A ma droite, Fabien Muylaert, 26 ans, né à Bruxelles et joueur des Atomics Brussels. A ma gauche, Piet Hoogmartens, 22 ans, né à Hasselt et joueur de Ubizen Hasselt. Les joueurs belges actifs en D1 dans le club de leur ville constituent une espèce en voie de disparition, mais il en existe encore quelques spécimens. Dimanche soir, au terme de l'affrontement entre les Atomics et Hasselt, le Bruxellois riait jaune et pas uniquement parce que c'était la couleur de son maillot: il n'était pas monté au jeu et son équipe s'était largement inclinée (72-90). Le sourire du Limbourgeois était beaucoup plus franc: il avait entamé la rencontre dans le cinq de base et s'était d'emblée illustré, avant de connaître un séjour sur le banc, mais la victoire faisait passer toutes ces considérations personnelles au second plan.
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A ma droite, Fabien Muylaert, 26 ans, né à Bruxelles et joueur des Atomics Brussels. A ma gauche, Piet Hoogmartens, 22 ans, né à Hasselt et joueur de Ubizen Hasselt. Les joueurs belges actifs en D1 dans le club de leur ville constituent une espèce en voie de disparition, mais il en existe encore quelques spécimens. Dimanche soir, au terme de l'affrontement entre les Atomics et Hasselt, le Bruxellois riait jaune et pas uniquement parce que c'était la couleur de son maillot: il n'était pas monté au jeu et son équipe s'était largement inclinée (72-90). Le sourire du Limbourgeois était beaucoup plus franc: il avait entamé la rencontre dans le cinq de base et s'était d'emblée illustré, avant de connaître un séjour sur le banc, mais la victoire faisait passer toutes ces considérations personnelles au second plan. "Ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué: il reste sept matches et quelques adversaires de gros calibre figurent encore au programme, mais avec deux victoires d'avance et un goal-average positif par rapport au club bruxellois, il faudra se lever tôt pour venir nous chercher". Dimanche, il n'y avait pas photo entre les deux équipes. Même si l'on a noté une égalité à 31-31 et si les Atomics ont encore joué quelques fois au yoyo par la suite, le club limbourgeois était une classe au-dessus. Et on se demande aujourd'hui comment il avait pu tomber si bas? "Nous avons joué de malchance au niveau du recrutement", pense Piet Hoogmartens. "Le club a misé sur trois joueurs lituaniens qu'il était allé chercher dans un camp en Hongrie. Il ne m'appartient pas de juger. Ces joueurs avaient de bonnes références, mais le niveau du championnat de Belgique s'est élevé. Le comité pensait aussi qu'avec ces trois Lituaniens, un seul Américain aurait suffi. Apparemment, ce n'était pas le cas. Le temps de rectifier l'erreur et quelques défaites s'étaient accumulées. La confiance s'est ébranlée. L'engagement du coach croate Srecko Medvedec ne s'est pas révélé une réussite non plus. On travaillait dur avec lui, mais il y avait des problèmes de communication. Lorsqu'il donnait ses directives, elles n'étaient pas toujours comprises. Avec les joueurs lituaniens, c'était pareil. L'un des trois parlait très bien l'anglais, les deux autres pas. Louis Casteels a changé plusieurs joueurs. Si nous avions eu l'équipe actuelle depuis le début, nous n'aurions pas tremblé de la sorte. Soit. Le passé est le passé. Il faut maintenant regarder devant". L'avenir, c'est en principe la consolidation des structures à Hasselt. Il faut se souvenir que, jusqu'à la saison dernière, le club évoluait à Houthalen. "Personnellement, je serais volontiers resté à Houthalen. J'y avais mes repères. Mais le club avait besoin de déménager pour grandir. Hasselt recèle plus de possibilités au niveau du sponsoring. Une partie du public de Houthalen a suivi le club dans son déménagement et d'autres supporters sont venus grossir les rangs. Mais c'est un public différent de Houthalen. Là-bas, c'étaient des connaisseurs. A Hasselt, les gens découvrent le basket. Mais ils sont toujours restés fidèles, même dans la défaite, et c'est le principal". Hasselt devrait désormais retrouver sa sérénité. "Au cours des matches précédents, l'équipe avait souvent bien joué mais avait parfois perdu les pédales dans les moments cruciaux. Louis Casteels nous a beaucoup parlé afin de nous redonner confiance. A l'entraînement, il est très calme, mais en match, il est plutôt du genre bouillonnant. Grosse différence avec Tony Van Den Bosch, que j'avais connu précédemment. Le coach fédéral a des principes plus axés sur la défense. Louis Casteels met surtout au point des