La victoire de Peter Sagan a beau avoir été impressionnante, dimanche, le véritable combat s'est déroulé loin des caméras. Le combat contre la mort d'un jeune homme victime d'un arrêt cardiaque. Un combat qu'il allait perdre, bordant de noir une magnifique journée printanière.

Cinq heures plus tôt, Sagan s'était majestueusement incliné devant la foule enthousiaste du vélodrome. Cinq heures plus tôt, les organisateurs avaient laissé se dérouler la cérémonie du podium, en grande pompe. Cinq heures plus tôt, Silvan Dillier, le compagnon d'échappée de Sagan, avait dépeint le Slovaque comme un croisement de diable et d'ange.

À ce moment-là, le combat du véritable ange, Michael Goolaerts, n'était guère plus qu'un fait de course pour l'ASO, comme ces dizaines de crevaisons et de chutes. Comme sur le premier secteur pavé, davantage un champ rempli de cailloux qu'une route. La moitié du peloton a volé dans le fossé. Passer en vitesse une nettoyeuse, après l'averse matinale ? Non monsieur, ce serait au détriment du spectacle.

Ironie du sort, Goolaerts a chuté dans le secteur suivant - avant ou après son malaise -. Dans une ligne droite au milieu de nulle part, sans trace de boue. On l'a vu pendant quelques secondes, bras et jambes étendus.

Pourtant, le spectacle a continué. Un événement chaotique de 257 kilomètres ne s'arrête pas comme ça. Coureurs et accompagnateurs ne s'arrêtent qu'après l'arrivée, malgré l'arrêt cardiaque de leur collègue, coéquipier, ami.

Notamment parce qu'ils n'en mesuraient pas la gravité. Ainsi, Stijn Steels, le camarade et coéquipier de Goolaerts, a continué à pédaler. Pour arriver bon dernier, à 50 minutes de Sagan, complètement épuisé, à Roubaix. Ainsi, un autre coéquipier, Wout Van Aert, a continué à foncer vers un podium éventuel. Stijn Devolder, le compagnon de chambre de Goolaerts, avait abandonné depuis longtemps. Après avoir vu Michael à terre et s'être remémoré Frederiek Nolf, l'ami qu'il avait déjà perdu en 2009, décédé pendant son sommeil. D'un arrêt cardiaque.

La tragédie rouvre la plaie des Nolf comme celle des proches de Daan Myngheer. Il est mort en 2016 pendant le Critérium international, d'une défaillance cardiaque lui aussi. La veille, Antoine Demoitié était décédé des suites d'un accident provoqué par une moto à Gand-Wevelgem.

Hasard cynique : deux ans après leur mort, leur entraîneur Kristof De Kegel a twitté : " Je suis sûr qu'ils continuent à pédaler, là au-dessus. " Avec un dessin sur lequel Antoine et Daan, casque sur la tête, regardent le course, d'un nuage. Dimanche, la mort, qui rôdait, invisible, le long du chemin, a, à nouveau, fauché un de ses poulains.

Il ne lui reste qu'une consolation : désormais, Michael pédale avec Daan, Antoine, Frederiek et tant d'autres coureurs morts trop tôt. Comme un ange, sur le vélodrome du ciel.

La victoire de Peter Sagan a beau avoir été impressionnante, dimanche, le véritable combat s'est déroulé loin des caméras. Le combat contre la mort d'un jeune homme victime d'un arrêt cardiaque. Un combat qu'il allait perdre, bordant de noir une magnifique journée printanière. Cinq heures plus tôt, Sagan s'était majestueusement incliné devant la foule enthousiaste du vélodrome. Cinq heures plus tôt, les organisateurs avaient laissé se dérouler la cérémonie du podium, en grande pompe. Cinq heures plus tôt, Silvan Dillier, le compagnon d'échappée de Sagan, avait dépeint le Slovaque comme un croisement de diable et d'ange. À ce moment-là, le combat du véritable ange, Michael Goolaerts, n'était guère plus qu'un fait de course pour l'ASO, comme ces dizaines de crevaisons et de chutes. Comme sur le premier secteur pavé, davantage un champ rempli de cailloux qu'une route. La moitié du peloton a volé dans le fossé. Passer en vitesse une nettoyeuse, après l'averse matinale ? Non monsieur, ce serait au détriment du spectacle. Ironie du sort, Goolaerts a chuté dans le secteur suivant - avant ou après son malaise -. Dans une ligne droite au milieu de nulle part, sans trace de boue. On l'a vu pendant quelques secondes, bras et jambes étendus. Pourtant, le spectacle a continué. Un événement chaotique de 257 kilomètres ne s'arrête pas comme ça. Coureurs et accompagnateurs ne s'arrêtent qu'après l'arrivée, malgré l'arrêt cardiaque de leur collègue, coéquipier, ami. Notamment parce qu'ils n'en mesuraient pas la gravité. Ainsi, Stijn Steels, le camarade et coéquipier de Goolaerts, a continué à pédaler. Pour arriver bon dernier, à 50 minutes de Sagan, complètement épuisé, à Roubaix. Ainsi, un autre coéquipier, Wout Van Aert, a continué à foncer vers un podium éventuel. Stijn Devolder, le compagnon de chambre de Goolaerts, avait abandonné depuis longtemps. Après avoir vu Michael à terre et s'être remémoré Frederiek Nolf, l'ami qu'il avait déjà perdu en 2009, décédé pendant son sommeil. D'un arrêt cardiaque. La tragédie rouvre la plaie des Nolf comme celle des proches de Daan Myngheer. Il est mort en 2016 pendant le Critérium international, d'une défaillance cardiaque lui aussi. La veille, Antoine Demoitié était décédé des suites d'un accident provoqué par une moto à Gand-Wevelgem. Hasard cynique : deux ans après leur mort, leur entraîneur Kristof De Kegel a twitté : " Je suis sûr qu'ils continuent à pédaler, là au-dessus. " Avec un dessin sur lequel Antoine et Daan, casque sur la tête, regardent le course, d'un nuage. Dimanche, la mort, qui rôdait, invisible, le long du chemin, a, à nouveau, fauché un de ses poulains. Il ne lui reste qu'une consolation : désormais, Michael pédale avec Daan, Antoine, Frederiek et tant d'autres coureurs morts trop tôt. Comme un ange, sur le vélodrome du ciel.