain Caje Ceulemans soit là pour infirmer la règle. Il s'agit d'abord d'avoir une méthode et une conception de jeu à mettre en place sur le terrain et pas seulement dans le vestiaire. Le travail du terrain est devenu plus prioritaire que jamais. Un peu comme la mise en scène dans le spectacle : l'inspiration, oui ! L'improvisation, non ! A quoi sert d'imposer des tactiques que les joueurs ne maîtrisent pas ? A quoi sert de tenter de motiver à coups de formules usées jusqu'à la corde ? Sinon à se fragiliser encore davantage ! A quand la valse des joueurs et des dirigeants ?par André Remy" Le coach qui réussit est UN TECHNICIEN DE TERRAIN, capable d'améliorer individuellement et collectivement le jeu "