L'AFC Tubize, entraîné par Philippe Saint-Jean, est déjà parvenu à se placer dans la course au tour final ! Un succès si rapide...
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L'AFC Tubize, entraîné par Philippe Saint-Jean, est déjà parvenu à se placer dans la course au tour final ! Un succès si rapide... " C'est bien vrai ", dit Yves Buelinckx " Nos performances actuelles sont au-dessus de nos espoirs du début de saison. Lors de la préparation, on se disait qu'on allait pouvoir se défendre avec notre noyau mais de là à titiller les favoris. La plupart des autres équipes est aussi étonnée par nos résultats. Ces derniers résultent de notre grande qualité : la solidarité au niveau de notre jeu. Jouer en équipe constitue la clé de notre succès. Le danger peut venir de partout. Chaque joueur est apte à marquer et on encaisse également peu. La défense fonctionne très bien et cela nous permet de jouer offensivement. Georges Dimitriadis, attaquant la saison dernière, s'est révélé en tant que milieu récupérateur. Il constitue une preuve de notre facilité offensive. Par contre, notre circulation de balle doit s'améliorer et pour se faire, nous devons encore beaucoup travailler. En fait, nous évoluons avec trop de hargne et peu de temporisation. On doit se calmer sur le terrain car on se précipite encore beaucoup trop. Quand aucune possibilité ne s'ouvre à nous sur un flanc, on ne pense pas toujours à changer d'aile et alors on s'embourbe. Parfois, on court aussi trop avec le ballon ". Yves Buelinckx : Oui, évidemment. De plus, je m'étonne. En début de saison, je considérais que marquer une dizaine de buts aurait été déjà très positif. Mais il ne m'était jamais venu à l'esprit que ce que je réalise pour l'instant aurait été possible. Par rapport à mon année au Brussels, j'ai retrouvé ma capacité à marquer. Désormais, je cours à nouveau dans tous les sens pour presser les défenseurs. De plus, Saint-Jean m'a signifié que je progressais encore à 31 ans. Je suis redevenu un voleur de buts, le rôle dont il m'a chargé car c'est ce qui manquait encore à l'équipe. L'atmosphère du club y est également pour quelque chose. Je joue vraiment chez moi. Au départ, notre souhait était le maintien. Ce dernier a presque déjà été assuré. Donc, maintenant, on aimerait parvenir à encore développer notre jeu. J'espère juste qu'on ne connaîtra pas de période de malchance. C'est tout de même incroyable ce qui se passe pour l'instant. Je sais d'où le club vient et ça me fait véritablement chaud au c£ur. Il suffit de regarder nos installations pour s'en rendre compte. De plus, je sens qu'il y a encore moyen de progresser. La moyenne d'âge de notre équipe est très basse et de ce fait, des améliorations personnelles sont tout à fait envisageables. C'est quelqu'un qui parvient à transmettre ses idées très facilement. On sent aussi qu'il a l'habitude de travailler avec des jeunes. Il est très ouvert. Quand je ne suis pas d'accord avec lui, il écoute ce que j'ai à lui dire et on discute. C'est extrêmement positif car d'autres s'énerveraient. Il a vraiment fait ses preuves en tant que technicien. Les résultats de son équipe ne sont pas des coïncidences. Je le compare volontiers à Ariel Jacobs. Il est très exigeant et insiste beaucoup sur le pressing. On a souvent marqué grâce à cela. Tactiquement, il a instauré une tactique qui évolue en cours de match. Il fait généralement un signe à Frédéric Stilmant lorsqu'on doit passer d'un système tactique à un autre. Soit, les attaquants courent dans les coins et je me place devant le goal, soit deux attaquants sont placés derrière moi en soutien, soit un défenseur monte à l'attaque. Cette technique crée assez souvent la surprise. C'est pourtant assez simple mais ça surprend encore beaucoup de défenses. Le gardien Wilfried Godart vient de Charleroi et a donc beaucoup d'expérience. Giovanni Seynhaeve, qui évoluait à Visé la saison passée et qui a effectué toutes ses classes à Mouscron, organise calmement la défense. Ce n'est pas toujours évident car il est entouré de jeunes. Mais Dimitriadis est omniprésent dans notre jeu. Il récupère beaucoup de ballons. C'est notre meilleur joueur pour le moment. Frédéric Stilmant parle beaucoup sur le terrain. Mon rôle est également important puisque je suis le finisseur. Les remplaçants, tels Nadir Sbaa et Kevin De Broyer, apportent aussi leur pierre à l'édifice mais manquent encore de régularité. Habituellement, je joue en attaque avec Nsuka Bula mais il traverse actuellement une crise de confiance. Comme beaucoup de joueurs africains, c'est un diamant brut qui éprouve du mal à s'adapter. Il sent lui-même qu'il n'est plus dans le coup. Son problème est difficile à cerner mais je suis convaincu qu'il va refaire surface. Il a beaucoup de talent et sa vitesse d'exécution est très impressionnante. Il tente toujours de réaliser une action déterminante et garde parfois un peu trop la balle. Denderleeuw, Renaix et le Cercle Bruges étaient intéressés mais après une discussion avec le président de Tubize, Raymond Langendries, j'ai vite été convaincu. Je connaissais déjà beaucoup de monde au sein du club. J'aurais pu évoluer en D1 avec le Cercle mais cela ne m'intéressait pas de rouler 250 kilomètres par jour. J'ai une petite fille et ma famille passe avant tout. L'élite n'est plus une priorité pour moi. Auparavant, je me disais tout le temps que je devais absolument évoluer en D1. Maintenant, ça a changé. Lorsque j'étais à La Louvière et que je n'étais plus régulièrement aligné, j'aurais dû peut-être mordre un peu plus sur ma chique. Je pense que je suis parti un peu trop vite. Mais j'étais devenu quatrième attaquant et j'avais perdu le courage de me battre pour ma place. En fait, je ne me considère pas vraiment comme un joueur de D1. Lorsque j'y évoluais, je devais forcer mon talent pour ne pas paraître ridicule. En D2, j'éprouve plus de facilités. Mais la D1 me manque un peu car les stades sont vides dans l'antichambre. Ce qui m'a fort déçu est en fait mon départ précipité du Brussels. Lorsque je suis arrivé là-bas, tout était encore trop artificiel. Il n'y avait pas d'âme dans ce club, ce qui est fatalement logique. De plus, je ne parviens pas à bien jouer dans une mauvaise ambiance et c'est ce qui s'est produit. J'ai failli baisser les bras mais par après, tout s'est déroulé un peu mieux. En fin d'exercice, tout le monde a été placé dans le même sac et les dirigeants ne m'ont pas dit franchement qu'ils souhaitaient d'autres éléments pour repartir à zéro. Ils n'ont pas été honnêtes et j'ai donc quitté le club avec beaucoup d'amertume. Maintenant, je suis à Tubize pour honorer mon contrat jusqu'à la fin. Mais je suis aussi conscient du fait que si je continue à marquer, cela ne passera pas inaperçu en D1. C'est une bonne question. Car je pense mettre un terme à ma carrière dans les années à venir. J'ai un diplôme de coiffeur et mon père possède un salon à Hal. Je l'aide régulièrement et puis je vais à l'entraînement. Je ne quitterai peut-être pas le milieu du foot. Le scoutisme est très intéressant, mais je ne veux surtout pas être entraîneur car il y a trop de stress.