schémas offensifs qui doivent nous permettre de marquer plus facilement. Cela nous a souvent valu des scores-fleuves. Personnellement, j'estime que pour gagner des matches, il faut essayer de limiter l'adversaire à moins de 80 points plutôt qu'essayer d'inscrire un panier de plus, mais qui suis-je pour émettre pareilles considérations? Le coach a toujours raison. Dimanche, j'avais toutefois un peu raison également, puisque nous avons limité les Atomics à 72 points et que cela nous a valu la victoire". Du côté des Atomics, c'était la résignation devant une issue qui paraît désormais pratiquement inéluctable. "Ce n'est jamais gai de descendre", affirme Fabien Muylaert. "Je sais de quoi je parle car j'ai déjà connu une descente avec Louvain. Au moment où les chiffres apparaissent sous les yeux et que l'échec est mathématiquement consommé, on attrape un coup de massue sur la tête. Il faut quelques jours pour s'en remettre. Pour rester optimiste: j'ai aussi connu une montée avec Louvain, l'année suivante..." Fabien Muylaert est directement concerné par le sort des Atomics. "J'ai encore un contrat pour la saison prochaine, mais une clause stipule qu'il deviendrait caduc au cas où le club descendrait en D2. Nous ne sommes que deux à être encore sous contrat pour la saison prochaine: l'Anglais Stephen Barnes et moi. Les autres joueurs arrivent tous en fin de contrat et savent qu'en cas de descente, ils ne resteront probablement pas. Cette saison, le club a conclu beaucoup de contrats d'un an, car avec les problèmes financiers, il n'a pas voulu prendre de risques. Les contrats qui étaient en cours, comme ceux de Werner Van Nimmen et de Kurt Samuels, se terminent cette année. La direction n'a pas voulu entamer les négociations en vue d'une prolongation alors qu'elle n'était pas sûre que le club évoluerait encore en D1". Fabien Muylaert a joué six ans à Louvain. Il est arrivé l'été dernier aux Atomics parce que, comme beaucoup d'autres joueurs du club bruxellois, il ne trouvait rien de mieux. "J'ai eu plusieurs contacts avec des clubs de D2 et j'étais prêt à signer pour Saint-Louis, lorsque les Atomics m'ont approché. On m'a expliqué: -Finalement, nous allons tout de même engager une équipe en D1, as-tu envie de nous rejoindre? C'était mon seul contact en D1, le choix n'était donc pas difficile". Il s'est retrouvé au Palais du Midi dans une situation plutôt tourmentée. "On n'a pas laissé le temps à Philippe Hoornaert de bâtir une équipe. On lui a reproché de ne pas avoir d'emprise sur l'équipe, mais lorsqu'il était là, nous n'avons jamais pu travailler deux semaines d'affilée avec la même équipe. Après deux matches, on l'a limogé. Il y a eu l'épisode Louis Casteels. Il a estimé qu'il ne pouvait pas faire des résultats avec l'équipe en place et a décidé de partir à Hasselt, où on lui a donné les moyens de changer tous les joueurs. Depuis lors, Chico Kebsi a pris le relais. Trois entraîneurs sur une saison, c'est beaucoup. Une trentaine de joueurs essayés, c'est trop. J'ai toujours été habitué à évoluer dans un basket organisé. Aux Atomics, cette saison, lorsque je cédais le ballon à un partenaire, je savais que je pouvais déjà me préparer à retourner en défense car je ne le recevrais pas en retour. Il n'y avait aucune cohésion. Nous venons à peine de terminer notre troisième semaine d'entraînement avec la même équipe, alors que nous sommes au début mars. Avant cela, il y a eu des changements de joueurs pratiquement chaque semaine. Mais il nous manque toujours le joueur dont nous avons besoin depuis le début de la saison: un pivot capable de jouer dos à l'anneau. Si nous l'avions eu, nous n'en serions pas là. Le club a eu la possibilité d'engager Bruce Chubick ou Mo Smith. Trop cher? Peut-être. Mais, d'un autre côté, on a dépensé beaucoup d'argent pour des joueurs qui sont restés une ou deux semaines, puis sont repartis. Au niveau de l'organisation, il y a un manque de moyens, à la fois financiers, matériels et humains. Beaucoup est fait par Chico Kebsi et Olivier De Roy. Les autres dirigeants ont leur boulot qui les empêche de se consacrer pleinement au club. Notre préparateur physique, l'ancien nageur Alain Ptak, qui est kiné en même temps, n'est pas là tous les jours non plus. Cela fait des années que le club essaye de se maintenir en D1 avec une structure non professionnelle. Ces dernières semaines, l'équipe jouait mieux. La manière était encourageante. Il manquait simplement une victoire. Je pensais que nous aurions pu l'obtenir contre Hasselt. Erreur". Daniel Devos