Après avoir pris un premier point dans ses installations face au Standard, le Sporting de Charleroi en a obtenu un autre samedi dernier, au Mambourg, contre d'autres rouge et blanc: ceux de l'Antwerp. Une unité amplement méritée au vu de leur deuxième mi-temps à sens unique qui déboucha sur un goal égalisateur logique inscrit par le remplaçant Alireza Emamifar dans le dernier quart d'heure. Dans un final endiablé, les Zèbres auraient même pu prétendre à davantage. Mais à la dernière minute, Alexandre Kolotilko galvauda une occasion unique, tout comme il avait déjà omis d'ouvrir la marque, en première mi-temps, lorsqu'il s'était retrouvé nez à nez face au gardien adverse Yves Feys.
...

Après avoir pris un premier point dans ses installations face au Standard, le Sporting de Charleroi en a obtenu un autre samedi dernier, au Mambourg, contre d'autres rouge et blanc: ceux de l'Antwerp. Une unité amplement méritée au vu de leur deuxième mi-temps à sens unique qui déboucha sur un goal égalisateur logique inscrit par le remplaçant Alireza Emamifar dans le dernier quart d'heure. Dans un final endiablé, les Zèbres auraient même pu prétendre à davantage. Mais à la dernière minute, Alexandre Kolotilko galvauda une occasion unique, tout comme il avait déjà omis d'ouvrir la marque, en première mi-temps, lorsqu'il s'était retrouvé nez à nez face au gardien adverse Yves Feys."En temps normal, j'aurais fait mouche à une reprise au moins", explique le Russe. "Pour le moment, toutefois, je n'ai toujours pas retrouvé toutes mes sensations. Ce n'est pas vraiment anormal dans la mesure où j'ai repris le collier plus tard que mes partenaires et qu'il me reste à résorber un certain retard. Actuellement, je ne suis qu'à 75% de mes moyens. Ce n'est pas assez pour faire la différence à ce niveau. D'autant plus que je n'avais pas affaire à un client: Stefan Leleu n'est pas le premier venu en matière de marquage sur l'homme. Et Eduardo en a fait la même expérience avec Bernt Evens. Avec, de surcroît, Zoran Campara en couverture, notre tâche n'était vraiment pas aisée.Alexandre Kolotilko: Pas du tout. Je constate que malgré les nombreux absents en ce début de saison, nos prestations suivent une courbe ascendante. Face à Malines, nous avions livré une piètre performance avant de nous racheter contre le Standard. Une semaine plus tard, à Gand, nous n'avions concédé la défaite que d'extrême justesse après une rencontre de bonne facture. Devant l'Antwerp, nous avons sans doute livré notre meilleure mi-temps - la deuxième - de ce début de saison. C'est le signe que nous sommes sur la bonne voie. Je crois résolument aux possibilités de cette équipe. Sans quoi, je ne me serais pas lié au Sporting. "Je me suis retrouvé sans le sou"Sitôt la compétition terminée, je n'étais pas retourné immédiatement en Russie. J'avais encore bon espoir, à cette époque, que la direction molenbeekoise honore ses engagements financiers et dans un premier temps, j'étais resté à Bruxelles. Après trois semaines, en dépit des promesses qui m'avaient été faites par le président Erik De Prins, ma situation sur ce point précis ne s'était toujours pas éclaircie. Que du contraire, même, puisque je me retrouvais, pour ainsi dire, sans le moindre sou. Après une énième visite chez l'homme fort du club, sans succès, j'ai décidé de partir sans demander mon reste. Pour moi, la page du RWDM était tournée une fois pour toutes.Quelques semaines plus tôt, vous aviez été le premier élément du noyau à intenter un procès pour non-respect des données chiffrées de votre contrat.Mettez-vous à ma place: de semaine en semaine, ma situation pécuniaire empirait. Et contrairement à la plupart de mes