Le secteur défensif était considéré comme le point faible de Gand, ces dernières années. Les Buffalos se sont renforcés dans ce domaine en faisant appel à de la main-d'£uvre espagnole. Même si César Arzo, arrivé durant le mercato hivernal, et Melli, qui l'a rejoint cet été, évoluaient en D2 avant d'atterrir à Gentbrugge, ils peuvent malgré tout présenter certaines références. La question se pose, dès lors : que viennent faire des footballeurs espagnols dans notre championnat ? Et elle prend d'autant plus d'acuité après la débâcle de Genk à Valence, la semaine passée...
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Le secteur défensif était considéré comme le point faible de Gand, ces dernières années. Les Buffalos se sont renforcés dans ce domaine en faisant appel à de la main-d'£uvre espagnole. Même si César Arzo, arrivé durant le mercato hivernal, et Melli, qui l'a rejoint cet été, évoluaient en D2 avant d'atterrir à Gentbrugge, ils peuvent malgré tout présenter certaines références. La question se pose, dès lors : que viennent faire des footballeurs espagnols dans notre championnat ? Et elle prend d'autant plus d'acuité après la débâcle de Genk à Valence, la semaine passée... Arzo : Il y a une conjonction de facteurs qui expliquent ce score-fleuve. D'abord, Valence est une très bonne équipe. Ensuite, Genk est loin d'afficher la forme qui lui avait permis de remporter le titre. A domicile, il parvient encore à faire illusion, mais en déplacement, tout se complique. Melli : C'est trop facile de tirer à boulets rouges sur les Limbourgeois. Valence a réalisé un très grand match. Très sérieux, très appliqué et très efficace. Je ne me sens pas du tout honteux... Arzo : Par les problèmes financiers qui minent de nombreux clubs espagnols et qui rendent la Liga moins intéressante. Plusieurs clubs ne sont plus en mesure d'honorer les contrats, et à partir du moment où ils ne sont plus payés, les footballeurs espagnols ont tendance à s'expatrier. Il est grand temps que la Ligue professionnelle prenne des mesures pour enrayer ce phénomène. Qu'elle instaure un système de licence, comme c'est le cas en Belgique, qui interdise aux clubs en cessation de paiement de prendre part au championnat. Ce n'est pas pour rien qu'une grève a été décrétée et que la première journée de championnat n'a pas été disputée. On plaide aussi pour une meilleure répartition des droits tv. Actuellement, le Real Madrid et le FC Barcelone perçoivent chaque année 150 millions d'euros. Les autres clubs se partagent les miettes. Des clubs comme le FC Valence ou le FC Séville s'en sortent encore bien avec 40 millions, et Villarreal avec 25 millions, mais les autres doivent se contenter de 12 millions. Ce n'est pas tenable. Lorsque l'offre de Gand est arrivée, je jouais en D2 et je n'ai pas hésité. Gand me paraissait un club capable de décrocher un ticket européen. Entre Valladolid et les Buffalos, il n'y avait pas photo. Melli : C'est un peu pareil pour moi. J'évoluais aussi en D2, à Ténériffe, et j'y étais payé à temps, mais je pouvais effectuer un pas en avant en signant à La Gantoise. J'en ai discuté avec César, que j'avais connu dans les sélections de jeunes et qui était arrivé en Belgique six mois plus tôt. Il m'a assuré que le championnat belge était très compétitif et Gand une équipe jeune qui disposait encore d'une belle marge de progression. Ses arguments m'ont convaincu. Melli : Pas du tout. Je suis ici depuis trois mois, et à part le froid qui commence à s'installer, tout va bien. Je suis enchanté d'avoir opté pour Gand. Le club me semble mieux organisé que certains espagnols. Un détail : après les entraînements, on mange au centre. Cela n'existe pas en Espagne. Là-bas, après un entraînement, chacun rentre chez soi et avale ce que bon lui semble. Le niveau du championnat, lui non plus, ne m'a pas déçu. Vous êtes fous, les Belges, de déprécier ainsi votre compétition. Il faut avoir joué ici pour se rendre compte à quel point c'est difficile. C'est très équilibré. Aucun match n'est facile : ce n'est pas parce que l'on va jouer chez les 15e ou le 16e qu'on va l'emporter avec les doigts dans le nez. Arzo : Je dirais même que ce championnat est du même niveau que... le championnat d'Espagne ! Je ne parle pas du Real Madrid et du FC Barcelone et des clubs à gros budget, mais le niveau de la Liga a fortement diminué. Allez voir le Racing Santander ou le Sporting Gijón. Croyez-vous que ce soit tellement brillant ? Si La Gantoise devait participer au championnat d'Espagne, elle se maintiendrait en