"J'espère que l'on va continuer sur cette voie-là. Cela paraît bizarre de tenir de tels propos après un 0 sur 9 mais on a montré de bonnes choses à Anderlecht. " Tel était le discours de Felice Mazzu à l'issue de la défaite des Zèbres au Parc Astrid (1-0). Il s'attend à ce que les médias lui mettent la pression avant le prochain match contre Waasland. Et pourtant, il est rassuré par la tenue de sa défense qui a quelque peu limité l'hémorragie en cours depuis deux semaines et qui a déjà vu les Zèbres ramasser sept buts en trois matches. De quoi se poser des questions, compte tenu du fait que l'arrière-garde carolo constituait une forteresse la saison passée et que les hommes n'ont pas changé. Comment expliquer ce trou d'air ? Passoire ou pas cette défense ?
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"J'espère que l'on va continuer sur cette voie-là. Cela paraît bizarre de tenir de tels propos après un 0 sur 9 mais on a montré de bonnes choses à Anderlecht. " Tel était le discours de Felice Mazzu à l'issue de la défaite des Zèbres au Parc Astrid (1-0). Il s'attend à ce que les médias lui mettent la pression avant le prochain match contre Waasland. Et pourtant, il est rassuré par la tenue de sa défense qui a quelque peu limité l'hémorragie en cours depuis deux semaines et qui a déjà vu les Zèbres ramasser sept buts en trois matches. De quoi se poser des questions, compte tenu du fait que l'arrière-garde carolo constituait une forteresse la saison passée et que les hommes n'ont pas changé. Comment expliquer ce trou d'air ? Passoire ou pas cette défense ? Le mot passoire n'est pas anodin. Il a été lancé par Mehdi Bayat après les trois but encaissés face à Westerlo. Une semaine plus tard, il nuance. " Le but était de faire prendre conscience à ma défense inchangée par rapport à la saison dernière qu'on avait misé sur elle puisqu'elle avait des qualités et que ce n'était pas normal qu'elle soit devenue une passoire. Il fallait un électrochoc et c'est ce que j'ai fait en utilisant ce terme. Quand tu prends six buts en deux matches, on doit bien admettre que cela rentre trop facilement. J'aurais pu vendre à un bon prix certains défenseurs comme Sébastien Dewaest mais je ne l'ai pas fait car j'ai opté pour la stabilité. A eux maintenant de me montrer que j'ai bien fait de miser sur eux. " Au risque de les fragiliser ? " Avec des personnalités comme Dewaest, JaviMartos ou FrancisNganga, ce n'est pas un tel discours qui va les tétaniser ", ajoute Mehdi. " Et puis, je ne suis pas là pour faire dans le social. Chacun doit assumer sa part de pression. " Car c'est vrai que sur papier, elle avait de la gueule, cette défense conservée. La révélation Dewaest, la constance avec Parfait Mandanda, le leadership avec le retour de Nganga, l'expérience avec Martos et l'abnégation avec Guillaume François. Mais tout cela a volé en éclats en deux matches. En cause : une charnière centrale complètement dépassée, un gardien aux abonnés absents, et un Nganga en manque de repères après une trop longue blessure. " Je n'ai pas envie de ne parler que de la défense ", évoque Mazzu. " Il y a tout l'espace devant la défense qui était aussi fautif. Il y a un travail de bloc, de prise en charge collective qui doit se faire et qui ne se faisait pas. Contre Anderlecht, on a de nouveau vu un esprit conquérant et des valeurs de solidarité. " Et si le bât blessait, c'était, selon Mazzu, avant tout une question d'état d'esprit. " L'année passée, nous étions encore vus comme le petit Charleroi. Les joueurs devaient s'arracher chaque semaine. Certains se disaient - Je viens de D2, je dois tout prouver.Cette saison, ils se sont laissés aller au niveau mental, sans doute aidés par les commentaires d'avant-saison. " La remarque vaut sans doute pour Dewaest, arrivé là où il est au prix d'un gros travail et qui doit continuer à se remettre en question. Et comme " Javi ne sait être bon que si Dewaest est bon et vice-versa ", dit Mazzu, on comprend que la charnière forme un véritable duo. Quant à Nganga, " comme il revient d'une longue blessure, il faut lui pardonner même si cette situation ne peut pas s'éterniser ". Reste alors le cas Mandanda, bien loin du gardien qui avait multiplié les miracles ces deux dernières saisons. " On a tendance à trop le déchirer ", lâche Mazzu. " Sur les sept buts, il n'en a qu'un sur la conscience. On oublie un peu vite tous les points qu'il nous a gagnés. " Cependant, sa mauvaise passe tracasse au sein du club aussi puisque Charleroi s'est empressé de lui trouver un concurrent 36 carats, en la personne de Nicolas Penneteau, gardien aux 400 matches de L1 derrière lui. La preuve qu'on a voulu pallier toute défaillance éventuelle de Parfait Mandanda, maintenu comme numéro un à Anderlecht. " En allant chercher Penneteau, je n'ai pas pu lui envoyer message plus clair ", reconnaît Mehdi. " Parfait, c'est un spécialiste pour me casser les couilles. Il n'est jamais aussi bon que quand on lui met un concurrent dans les pattes. " Et si Mehdi cherche un défenseur central avant la fin du mercato, ce n'est pas parce qu'il ne croit pas en sa ligne arrière mais c'est parce que la blessure de Jonathan Vervoort, outpour six mois, le laisse avec le seul Steeven Willems comme remplaçant. " C'est une obligation professionnelle car il n'y a plus personne derrière Willems. " A Anderlecht, faute de réelles solutions de rechange, Mazzu a donc maintenu sa défense. Avec succès. " Il faut garder une certaine continuité. Quand tu changes trop, tu perturbes l'équilibre. Il fallait juste corriger les positionnements, les couvertures et le coulissement. " PAR STÉPHANE VANDE VELDE " En allant chercher Penneteau, je n'ai pas pu envoyer message plus clair à Mandanda. " Mehdi Bayat