coéquipiers, qui pouvaient compter sur l'argent de leurs proches pour s'en sortir, j'étais livré complètement à moi-même. Je n'en voulais nullement au club, pour lequel j'ai d'ailleurs continué à me défoncer jusqu'au bout, mais plutôt à la direction, qui nous menait manifestement par le bout du nez. Je pars du principe que tout travail mérite salaire. Compte tenu des circonstances, j'admets qu'un club ne puisse pas toujours payer ses joueurs à heure et à temps. Mais quand on ne voit toujours rien venir, après quatre mois, il y a lieu de réagir. Et je l'ai fait.Pourquoi, au terme du championnat, aviez-vous bon espoir, malgré tout, que tout s'éclaircisse pour vous?J'étais persuadé que le RWDM se tirerait d'affaire. D'autant plus qu'à un moment donné, mon manager, Igor Zavgorodnyi, lui avait tendu la main en essayant de trouver des capitaux en Afrique du Sud: une entreprise qui ne s'est pas matérialisée. Personnellement, je n'avais jamais eu qu'à me louer de ses services, puisque c'est lui qui avait été à la base de mon passage chez les Girondins de Bordeaux, en 1996, puis de mon arrivée à Molenbeek quatre ans plus tard. Après l'épisode sud-africain, j'ai vécu d'espoir que d'autres prennent la relève. Mais plus les jours passaient, plus je me rendais compte que c'était cause perdue. Dommage."Toujours bien au RWDM"Je suis heureux que certaines personnes, Johan Vermeersch en tête, se sont mobilisées pour sauver ce qui pouvait encore l'être. Je rejoins l'avis d'Ibrahim Kargbo lorsqu'il a dit, dans vos colonnes, que s'il avait eu la chance d'être aussi riche qu'un Ronaldo, il aurait veillé personnellement à assainir les finances du club. A mes yeux, le RWDM, c'était d'abord un club sympathique, où il faisait vraiment bon de jouer. J'ai évolué en Russie, à Neftekhimik Nizjnekamsk, aux Girondins Bordeaux et j'ai même effectué des stages au Zenith Saint-Pétersbourg et à Samsung, en Corée. Mais nulle part, je ne me suis jamais senti aussi bien qu'à Molenbeek. Si j'ai pu rebondir aujourd'hui au Mambourg, c'est au RWDM que je le dois. Et je ne l'oublierai jamais.A l'occasion du match RWDM-Olympic Charleroi, vous étiez d'ailleurs présent dans la tribune au côté d'un autre ancien, Laurent Fassotte.Je voulais témoigner à la fois mon soutien aux supporters et à mes potes Afrim Salievski et Jonathan Butera, qui sont toujours là aujourd'hui. Car ce qu'on a vécu ensemble sur le terrain, la saison dernière surtout, c'était tout simplement fabuleux. Et même surréaliste. Malgré tous les problèmes financiers, qui nous poussèrent en définitive à multiplier tant et plus les actions de grève à l'entraînement, nous n'en finissions pas d'empocher des points. C'est la preuve que les joueurs étaient unis comme les doigts de la main. Cette solidarité-là était franchement unique, tout comme la chaleur de nos sympathisants et de la fameuse fanfare, en particulier. Sans oublier le speaker du stade. Sa voix me poursuivra toute ma vie: - But pour le RWDM. Alexandre Kolo-tiiiil-koooo. Fabuleux! Au même titre que le Lierse, où ont abouti les Molenbeekois Laurent Fassotte, Marius Mitu et Jimmy Smet, voire Emilio Ferrera cette saison, Charleroi fait figure lui aussi de mini-RWDM aujourd'hui puisqu'Ibrahim Kargbo, Milambo Gere et vous-même y avez abouti.Et si l'on remonte dans le temps, on peut même ajouter à cette liste Cheikh Gadiaga et Steve Laeremans à Lierre ou Wilfried Godart chez les Zèbres. Sans oublier d'autres joueurs encore qui ont quitté la capitale pour tenter l'aventure ailleurs. Je songe à Fabio Giuntini par exemple. Ou encore à Paul Kpaka. Si tous ces éléments étaient encore là aujourd'hui, le RWDM serait un candidat à l'Europe, ni plus ni moins."Je