milieu de tableau, sans problème. Arzo : C'est clair. Ici, le jeu est beaucoup plus offensif. Si, si, vous avez bien entendu. En Espagne, beaucoup de matches se soldent sur un 0-0. Il ne faut pas se laisser abuser par les scores-fleuves que réalisent le Real Madrid ou le FC Barcelone. Mais, souvenez-vous du match de Coupe de Belgique entre La Gantoise et le Club Bruges : 4-4 ! Ou, un peu plus tard, le 4-5 qui a clôturé Bruges-Genk. On ne voit pas ça, en Espagne, ou très rarement. Melli : En Belgique, le jeu est beaucoup plus direct. On va constamment d'un but à l'autre. Il n'y a aucun temps d'attente. Pour un spectateur, c'est comme s'il était assis sur la chaise de l'arbitre central d'un match de tennis : il doit constamment bouger la tête car les joueurs se renvoient la balle. En Espagne, on joue beaucoup sur la possession du ballon. Il y a une succession de passes courtes en milieu de terrain et on attend le bon moment pour frapper. S'il n'y a pas de bon moment, on ne frappe pas. Et on s'ennuie, car l'adversaire se contente de regarder ce ballon qui passe d'un pied à l'autre. Arzo : Je ne dirais pas mauvaises, mais moins organisées. Melli : On attaque beaucoup par les flancs, aussi. Beaucoup plus qu'en Espagne. Il ne suffit donc pas de boucher l'accès à son but par son axe central. Arzo : C'est vrai que, la saison dernière, elle était notre talon d'Achille. On a encaissé beaucoup de buts évitables. Aujourd'hui, avec l'engagement de Melli et d'autres encore, le secteur défensif a été solidifié. Arzo : Pourquoi pas ? Sincèrement, je ne vois aucune équipe qui nous soit nettement supérieure. Anderlecht est actuellement en tête, mais nous l'avons toujours en point de mire. Melli : Nous pouvons suivre une courbe ascendante. Arzo : Malheureusement. Les play-offs, c'est une loterie. Il y a plein d'éléments que l'on ne maîtrise pas. On doit avoir de la chance : si l'on est confronté à un hécatombe de blessures, à une accumulation de cartons jaunes ou à une période de méforme, juste au moment où les play-offs commencent, on peut faire une croix sur le titre. Cette formule ne me plaît pas. Arzo : C'était le cas la saison dernière, en effet. Mais je suis convaincu que le jour où nous parviendrons à battre un grand, un déclic se produira. Nous prendrons alors conscience de nos possibilités. Melli : Contre Anderlecht, nous nous sommes inclinés 0-1, mais nous prendrons peut-être notre revanche lors du match retour, au Parc Astrid. Arzo : Absolument. A commencer par deux Gantois : Yacine El Ghanassy et Christian Brüls. Ils feraient merveille en Espagne, surtout s'ils peuvent évoluer dans une équipe offensive. Melli : On ne doit pas juger Kevin De Bruyne sur le seul match de Mestalla. Lui aussi a le niveau. Melli : J'ai bien connu Juande au Betis Séville. La saison dernière, il a été prêté à Grenade, avec qui il a fêté la montée en D1. C'est un très bon joueur. Malheureusement, il joue dans une équipe de Westerlo qui ne tourne pas très fort. Je connais très peu Victor Vazquez. Arzo : Je me souviens l'avoir affronté, en début de saison dernière, avec Valladolid contre le Barça B. Nous avions réalisé 0-0, mais il m'est difficile de juger ce joueur sur un seul match. D'après les échos, il a réalisé une très belle saison en D2 espagnole. Arzo : Beaucoup de gens, en Espagne, espèrent que le Real Madrid remportera le titre cette saison, pour mettre fin à l'hégémonie un peu trop flagrante du Barça. Melli : Dans un championnat où les deux ténors perdent très peu de points, le premier qui connaîtra un petit passage à vide risquera de le regretter. Mais la lutte devrait être serrée. Arzo : Si je devais tenir l'un des deux, je préférerais être opposé à Cristiano Ronaldo. Le plus souvent, il réalise ses actions en solo. Lorsqu'on affronte le FC Barcelone, il y a Messi mais aussi Xavi et Iniesta. C'est mission impossible. Melli : Moi, le joueur qui m'a fait le plus souffrir, c'est Ronaldo. Pas Cristiano, mais l'autre : le gros. Je me souviens aussi d'avoir beaucoup souffert contre Samuel Eto'o. Arzo : Non, le processus a été entamé dans les équipes nationales de jeunes. Un grand travail de détection et de formation a été effectué. Melli : L'Espagne possède des joueurs de grande qualité qui ont aussi grandi ensemble, ce qui a favorisé la construction d'un véritable groupe. Les équipes de jeunes jouent toutes selon le même système de jeu : celui de l'équipe A. Arzo : Joker. Melli : Motus et bouche cousue. PAR DANIEL DEVOS" Tout est beaucoup mieux organisé ici que dans les clubs espagnols. " (Melli)