veux obtenir la citoyenneté belge"Ces clubs-là n'ont pas eu de suite dans leurs idées. Il avait suffi que je marque un beau but à Sclessin, en tout début de saison, pour que certains, dans les hautes sphères des Rouches, flashent subitement pour moi. Et le même phénomène s'est vérifié, par la suite, avec les Bleu et Noir. Après avoir marqué un but d'anthologie contre eux, d'une distance de 25 mètres, leurs responsables s'étaient montrés d'emblée séduits eux aussi. Par la suite, toutefois, ils ne revinrent jamais à la charge. En réalité, le seul club qui m'a toujours eu dans le viseur, c'est Charleroi. Enzo Scifo voulait absolument de moi, l'été passé, et des contacts avaient été établis avec la direction molenbeekoise dans ce sens. A l'époque, le transfert n'avait cependant pas abouti car le RWDM exigeait 400.000 euros en échange de ma liberté.Cette fois, vous étiez carrément gratuit. N'est-il pas étonnant que seuls les Zèbres ont fait montre d'intérêt pour vous?En Belgique, du moins. Si je l'avais voulu, j'aurais pu signer à Grenoble. J'ai passé des tests là-bas et j'ai même disputé une rencontre amicale pour le compte de ce club. Mais quand j'ai su qu'une possibilité s'offrait à moi au Sporting, je n'ai franchement pas hésité. D'accord, les clubs français paient mieux que les belges. Pourquoi le cacher, mon but est d'obtenir dans deux ans la citoyenneté belge afin de bénéficier de plus de liberté de mouvement. Car il va sans dire que mon statut de joueur extra-communautaire constitue, malgré tout, un handicap.Surtout si vous voulez jouer un jour en Angleterre. Or, la Premier League a toujours été votre rêve?C'est vrai que j'aimerais me retremper dans cette atmosphère-là, tôt ou tard. Et je mettrai tout en oeuvre pour y parvenir. Je me rappelle fort bien qu'aux Girondins de Bordeaux, j'étais barré en première par un certain Sylvain Wiltord notamment. Celui-là qui joue à Arsenal, mon club préféré, à présent. Je veux m'inspirer de son exemple. Ce n'est pas que je m'imagine dans un club de pointe en Angleterre. Mais si Christian Negouai a pu quitter Charleroi pour tenter sa chance à Manchester City, pourquoi ne pourrais-je pas vivre d'espoir moi aussi?"Vivement le derby"La deuxième année qu'il me reste à accomplir en Belgique, pour les raisons que je viens d'évoquer, pourrait fort bien se dérouler chez les Zèbres, pourquoi pas? Pour le moment, je n'ai en tout cas qu'à me féliciter d'être ici, car le club et son entourage sont extrêmement sympas. Les supporters m'ont d'ores et déjà adopté, comme il en était allé au RWDM.Des ex-Molenbeekois dans le noyau, des sympathisants qui ne marchandent pas leur soutien à votre égard: les similitudes sont frappantes d'un club à l'autre. Sans compter que vous avez à nouveau affaire à un coming man chez les entraîneurs: Etienne Delangre à la place d'Emilio Ferrera.Après un mois de vie commune, il est trop tôt pour les comparer. Mais tous deux sont compétents, c'est sûr.Quelles sont vos aspirations, cette saison?J'aimerais contribuer à faire vibrer les supporters, comme contre le Standard. J'ai cru comprendre que Charleroi était un giant-killer, jadis, à domicile. Il faut que ce déplacement soit à nouveau redouté par toutes les équipes. Et puis, il y a un événement que j'attends avec impatience: le derby.Quel derby? L'Olympic joue en D3 et parmi l'élite, il y a le choix entre La Louvière et Mons, voire Mouscron?Détrompez-vous, pour moi, le derby, ce sera l'affrontement contre le Lierse. Jouer contre Laurent Fassotte, Marius Mitu et Jimmy Smet, je n'attends que ça (il rit). Rendez-vous le 26 octobre là-bas. Bruno Govers"Mon ancien coéquipier bordelais Sylvain Wiltord est mon exemple"